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Une soeur de Montcalm, la présidente de Lunas [microforme]

Es expéditions coloniales ont remis en mémoire les admirables campagnes du marquis de Montcalm au Canada. Sa

renommée reste une des plus pures de notre histoire mili-

taire. Ses exploits, ceux de La Bourdonnais, de Dupleix, du bailli de Suffren aux Indes et de notre marine dans les mers du Levant, rendus stériles par l'incurie du Gouvernement, illuminent le crépuscule du dix-huilième siècle,

Dans le rayonnement que ces grands Français jettent sur une époque troublée, Montcalm apparait le plus grand de tous, I réunit l'abnégation, le courage sans défaillance, l'amour du drapeau, l'indomptable patriotisme, Enseveli dans sa gloire, sur le champ de bataille comme Turenne ; doué d'une âme noble et chrétienne, où les plus délicates vertus s'alliaient aux plus hautes qualités guerrières, Montcalm fut le précurseur et le grand ancêtre des Courbet, des Dodds, des Mar chand !

Parmi les lettres et papiers provenant de cet homme illustre, nous choisissons, pour en donner la primeur à la levue du Nivernais, trois autographes inédits intéressant les descendants d'Antoine de Viel de Lunas, baron du Pouget, et de Thérèse de Montcalm, dont la postérité masculine a occupé depuis, en Nivernais, une situation considérable.

Au surplus, la correspondance du dernier défenseur du Canada, nous le révèle bien tel qu'il est connu : excellent officier, actif, zélé, prévoyant, curieux de renseignements sur les hommes et les choses de la guerre, peu soucieux de son bien-être ; et, dans l'intimité, religieux, modeste, poli, instruit, tendre et obligeant, n'oubliant personne,

Pour l'intelligence de ces autographes, quelques détails sur Montcalm et sur sa famille sont nécessaires.

Louis-Joseph de Montealm-Gozon, marquis de Saint-Véran, lieutenant-général des armées du roi, commandeur (cordon rouge) de l'Ordre de Saint-Louis, commandant en chef au Canada, tué devant Québec en 1759, naquit en 1712 au château de Candiac, près Nimes. Sa maison, alliée à la bonne noblesse du Languedoc, était connue en Rouergue, dépuis Simon de Montcalm, seigneur de Viala-de-Cornus, en 1290,

IL était l’ainé des cinq enfants de Louis-Daniel de Montcalm-Gozon, marquis de Saint-Véran, baron de Gabriac, seigneur de Candiac, Vestric, Tournemire, Saint-Julien-d'Arpajon. le Viala-de-Cornus, lieutenant-colonel du régiment de Hainaut, et de Marie-Thérèse-Charlotte de Lauris de Castellane, dame d’Ampus. Gelte riche héritière descendait d'Henri de Castellane, marquis d'Ampus, et de Marie de Villars-Brancas, fille de Georges de Brancas, duc de Villars-Brancas, baron d'Oise, chevalier de l'Ordre du Roi, lieutenant-général en Normandie, ete., marié le 7 janvier 1597 à Julienne-Hippolyte d'Estrées, sœur de la belle Gabrielle et tante de César de Bourbon-Vendôme, duc de Vendeme et de Beaufort, prince de Martigues, comte de Buzançois, pair de France, chevalier des Ordres du Roi, gouverneur de Bretagne, surintendant général de la Marine, qui épousa la princesse Françoise de Lorraine, duchesse de Mercœur, de Penthièvre et d’Elampes, d'où postérité.

Marie de Villars-Brancas avait transmis aux Montcalm, ses descendants, des parentés illustres et relativement proches avec le cardinal, l'amiral et le maréchal duc d'Estrées, les dues de Villars-Brancas, de Céreste et de Lauraguais, les princes de Lorraine- Harcourt, de Beauvau, d’Aremberg. Bien plus : Françoise de Castellane, marquise d'Ampus, aïeule de Mme de Montcalm, était cousine issue de germains de Louis de Bourbon-Vendôme, duc de Vendôme, marié à Victoire Mancini (des ducs de Nevers) et de sa sœur : Isabelle de Bourbon- Vendôme qui, de son mariage avec le prince Amédée de Savoie, duc de Nemours, laissa deux filles. La plus jeune, Elisabeth de Savoie- Nemours, épousa, en 1666, Alphonse VI, roi de Portugal. L’ainée fut mariée, le 44 avril 1665, à son cousin Charles-Emmanuel IT, duc de

