‹ Une seconde Acadie [microforme]Chapitre 56 sur 81 · PRIE · texte numérisé non relu

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La carrière apostolique de l'abbé Girard est une de celles qui offrent le plus d'intérêt dans l’histoire religieuse de Acadie et de l'île Saint-Jean.

On connaît le trait le plus saillant du caractère des Acadiens, qui a éclaté durant la longue épreuve qu'ils ont eue à subir depuis le commencement du dixhuitième siècle, Ce qui a été moins étudié, c’est la cause de cet inébranlable attachement à la foi catholique qui fait notre admiration.

Des missionnaires d’un zèle et d’une vertu éprouvés, relevés par des talents et une science qui en auraient fait l’ornement des cercles les plus distingués, des docteurs en Sorbonne, tels que MM, de Breslay, de Noiville, des théologiens, tels que le grand-vicaire De Miniac, des iinguistes, tels que l'abbé Maillard et le P. de la Brosse, sont allés vivre obseurément au milieu de ce peuple rustique, et ont persévéré dans leur œuvre d'évangélisation, malgré les ennuis, les défiances, l’espionnage, parfois la persécution ouverte | qu'ils ont eue à souffrir de la part des autorités fanatiques de la Nouvelle-Ecosse, C’est là qu'est le secret de l'héroïsme religieux de la population francaise de Acadie,

L'abbé Girard fut un de ces ouvriers apostoliques, travailleur ignoré, connu de Dieu seul, qui à confessé la foi au fond des cachots pour la conserver au cœur de ce

peuple. Quelques traits de la vie de ce saint mission-

. ñ \ ‘ ‘ EN Ua paire ont échappé à l'oubli, que je veux esquisser ici

en quelques lignes, ou, pour me servir d’une vieille expression de Champlain, dans “ un brief discours des choses plus remarquables ” qui se sont passées dans sa vie.

Le vicaire-général que M“ de Pontbriand entretenait à Paris en qualité d'agent des missions du Canada, l'abbé de L’Isle-Dieu, était un prêtre aussi remarquable par ses lumières que par sa prudence et son esprit ecclésiastique. L'abbé de L’Isle-Dieu entretenait, comme on le sait, une correspondance suivie avec l’évêque de Québec et les missionnaires du Canada. J'ai plusieurs fois cité les Mémoires qui lui étaient demandés par la cour de Versailles, C’est d’un de ces Mémoires que j'ai tiré les renseignements qui suivent sur l’apostolat de l'abbé Girard.

Formé à toutes les vertus sacerdotales, doué d’une belle intelligence et d’un zèle infatigable, l'abbé Girard avait toutes les qualités requises pour remplir la rude tâche de missionnaire parmi les Acadiens de la Nouvelle- Ecosse. Il y vint en 1733, et eut, peu de temps après son arrivée, la charge de l’intéressante paroisse de Cobequid, aujourd’hui Truro, dont M. Rameau de Saint- Père a raconté, avec autant de charme que d’érudition, l'origine et les progrès dans son beau livre, Une colonie Féodale.

Les premières années de son ministère furent rela-

tivement calmes ; car les gouverneurs de la Nouvelle-

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