Une réforme parlementaire à l'université de Caen, 1521
Deux fois, dans le cours du XVIe siècle, en 1521 et en 1586, le Parlement de Rouen a réformé l'Université de Caen. Nous avons le texte des deux arrêts de réformation : mais alors que les circonstances qui présidèrent à la rédaction et à la préparation de l'un, et qui le motivèrent, nous sont parfaitement connues par de nombreux documents des Archives de l'Université, des Archives communales ou par des écrivains du temps, tel que Jean Rouxel, nous ne savons rien ou à peu près des causes qui déterminèrent l'arrêt de 1521 : nous ne trouvons rien à cet égard dans les registres de Conclusions de l'Université de Caen, rien dans les Archives communales, rien dans le fonds du Parlement de Rouen. L'historien de Caen et de son Université, de Bras, transcrit dans ses Recherches et antiquitez le texte du mandement qui confère à Mc Jessé Godet, conseiller au Parlement de Rouen, les pouvoirs nécessaires pour faire exécu-
ter l'arrêt de la cour, mais sur les causes de cet arrêt il passe en deux lignes presque insignifiantes, et rien même dans le tableau qu'il trace de l'Université à cette époque ne parait le justifier : tout au contraire, de Bras racontant ses premières études dans les collèges de l'Université, dépeint ceux-ci comme florissants (1). Faut-il taxer ici de Bras d'exagération bienveillante ? Son amour pour cette Université dont il était le fils, à qui il témoigna toute sa vie tant d'affectueuse et d'activé reconnaissance, le souvenir de ses premières années, ont pu prêter des traits trop flatteurs à sa description. Mais tout ce qu'écrit de Bras parait être confirmé par des textes, par les documents tirés des Archives. Les Conclusions nous attestent que Jean Goubez, l'un des régents de collège cités par de Bras, enseignait le grec au collège du Bois dès 1516 (2). L'activité des professeurs caennais est affirmée aussi par les nombreux ouvrages, par les éditions classiques qu'ils publièrent alors chez les Regnault, les Macé, les Angier, célèbres imprimeurs du temps. M. Léopold Delisle, dans un discours prononcé ici même, ne relevait-il pas les noms des vingt professeurs de la première moitié du XVIe siècle, qui étaient autant d'humanistes? (3).
Ce n'est donc pas un état de décadence de l'Uni-
(1) Charles de Bourgueville, sieur de Bras : Les recherches cl antiquité z... de la ville et Université de Caen, p.:!!.").
{•>) Conclus , II, f" 48. Arc h. dép., D. 66.
(8) L. Delisle : Essai SUT l'imprimerie et lu librairie à Caen de 1480 à ISôO. Caen, in-8°, 16 p., L891.
versité qui a rendu nécessaire la réforme de 1521, mais certains abus qui, au reste, lui étaient communs avec toutes les Universités de ce temps.
Qui a signalé ces abus? Qui a demandé la réforme? Nous ne le savons pas. Le silence des registres de Conclusions permet de supposer que ce n'est pas l'Université elle-même qui l'a sollicitée. Sont-ce les bourgeois de Caen ? De Bras, si bien renseigné sur tout ce qui émane de l'administration municipale, n'en parle pas : le mandement même remis à Jessé Godet lui confère le droit de contraindre les bourgeois de Caen à l'aider sur certains points. Il est possible cependant qua Caen comme ailleurs, comme à Bourges, comme à Orléans, comme à Valence, comme à Nantes, les habitants se soient plaints des abus qui s'étaient glissés dans l'Université. La présence d'un Studium générale dans une ville était certes pour elle une source de prospérité et de vie; mais elle était aussi onéreuse par l'exemption d'impôts, par les privilèges dont jouissaient les suppôts de l'Université, quelquefois aussi par les subsides que, dès ce temps-là, les villes fournissaient aux Universités. Aussi se comprend-il qu'il y ait eu chez les bourgeois une double préoccupation : d'une part, maintenir l'activité de leurs Universités, d'autre part, ne pas permettre à des professeurs qui se seraient désintéressés de leurs fonctions, de jouir sans raison des privilèges universitaires, ou à des étudiants trop peu occupés, d'abuser de ces privilèges, pour troubler la vie paisible de la cité.