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Savoie, prince de Piémont, roi de Sicile et de Chypre. Leur fils, Victor- Amédée-François, qualorzième duc de Savoie, devint le neveu du "ni Louis XIV, par son mariage, en 1684, avec la princesse Anne-Marie d'Orléans, qui lui donna trois enfants: 1° Charles- Emmanuel- Victor IT, roi de Sardaigne, duc de Savoie, lige de la maison royale de Piémont et d'Italie, à laquelle se rattachent, par alliance, presque tous les rois et princes de l'Europe; 2 Marie-Adelaïde de Savoie, mariée le 7 décembre 1697 au duc de Bourgogne, dauphin de France, d'où le roi Louis XV; 3 Marie-Louise-Gabrielle de Savoie, mariée le 11 septembre 1701 à Philippe V, roi d'Espagne, Tels étaient, du côté maternel, les cousins de Montcalm.

On sait qu’à la fin du seizième siècle, un grand nombre de gentilshommes du Languedoc, entrainés par l'exemple du prince de Condé, avaient embrassé la religion réformée. Les Montcalm étaient de ce nombre et des plus ardents. Par de récentes alliances, ils tenaient encore au parti protestant dans les Cévennes, lorsque Louis-Daniel abjura l’'hérésie, pour revenir à la foi catholique abandonnée par ses pères depuis plusieurs générations. Quant aux Lauris-Castellane, ils comptaient parmi les familles les plus inviolablement attachées au ‘atholicisme et à l’ordre de Malte,

Aux avantages brillants de la naissance et de la fortune, Charlotte de Lauris-Castellane joignait les plus solides qualités. Son heureuse union avec le marquis de Saint-Véran donna le jour à deux fils et à trois filles. Il semble que l'éducation parfaite des enfants, à en juger par leur correspondence et par les résultats, ait rempli le but et l'objet constant de leurs soins. S'agit-il de Louis, l'ainé des fils et notre héros, aucun détail de sa vie militaire, si loin qu'il soit, ne reste indifférent aux siens”? Des bords du Rhin, du fond de P'Atiemagne ou de la Bohème, il écrit ponctuellement d'affectueuses leltres, il relate ce qui le touche, les incidents de ses campagnes. Les marches, les fatigues de la guerre ne sauraient distraire du foyer paternel la pensée du jeune capitaine au régiment de Hainaut. Par contre, son père dépense, en 1735, quelques mois avant de mourir, jusqu’à deux mille livres pour recruter et envoyer, à ses frais, en Allemagne, quinze beaux hommes qui remet-

tront au complet sur pied de guerre la compagnie de Montcalm, trop éprouvée par le début de la campagne. Plus tard, nous voyons

Montcalm, au Canada, lieutenant-général et cordon rouge, accablé de #

travaux, chargé de gloire, dicter, au feu du bivouac, pour sa vieille mère, le journal de ses campagnes dans les forêts du Nouveau-Monde, ou lui transerire les harangues prononcées dans la cathédrale de Québec, Ce vaillant général avait épousé, le 3 octobre 1736, Angélique- Louise Talon du Boulay, fille d'Omer, marquis du Boulay, colonel du régiment d'Orléanais, et de Marie-Louise Molé, Sa descendance, alliée aux Lévis, Coriolis, Doria, Richelieu, Damas, Sainte-Maure-Montausier, Bannes d'Avéjan, s’est éleinte, dans la ligne masculine, avec le marquis ae Montcalm, son arrière-pelit-fils, qui à transmis son nom, par adoption, au marquis de Barbeyrac-Saint-Maurice de Montcalm, actuellement marié à Mile Pozzo di Borgo.

Le second fils de Daniel de Montcalm et de Charlotte de Lauris- Castellane, Jean-Louis-Elisabeth-Pierre, ne fut pas moins remarquable que son aîné, bien que la durée de sa vie ait été courte. Les ouvrages biographiques et le Mercure de France (juillet 1761) nous renseignent sur cet enfant célèbre, véritable Pic de la Mirandole francais, né au château de Candiac, en 1719. «Dès le berceau, il apprit à connaitre les lettres, par le moven du bureau typographique, imaginé pour lui par le savant du Mas. À trois ans, il lisait parfaitement le latin et le francais, même manuscrit. À quatre ans, on lui apprit la langue latine ; à cinq, il faisait des vers latins ; à six, il lisait le grec et l'hébreu. Il possédait dès lors les principes de l’arithmétique, de l'histoire, de la géographie, du blason, de la science des médailles. Montpellier, Nimes, Grenoble, Lyon et Paris admirèrent l'étendue de ses connaissances, Il avail lu une foule de poètes, d’orateurs, d'historiens, de philosophes, d'épistolaires, de grammairiens, dans un âge où les autres enfants bégayent à peine leur propre langue. Ce pelit prodige fut enlevé par une hydropisie du cerveau, à Paris, en 1726, avant d'avoir alteint sa seplième année (1). »

