AVANT-PROPOS
Il existe certaines figures dans l'histoire qui ont le don d'attirer l'attention du public; leur voisinage éclipse celles qui les entourent. Il se forme autour d'elles une sorte d'auréole derrière laquelle disparaissent les personnages relégués au second plan et qui mériteraient mieux.
Si quelqu'un a été victime de cette injustice du sort, c'est à coup sur la jeune reine d'Espagne Marie-Louise-Gabrielle de Savoie. La figure imposante de madame des Ursins, grâce à la séduction qu'elle exerçait autour d'elle et à l'habileté avec laquelle elle savait toujours se glisser au premier rang, a fait pour ainsi dire disparaître la reine.
n AVANT-PROPOS.
Nous allons nous eflbrcer de lui rendre la place qui lui est due en nous appuyant sur son intéressante correspondance. Nous la laisserons exposer avec une clarté et une intelligence hors ligne les actes de son gouvernement et faire elle-même avec une grâce ingénue et charmante le récit de sa vie. Nous verrons ainsi quel rôle a joué en réalité cette reine de douze ans, et quelle place elle doit occuper dans l'histoire si compliquée de la succession d'Espagne.
Nous devons à Sa Majesté la Reine douairière Marguerite d'Italie, la communication du portrait qui figure en tète de ce volume; Sa Majesté a bien voulu nous envoyer la photographie de ce tableau, qui est à Rome au palais du Quirinal. Elle a daigné également nous permettre de lui dédier ce livre ; son haut patronage assurera le succès d'un ouvrage dans lequel nous avons essayé de faire revivre la figure si attrayante d'une grande princesse de sa maison. Nous la prions de vouloir bien agréer l'expression de notre reconnaissance.
En dehors de la correspondance de la reine, nous avons puisé dans les Archives royales de