Ce sont les habitants de Bourges qui ont pris l'ini-
tiative de la réforme de leur Université, qui l'ont poursuivie avec âpreté, voulant astreindre les professeurs à enseigner régulièrement ou à céder leurs places; et ils ont obtenu l'appui du pouvoir royal et du Parlement (1). Il en aura peut-être été de même à Caen. Là, comme partout, le pouvoir royal a saisi avidement une occasion nouvelle d'intervenir, de tenir en bride les Universités, de réprimer la licence des étudiants.
Corporation, l'Université souffrait des maux inhérents à une vie corporative trop intense; elle souffrait de l'égoïsme collectif. Les docteurs ne voulaient plus recevoir parmi eux de nouveaux docteurs pour ne pas diminuer par le partage les revenus qu'ils tiraient de la taxe sur les étudiants : ils ne voulaient même plus pourvoir aux vacances qui se produisaient dans le corps enseignant.
Au reste, et pour ne pas trop éloigner les étudiants, si on ne conférait plus le doctorat, on prodiguait la licence, on n'observait plus les délais exigés par les statuts; on dispensait les écoliers des épreuves pour s'en dispenser soi-même, on se dispensait même de faire les cours. Comme on ne saurait trop le répéter, maîtres et étudiants des Universités ne voyaient jamais dans l'enseignement une carrière : ils se faisaient donner des fonctions, des bénéfices ecclésiastiques, des emplois de judicature; mais, quand ils le
(1) Marcel Fournier: L'Université de Bourges au commence' vient du XVIe siècle (Nout. Rev. hist . de droit. 'J3° année, p. 540 et 697, et 24e année, p. 317 e1 657).
pouvaient, ils conservaient en même temps leurs fonctions universitaires, ne dédaignant pas le médiocre revenu qu'ils en tiraient, s'acquittant d'ailleurs aussi peu que possible des devoirs de leurs charges. C'est en somme ce qui s'était produit dans l'Université de Caen.
La Cour du Parlement de Rouen, saisie de plaintes relatives à cet état de choses, envoya à Caen une commission de trois membres, dont le procureur général Robert de Villy et Jessé Godet, conseiller (1). Les commissaires se rendirent à Caen en juillet 1521, conférèrent avec les docteurs et régents de l'Université, constatèrent qu'en certaines Facultés, aux lois en particulier, les cours n'avaient pas lieu régulièrement; trois des docteurs étaient assez âgés et surtout s'étaient fait pourvoir d'autres charges : c'étaient Jean Gaudin, qui occupait le poste important d'official de l'évêché, Marc le Comte et Pierre de Lesnauderie, ancien scribe de l'Université, le bouillant auteur des Pattes Ouaintes, devenu notaire apostolique. Ils s'en remettaient à des suppléants du soin de faire les lectures ordinaires. Les délégués de la Cour voulurent entendre quatre licenciés qui lisaient à la place des docteurs : c'étaient Pierre Lalongny, Jean Le Tellier, licenciés en droit civil et en droit canon, Etienne Patry, licencié aux lois, Robert Gauvillet, licencié en droit canon; ils furent chargés provisoirement de continuer les cours.
Il) De Bras : Recherche*.. . , p. 342.
Revenus à Rouen, les délégués ayant relaté ce qu'ils avaient vu, et quels abus ils avaient constatés, la Cour rendit, le 16 août 1521, son arrêt de réformation dans lequel étaient visées les Facultés de droit civil, de droit canon, de théologie et de médecine ; il n'y est point question de la Faculté des arts (1).