Les filles furent :

1e Louise-Françoise-Thérèse, qui a motivé celte notice. La prédilection de Montcalm pour cette sœur ainée, les détails que nous possédons sur elle et sur ses enfants nous ont conduit à lui consacrer, dans le paragraphe suivant, ure élude plus complète ;

2v Louise-Charlotte, mariée en 1734 à Gilbert de Massillan, chevalier,

(1) Documents historiques et généalogiques sur les faruilles et les hommes remarquables du Rouergue, par DE Barrau, t, IF, p. 705.

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seigneur de Massureau, président, juge-mage, maire de la ville de Montpellier, décédé en 1758 ;

30 Hervée-Macrine, mariée à Jean de Faret, marquis de Fournés, maréchal de camp ; veuve en 1749.

Louise-Françoise Thérèse de Montcalm-Gozon, sœur du héros de Québec, naquit vers 1710. Elle fut mariée au château de Candiac, paroisse de Vauvert, diocèse de Nimes, le 10 février 1728, avec Louis- Jean-Antoine de Viel, écuyer, seigneur de Lunas, Sourlan, Caunas, Saint-Martin, Nize, le Bousquet, Caziliac, Serremejane, ete., baron du Pouget, Vendemian, Saint-Bauzile, Pouzols, Lestang, Saint-Amand et autres lieux, conseiller du roi (et plus tard président) en la cour des comptes, aides et finances de Languedoc, — fils de noble Jean Viel, écuyer, seigneur de Lunas et de Sourlan, conseiller-secrétaire du roi, maison et couronne de France, et de Marguerite de Barbeyrac. Ceux-ci n'assistent pas au mariage de leur fils, où ils sont représentés par Antoine de Barbeyrac, chevalier, seigneur de Saint-Maurice, président, trésorier de France, intendant des gabelles du Languedoc, porteur de leur procuration. Louis de Montcalm, frère de la mariée, n'était alors âgé que de *#äns. Il ne figure pas au nombre des témoins, parmi lesquels nous remarquons : messires Joseph-Paul de Rochemore, seigneur de la Devéze ; Joseph de La Baume, baron de Beaulieu, lieutenant-général d'épée au présidial de Nimes (1); Auguste de La Tour du Pin de Mallerargues, capitaine de dragons dans le régiment de la reine; Bonnaventure Rigaud, ancien capitaine dans le régiment de Hainaut ;elc. Le contrat est recu par Jean Boissié, notaire royal de Vauvert. Le mariage est béni par l'évèque de Nimes, assisté de messires Honoré et Georges Vincent, frères, prêtres de l'église de Vauvert.

Antoine de Viel de Lunas, baron du Pouget, était veuf de Françoise-

(A) Marié en 1693 à Marie de Pavée de Villevieille, fille d'Abdias de Pavée de Villevieille, baron de Montredon, page de la reine-mère Anne d'Autriche, capitaine de cavalerie au régiment de Montpezat, chevalier de Saint-Louis, major au gouvernement de la ville de Sommières, et d'Anne d'Eustache, I y a diverses familles de La Baume. Celle-ci, qui est issue des seigneurs de Senilhac et de Casteljau, en Languedoc, porte : de gueules à la fasce d'or. — Dès 1540, François-Pierre de Pavée, seigneur de Servas, était marié avec Françoise de Montcalm, fille de Jean, seigneur de Saint-Véran et de Florette de Sarra,

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Eléonore de Roquefeuil-Gabriac, qu'il avait épousée en 1719, Une fille était née de ce premier mariage : Antoinette-Marguerite, nommée, le 25 avril 1725 et le 11 février 1743, dans Les testaments de Jean Viel de Lunas et de Marguerite de Barbeyrac, ses ateuls paternels, Elle fut mariée, le 29 février 1743, à Pierre-Maurice-Kramanuel de Girard, marquis de Pézennes, chevalier, seigneur de Coulondres, Saint-Jean de Vidas, chevalier de Saint-Louis, capitaine dans le régiment du Roiinfanterie.

