De Sébasté, le nom romain de Samarie
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d’un réyua occupant le fort Antonia !. Quant aux officiers quicommandaient à ces cohortes, les noms, qui nous sont parvenus, paraissent indiquer que, comme les troupes, les cadres étaient d’origine orientale : le tribun mis à mort à la suite de l'incident où Quadratus intervint s'appelait Celer et celui qui eut affaire dans le procès de Paul de Tarse était un certain Claudius Lysias, avouant que sa qualité de citoyen romain lui avait coûté beaucoup d'argent ?.
En sorte que le procurateur de Judée avait à sa disposition, contre les ennemis du dehorset les émeutes du dedans, peu d'hommes et des soldats peu sûrs, parce que du pays, encadrés par des officiers de la région et rattachés à Rome par le seul lien de la cité. Cette insuffisance en nombre et en qualité se fit bien sentir, quand toute la Judée se souleva pour son indépendance ; même aux légions de Syrie ? il fallut l’adjonction de la valeur de Vespasien, beaucoup de temps, de grandes souffrances, sans compter les rivalités et les divisions de l’adversaire.
Parce que le procurateur a dans ses mains la force, il ne faudrait pas croire que tout, dans le fonctionnement de la province, se réfère à lui, qu’il cumule les pouvoirs et intervient dans toutes les sphères d'activité. En réalité l'annexion n'apporte que les transformations nécessaires et par elle, les institutions, existantes en droit auparavant, subsistent, mais en fait seulement.
En Judée, comme dans les autres provinces, le conseil
1. Hirschfeld, op. cit., p. 395. Effectivement chaque fois qu’il est fait allusion dans le récit évangélique à l'intervention des troupes, il est parlé non pas d’une des cohortes, ou d’une cohorte, mais de la cohorte, qui constitue la garnison de Jérusalem.
2. Actes, xxn1, 28. Cf. Hirschfeld, op. cit., p. 395, note 4.
3. Sous Auguste il y avait trois légions en Syrie (Jos., Ant., XVII, 40, $9 ; B. J., I, 3, $1). Depuis Tibère, il y en eut quatre (Tacite, Ann., IV, 5).
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de la cité fut la base de l'administration locale; les villes comme Samarie ou Sébasté, Césarée, devenue la capitale du pays!, s’'administrèrent elles-mêmes, ainsi que les cités de l’ancien royaume d'Archélaüs. Jérusalem et le territoire considérable qui en dépendait restèrent soumis au grand Sanhédrin, avec cette restriction que le grand prêtre qui le présidait était nommé par le procurateur *?. Tous ces sénats provinciaux eurent le droit de prendre telle délibération qu'ils jugeaient favorable au bien public et Mommsen leur reconnaît le droit, en dehors du tribut dû aux Romains, d'imposer les membres de la collectivité en vue d’un impôt profitant à la seule cité 5. Les Juifs donc, pas plus qu’au temps où ils étaient amis et alliés du peuple romain, ne se trouvèrent empêchés de recueillir le tribut sacré du temple. La seule restriction à cette liberté de s’administrer, de prendre des résolutions, de faire des règlements est que, pour chaque cas particulier, le représentant du gouvernement romain peut intervenir et avec un arbitraire absolu : « Le gouverneur ne fait qu’user de ses pouvoirs en annulant une résolution du conseil d’une cité sujette ou en y interdisant la réunion d’une assemblée du peuple #. » Et l'on voit ainsi apparaître la véritable notion romaine en matière d'administration des provinces : gouverner est une charge et une responsabilité ; mieux vaut les laisser aux autorités locales, quitte à intervenir si l’intérêt de Rome le demande.
4. Caesaream... Judaeae caput. (Tacite, Hist., II, 78.) Jos., Ant., XVII, 3, 81; XX, 5,84; B. J., Il, 9, 8 2, Il, 12, $ 2. Actes, xx, 23 à 33 ; xxv, 1 a 13.
2. À l'avènement de Tibère, le procurateur Valerius Gratus déposa Hanan, le grand-prêtre en exercice et ce fut lui qui pourvut à de nombreux remplacements successifs dans cette charge (Jos., Ané., XVIII, 2, 8 2).