La Cour cherche surtout à assurer la régularité de l'enseignement dans les Facultés supérieures; les statuts prévoyaient sept professeurs pour le collège des droits ; depuis longtemps ce nombre n'avait pas été atteint : la Cour décida qu'il n'y aurait plus que cinq docteurs régents, trois en droit civil, deux en droit canon. Un docteur non régent leur serait adjoint qui serait particulièrement chargé de l'enseignement des Instituées et serait dit instiluaire. La Cour fixa avec précision les heures des cours ordinaires et extraordinaires. Quant à l'enseignement, il est simplement recommandé de lire les textes et les gloses et les commentaires de Barthole; l'école Bartholiste, école de commentateurs scolastiques amis des distinctions subtiles, pesant longuement le pour et le contre, était donc encore en vigueur à Caen, comme d'ailleurs à cette époque dans toutes les autres Universités. Le point sur lequel la Cour insiste particulièrement, c'est l'assiduité et la régularité des professeurs. La Cour veille aussi au maintien du laps de temps prescrit par les statuts pour acquérir
(1) « Magna reformatio Universitatis per Guriam supremam in anno Domini millesimo quingentesimo XXI anno. » Arch. Calv., D. 47. Bénet : Inventaire des Archives de l'Université de Caen, I, p. 69.
les degrés, en les précisant même sur ce point. Elle montre la même rigueur pour les examens de la Faculté de théologie. Quant à la médecine, on se montre moins exigeant, sinon pour la durée des études, ici plus qu'ailleurs nécessaire, mais sur les livres même qui doivent être lus: la ville en effet et l'Université manquaient de médecins.
Tout le reste de l'arrêté est relatif aux mœurs des étudiants que l'on essaie de rendre plus sévères et plus sobres. Il faut avouer que les anciens statuts, avec tous les repas qu'ils ordonnaient pour l'obtention des degrés, paraissaient peu se préoccuper d'encourager la sobriété. Presque à chaque examen des repas étaient offerts par le candidat à ses juges et aux autres professeurs; la chère devait toujours être abondante ; lors du dîner qui précédait le doctorat, celui qui prenait le degré devait soumettre à ses juges et invités, au lieu de la thèse actuelle, le menu de son dîner et s'engager à le modifier sur l'indication des convives: « Item jurabitdoctorisandus, dit le matrologe, se submittere omnimocorrectioni facultatis, si quid notabiliter in suo festo, tam in prandio quam aliis comperiatur deffectuosum ». Il en était de même dans les autres Universités, et cette sensualité n'était pas spéciale à notre Université normande. M. Valabrègue, dans son étude sur le Liber procuratoris de l'Université de Montpellier et la vie des étudiants en cette ville au XVIe siècle, note ces repas plantureux, la résistance qu'opposent à cette coutume les étudiants pauvres, et le refus de certains gradués de s'asseoir à une table trop peu
servie à leur gré (1). Le célèbre Pierre Ramus, dans le Proœmium, raille longuement cette gourmandise universitaire.
La Cour, en réformant la Faculté de théologie, décida que tous les repas alors en usage aux degrés seraient supprimés, deux exceptés : lors de l'examen dit principium, un déjeuner, « quod frugale erit et moderatum, quatuor doctorum a principio invitandorum numéro contentum », et le repas doctoral, « convivium doctorale », auquel seront invités les docteurs de la Faculté, autres graves et honnêtes personnes, mais choisies au gré du candidat : ce repas devra être somptueux, sans luxe toutefois et appareil superflu; on préfère le solide... sans proscrire le liquide.
De même on insère dans la réforme du collège des droits quelques mots pour flétrir les beuveries si chères encoreaujourd'hui auxétudiantsallemands: «ordinatur curia a conversationibus crapulis, ebrietatibus sumptuosisetopiparisconviviisetpotissimumingradibus assumendis diligenter abstinendum » et pour deux motifs : « quia non incommessationibus, non in cubilibus...et impudicitiis, necin terrasuaviter viventium invenitur scientia » et aussi pour les grandes dépenses qu'ils occasionnent aux étudiants.
