‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 169 sur 187 · II. CRÉDIT · texte numérisé non relu

II. CRÉDIT

.lu’il > en a ; mais le ciédil qui le remplace et qui en était l’équivalent, se trouve en grande partie détruit, ou soudainement paralysé et dès lors inutile. Une grande masse de propriété est retirée de la circulation, et 1 argent est

subitement appelé à remplir le vide.

Lorsqu'un nouveau champ d’entreprises commerciaes est découvert par des esprits ingénieux, ou qu un nouveau marché est oiivert par un changement dans la politique

commerciale des nations, les premiers spéculateurs recueillent ordinairement d'énormes profits. Dès qu on te sait une multitude d’autres spéculateurs se dans ce même champ. Bien des commerçants achètent des marchandises à crédit, c'est-à-dire contractent des obligations qu’ils acquitteront ultérieurement, dans 1 espoir que leurs rentrées précéderont l’échéance. Mais fimmense quantité de marchandises versées sur le marchél’inonde en peu de temps, et, par suite de exc s l’offre les prix s’avilissent, de sorte que les marchandises „e pen’vent plus se vendre, et qu’il n’y a pas de rentrées du tout ou que les rentrées sont insuffisantes. Quand les choses se passent ainsi, il y a ce qu’on appelle excès de commerce, et cet état, s’il a lieu sur une grande échelle, est nécessairement suivi d’une grande destruction de crédit et d’une grande demande d’espèces. Ainsi le crédit est détruit avant que les opérations aient pu etre restreintes. Les commerçants qui n’ont pas fait les rentr es sur lesquelles ils comptaient pour faire face à leurs enga crements doivent se procurer de l’argent à tout pnx, e neul-être vendre leur avoir pour échapper a la ruine, en résultera que l’argent pour lequel il y aura une de mande intense, haussera sensiblement, ou que 1 escomp sera très-élevé. En même temps une grande quantité de marchandises sera jetée sur le marché, à des prix énormément abaissés. Cet état de choses provoquera donc un

taux très-élevé de l’escompte et des prix de ruine, qui continueront jusqu’à ce qu’une offre excessive soit épuisée, et que la confiance renaisse. En pareil cas les commerçants qui n’ont pas assez de capital pour faire face à leurs engagements et garder leurs marchandises jusqu’à la hausse des prix, sont ruinés infailliblement. Le taux de l’escompte, alors, n’a aucune proportion avec le taux des profits. La possession de l’argent comptant pour ceux qui exagèrent leurs opérations, leur importe infiniment plus que le prix qu’ils ont à en donner. Ils peuvent avoir intérêt à payer 15, 20 ou même 50 p. 100 pour se procurer de l’argent qui, dans un moment difficile, peut les sauver de la ruine et leur permettre de maintenir leur position.

Ainsi ce n’est pas la rareté de l’argent, c’est la disparition de la confiance, qui détermine une pression sur le marché de l’argent ; et l’étude de toutes les crises commerciales de l’Angleterre montre qu’elles ont toujours été précédées et causées par l’extinction du crédit qui a été ordinairement la suite de spéculations extravagantes.

2“ Dü CKÉDIT FONDÉ SOa DES TRANSFERTS DE MARCHANDISES.

Les opérations de crédit, dont il a été question jusqu’ici, étaient fondées sur une opération antérieure, sur une opération dans laquelle un échange de marchandises était affecté par une création de crédit, lequel crédit était ensuite vendu ou échangé pour un autre. Un pareil crédit est évidemment limité par les opérations effectuées et par les échanges commerciaux. Le nombre des billets créés ne peut excéder le nombre des transferts de marchandises; il peut même être beaucoup moindre, puisqu’un seul billet peut servir à plusieurs transferts. Dans tous ces cas une dette a été créée, qu’on s’attend à voir acquitter sur les produits de la vente d’une propriété existante.

Mais le crédit étant une propriété ecnangeamt^et ,tiu.tdel'argent, on conçoit, qu’il soit employé iout comme l’ai-oent à donner naissance à de nouveaux produits. La liinîtedanscecasest exactementla même, savoir le pciu- Vüir pour les résultats de l'entreprise de racheter le crédit.

Voici un exemple à cet égard. On suppose qu un conseil municipal désire bâtir un marché, mais sans avoir d’argent pour en acheter les matériaux, pour rétribuer l’entrepreneur et les ouvriers. On peut avoir la certitude

nue le marché une fois construit, des places y seront ‘ ’ • — rvrvt oi miA Ias revenus oui en seront

obligations sont d un chiffre assez taibl pouvoir être aisément reçues par les marc elles pourront être employées à payer ouvriers, et suffire à tous les usages ( monétaire. Chacune d’elles est une m

352 EXPOSÉS PAUTIGULIERS.

On assure que beaucoup de marchés ont été construits de cette manière. Ce fait réfute complètement l’idée que le crédit n’est pas applicable à la création des produits. Le crédit, dans le cas précité, n’était fondé sur aucune

opération antérieure.

A. SïSTÈME ÉCOSSAIS (E?i ANGLAIS CASH CREDIT, SOIT CRÉDIT ESPÈCES).

Le système de crédit de l’Écosse offre un exemple plus remarquable encore de la puissance du crédit.

Supposons qu’un riche propriétaire achète un terrain en mauvais état, mais susceptible d’améliorations, e t emploie une somme d’argent à le mettre en culture. Par ce moyen, au lieu de marais stériles, s’étendront bientôt des champs de blé. Tout le monde ne dirait-il pas que cette somme a fonctionné comme un capital productif?