Ce n'est pas seulement à ces repas trop abondants et trop fréquents que la Cour déclare la guerre : c'est aussi à d'autres usages antiques auxquels les étu-
(1) Valabrègue: La vie universitaire à Montpellier au XVI* siècle. Montpellier, in-8u. 41 p.. L890.
diants étaient très attachés, à leurs fêtes spéciales et aux plaisirs dont elles étaient l'occasion, aux danses particulièrement. « Interdicit pariter curia ludis illis voluptuosis, quos cboreas seu tripudia vocant. » Ces danses, de Bras les a ainsi décrites : « Pour lors et en précèdent, es festes de saincte Catherine et de sainct Nicolas, et aux Roys, l'on faisoit des danses aux collèges que l'on appelait choreas, là où l'on jouait des farces et comédies. Et s'appelloyent telles danses qui avoyent cours par tout ce royaume, basses danses qui consistoyent en révérences simples, doubles reprinses, bransles. Puis, à la fin l'on dansait le iordion, au lieu duquel est succédé le bal ou la gaillarde. Et se dansoient au tabourin et longue flûte à trois trous et un rebec » (1). Mais nous savons ce qu'étaient ces basses danses, rien de plus inoffensif: c'étaient des danses de cérémonies : on a peine alors à comprendre le jugement que la Cour porte sur elles et leur interdiction. Il faut donc admettre que la mémoire de l'historien le trompe, ou bien que ces danses qu'interdit la Cour n'étaient point en usage à Caen, et qu'elle vise des danses en honneur parmi les étudiants d'autres Universités. (< choreas seu tripudia vocant ». Or, les tripudia étaient des danses très agitées: trépigner ne dérive-t-il pas &elripudium% Pour désigner ces danses d'étudiant, on employait un autre mot: le saut. Ces sauts étaient en usage parmi les étudiants en médecine de l'Université de Montpellier et constituaient une véritable brimade imposée par
(1) De Bras : Recherches.
les anciens aux nouveaux, aux béjaunes. Ceux-ci se révoltèrent contre cet usage, et cette Université le supprima en 1529 (1). En somme il y avait sur ce point encore un mouvement général de réforme qui se proposait, comme le disait la Cour du Parlement de Rouen, d'abolir les mauvaises coutumes : « pravas consuetudines que corruptele potuis dicende sunt ». La Cour ne laissa subsister que les honnêtes récréations de la Faculté des arts et des Collèges : « De chacun collège, dit encore de Bras, la veille des Roys, aucuns regens et escolliers jouoyent aux carrefours de la ville des farces dans des charrettes et sur des chevaux qui servoyent de semonces et invitations pour aller voir jouer le jour des Roys des moralitez et farces joyeuses auxdicts collèges l'aprèsdisner.
« Le jour des Roys, au matin, se faisoyent des Monstres que l'on appelait Marolles des jeunes enfans des meilleures maisons. Lesquels accompagnoyent l'un d'eux qui avoit esté Roy de la Febve et alloyent ouïr la Messe, les uns à Sainct Pierre, autres à Sainct Jean, la maison Dieu et le Sepulchre, estans bien montez et accoutrez, bravement suyvis d'une infinité de peuples, et chacun de ces Roys, pour sa plus grande offrande, portoit la febve trouvée au gasteau qui l'avait eslevé en telle dignité. Tous ces actes et passetemps se faisoyent pour exciter la jeunesse en honnestes récréations » (2).
(1) Valabrègue, op. cit.
(2) De Bras : Recherches.
Les farces d'étudiants n'ont pas manqué d'intérêt à cette époque : mais si on en juge par celle des Pattes Ouaintes, qui souleva pourtant bien des colères, elles ne présentent à Caen rien de licencieux.
Tel est cet arrêt de réformation de 1521, qui semble avoir surtout pour objet de réprimer les abus qui s'étaient glissés dans les Facultés supérieures et de faire disparaître des mœurs des étudiants certains vieux usages trop onéreux à leurs bourses et préjudiciables à leurs études et au bon ordre.
Le même jour, 16 août 1521, la Cour conférait à Jessé Godet pleins pouvoirs pour faire appliquer l'arrêt de réformation (1). Le mois suivant, le commissaire était à Caen et le 19 septembre, à 8 heures du matin, se tenait l'assemblée générale de l'Université, au couvent des Frères Mineurs, lieu ordinaire de ses réunions. Le commissaire, « senator clarissimus », prononça, s'il faut en croire un procèsverbal dû à la plume alerte de Lesnauderie, et qui paraît quelque peu ironique, un discours des plus fleuris : « Tanquam alter Demosthenesinter Graecos, aut alter Tullius inter Romanos, maxima sermonis eloquentia purgatissimi omnium assistentium aures haud secus quam Philomela suo (quo inter ceteras aves excellit), armonico cantu demulcente, propositum apperuit » (2). Puis l'arrêt de réformation fut lu par Me Geoffroy Lemercier, et le procureur général,
(1) De Bras : Recherches, p. 342.
(2) « Procès-verbal de l'assemblée tenue le 19 septembre 1521 ». Arch. Galv., D. 47. Bénet: Inv.
Robert de Villy , fit connaître le mandement remis à Godet. Bien que cette réformation eût été manifestement imposée à l'Université, on voulut respecter les formes et la faire adopter par elle. Les deux magistrats se retirèrent et chaque Faculté séparément en délibéra. Conformément aux statuts, les doyens apportèrent au recteur les conclusions de leur Faculté et celui-ci conclut à la majorité des Facultés. Ce recteur, Pierre des Prés, maître es arts, humaniste distingué, voulut rivaliser d'éloquence avec les magistrats, et ceux-ci étant rentrés en séance, leur exprima la reconnaissance de l'Université.
Me Jessé Godet resta encore quelques jours à Caen pour veiller à l'exécution de l'arrêt et régler certaines affaires secondaires : c'est ainsi que, sur les réclamations des étudiants, il décida le rétablissement des barrières de la rue de la Chaîne. Une horloge fut donnée à l'Université, vu l'éloignement de celle de la ville et l'heure matinale des cours ; on en profita pour supprimer le repas auquel les nouveaux officiers de l'Université devaient inviter les anciens; les fonds qui étaient à cet effet remis à Lesnauderie, servirent à payer partie des frais de l'horloge : le trésor de l'Université et celui du collège des droits fournirent le reste de la somme. Le commissaire entendit aussi une requête des régents de la Faculté des arts et principaux du collège qui se plaignaient de la concurrence qui leur était faite par des pédagogues, « nonnullisacerdotesseusacrificuli », tout à fait ignares et sachant à peine distinguer un nom d'un verbe.
Les principaux de collège demandaient qu'il leur fût défendu d'aller au delà du Donat. Enfin, le commissaire, avant de quitter Caen, établit en fonctions les nouveaux professeurs du Collège des droits (1).
L'Université tira quelque profit de cette réforme ; cet arrêt du Parlement contribua à l'éclat dont elle jouit au temps de François Ie'', et à sa bonne réputation: elle le sentait elle-même. Un des professeurs de l'Université, Robert du Buisson (Dumus), fit l'éloge de Jessé Godet, en vers latins.
Conscriptus inter patres, celeberrime consul Clams es et cunctis anteferendus avis.... Gloria gymnasii nunc cadomensis ades ; Félix nunc Cadomus pro te nunc gessit alumno, Et normanna simul tota triumphat humus (2).
De Bras constate aussi les heureux effets de l'intervention parlementaire : « Et a raison de cet ordre, lequel y fut bien gardé et maintenu (l'Université) fut rendue si fameuse que les lecteurs et escolliers y affluoyent de toutes nations » (3).
Sans doute, il faut voir dans la réforme de 1521 un épisode de l'action générale, dirigée alors par la Royauté et menée par l'intermédiaire des Parlements contre les Universités.
(1) Arcli. Calv., D. 47. Bénet, op. cit.
(2) Epythomata grammaticœ juvenibus ipsis lilterariœ artis fundamenta jacere volentibus admodum conducibilis. Gadomi, Michel Angier, in-8°, s. d.
(3) De Bras: Recherches, p. 345.
A Bourges, à Orléans, à Nantes, à Poitiers, on trouve les traces d'une action semblable. Cette action parlementaire, au reste, fut utile aux Universités et l'on peut appliquer aux Universités du XVI0 siècle le jugement que M. Liard portait sur les rapports des Parlements avec les Universités du XVIIP siècle. « On a parfois présenté les parlementaires comme les adversaires de l'Université. Rien de plus inexact : les Universités n'eurent pas au contraire d'amis plus éclairés » (1).
(1) L. Liard : L'enseignement supérieur en France, I, 91.
Caen. — Iinp. H. Delesques, rue Froide, 2 et 4.
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