Supposons maintenant que, sur un terrain semblable, mais où les propriétaires n’ont pas d’argent, une banque y fonde une succursale et y envoie une boîte de billets de francs. Tant que ces billets restent dans les coffres de la banque, ce ne sont que des morceaux de papier qui ne confèrent aucun droit. Mais, dès que la banque les émet, tout change. Quiconque les reçoit de la banque, obtient le droit de lui demander 25 francs, et c est a évidemment une propriété de valeur. C’est une nouvelle propriété, dont les billets sont la preuve. Puisque la valeur d’une chose est la chose contre laquelle elle s échan^^e, ces billets ont de la valeur, ils ont celle de l’araent,''puisqu’ils peuvent être, à vue, échangés contre de î’ar'^ent. Ils peuvent circuler de main en main, comme tout objet matériel. On doit, en outre, faire la remarque que, la richesse dépendant de la seule idée d’échangeabilité, les choses ne sont richesses que dans la sphère où elles peuvent être échangées. Or les billets de la banque,

II CRÉDIT

c’est de celle d'Édimbourg q«’U s’agit, ne sont richesses

JL Ifiaace ians l’habileté et la probUé es hab.unls, exigeant, au pVpriété de valeur,

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plus, pour faire face aux pertes éventuelles. Les garants surveillent les opérations du client, examinent ses comptes avec la banque, et peuvent l’arrêter à tout moment, s’il commet des irrégularités. Les banques elles-mêmes ne permettent pas que leurs crédits restent stériles. Du reste, aucune partie de la propriété du garant n’est retirée de la circulation, et sa responsabilité n’est qu’éventuelle.

L’immense mouvement de transactions effectuées sous ce système ressort des témoignages portés devant le comité delà Chambre des communes en 1826, d’après le- (juel, au moyen d’un crédit de 1,000 liv. st., des opérations jusqu’à concurrence de 50,000 avaient eu lieu dans une semaine. Ce crédit avait produit le même résultat qu’auraient produit 50,000 souverains. D’autres témoins attestaient qu’un crédit de 500 liv. st. avait provoqué des opérations en une année pour 70,000. Un autre déclarait que, durant vingt et un ans, dans une banque modeste, où il s’était fait pour 90 millions d’affaires, il n’avait jamais été perdu 200 liv. st. sur un compte, et que la perte totale de la banque n’avait pas dépassé 1,200 liv. st.

Ces crédits sont accordés à toutes les classes de la société, au pauvre comme au riche. Les débuts des jeunes frens dans la plus humble position inspirent à des amis de la confiance dans leur courage et dans leur jugement, et ils trouvent en eux des garants. Ces crédits sont pour eux comme de l’argent, et leur fournissent les moyens de s’élever autant que leurs aptitudes le comportent. Un membre du parlement déclara au comité d’enquête qu’il avait une manufacture occupant quatre mille ouvriers, et que, sauf un capital minime qui lui avait été prêté et qu’il avait bientôt rendu, il avait commencé sa carrière avec le crédit. Et c’est là un exemple entre mille.

Ces services rendus aux particuliers sont la moindre partie du système. Presque tous les grands travaux pu-

ll. CRÉDIT.

Wics sont l'œuvre du crédit. Uu téraoiu a fait

nue ircaual du Forth et de la Clyde a été exécuté a 1 a.de d'un crédit de 40.000 liv. st. accordé par la Banque uréure, ce fut touiours au crédit ^des^bauques

qu'on s'adressa J Ecosse, qui, avant

fCbremeldes banques, «ait

l’afTrirulture renommée de 1 ticosse, les 4

1 aj,ricu . , 1 crrands travaux publics de toute

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n'a été créé pour cela autre chose que des entités irama

cLriatauTs^rlutts£,ui croira que nom

réputés économistes, soutiennent que le crédit ne sert en

aucune manière à l’accroissement de la richesse, que le crédit n’est pas utile à la production, qu’il ne fait que transférer le capital existant, que ceux qui \oient dans le crédit un capital productif sont des cerveaux à l’envers, capables de soutenir que la même chose peut être dans deux endroits à la fois?

Ces crédits qui ont produit tant de merveilles, notonsle bien, ne sont fondés ni sur aucune opération antérieure, ni sur le transfert de marchandises déjà existantes. Ils sont créés dans le but formel de faire naître des produits futurs, qui autrement n’auraient pas existé, ou auraient été longtemps ajournés, jusqu’à ce que l’argent eût été obtenu pour les produire. Il existe ainsi une masse énorme de propriétés échangeables, créées par la volonté des banques et de leurs clients, ayant tous les effets positifs de l’or et de l’argent, et, après avoir fait leur œuvre, disparaissant à lavolonté de ceux qui les avaient appelés àla vie. Ainsi la simple volonté de l’homme a créé avec rien de vastes richesses, puis les a fait rentrer dans le néant.

De ces faits ressortent les avantages immenses attachés àla probité. Si les hommes qui s’adressent aux banques eussent manqué de probité, les banques ne leur auraient pas accordé leurs crédits. Elles n auraient jamais créé pour eux de telles propriétés. Si les banques elles-mêmes n’avaient pas été à un haut degré solides et probes, ces entités immatérielles n’auraient jamais acquis la confiance de la population, au point de circuler sans contestation par tout le pays, comme équivalents de l’argent et de l’or. C’est une atmosphère de confiance qui leur donne ce pouvoir magique, que le souffle mortel de la défiance

anéantit.

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