Le baron du Pouget était devenu, en 1733, président de la cour des aides du Languedoc, dont il était conseiller depuis 1719, IF avait recueilli, en 1742, une immense fortune à la mort de son père, réputé l’un des citoyens les plus riches de la ville de Montpellier, Enfin son second mariage avec Thérèse de Montealm-Gozon lui avait apporté de précieuses alliances en Languedoc. IF était homme de bien; son mérite avait conquis l'estime et la profonde sympathie de son beau-frère Montcalm. C'est ce qui ressort de leur correspondance, d'où nous délachons la lettre (1) suivante :

A Monsieur Monsieur le Président de Lunas, à Montpellier. A Moutre, le 26 avril 1734.

Dül ma sœur, mon cher Lunas, étre jalouse de ce que la première lettre que j'écris est pour vous, vous aurés la préférence. de n'ai qu'un regret c'est d’élre obligé de la comencer par faire mon triste compliment sur la perle de mon filieul (2). de sens vivement la perte de cel enfant, qui me tenail encor plus vivement et par un double endroit. Daigne le Seigneur vous conserver le reste de vorre chère famille en parfaile santé ! Que ma sœur agrée que le compliment de condoléance soit comun. de craïndrais de lui renouveler sa douleur.

Pour vous rendre un conte exact de ce qui me regarde et de la situation

(1) Nous avons respecté l'orthographe de cette lettre, Elle est d'une écriture lisible et nette. Au point de vue de Porthographe, qui n'était pas d'un usage courant avant notre siècle, ele est très supérieure à la plupart des correspondances du même temps et dénote une instruction solide, On sait d'ailleurs qu'au cours de ses campagnes, dans ses heures de loisir, Montcalm lisait les auteurs grecs et latins sans le secours d'aucune traduction.

(2) Louis-Joseph-Antoine de Viel de Lunas, mort en bas àge.

présente, j'arrivai le 31 à Strasbourg, où je ne pus voir qu'un instant le Cle* de Roquefeuil (1), qui parlail le jour méme pour rejoindre son régiment à Haguenau el je pris, le méme jour, la past: pour venir joindre le régiment ici où il élait arrivé depuis quatre ou cinq jours. Où nous cantonons nous somes 35 bataillons cantonés à un quart de lieue l'un de l'autre, en élat de marcher dans 24 heures. Nous somes dans les boures, logés de 4 en 4 les capitaines. Et, pour vous donner une idée du lieu que nous abandonerons après-demain pour aller camper : grand comme Vestrie (2). Quoique faliqué d'une longue roule, je ne me suis pas encore débolté, ayant toujours été en chemin, à la suite de mon colonel, avec qui J'arrivai pour voir les officiers généraux qui commandent ici aux lignes de Wissembourg. M° de Cilly (3) en chef et se tient au village de Langtsall, où est le quartier général. Il a sous ses ordres Mr de Quadt (4), quiest au Fort-Louis, MMS de Balincourt (5), de Gensac(6)et de Bavière(T), maréchaux de camp; le premier à Wissembourg, le segond à Lautrebourg, le troisième au quartier général. Jusqu'ici on a employé ces troupes à relever les lignes et à faire des redoutes le long du Rhin. Mais, d'avant hier au soir, tout a changé de face. Ordre de cesser les travaux. Le maréchal (8) arrive ce soir à Lautrebourg, avec MM. de Nouilles (9) et de Nangis (10); l'intendant et toutes les troupes du pays, à quelques bataillons près, marchent pour aller en avant camper en front de bandière à la petite- Hollande : trente-cinq bataillons, quinte escadrons en attendant ce qui nous arrive de Comté {Franche-Comté}. Nous somes avertis et seurs d'élre

(1) Proche parent du président de Lunas, à cause de sa première femme : Françoise-Eléonore de Roquefeuil,

(2) Vestric, canton de Vauvert (Gard), village où l’on comptait 12 feux et 50 habitants en 17%4. Les territoires de Vestric € ‘'andiac, fiefs de la maison de Montcalm et anciens prieurés, ont été réunis en une seule commune le 24 mars 1808.

(3) Le com'e de Cilly, brigadier de dragons en 173%, commandeur de l'ordre de Saint-Louis en 1738,

(4) M. de Quadt, maréchal de camp, puis lieutenant-général et commandeur de l'ordre de Saint-Louis le 1er janvier 1737,

(@ Le marquis de Balincourt, maréchal de camp, promu lieutenant-général le er août 173% ; maréchal de France en 1746.

(6) M. de Gensac, maréchal de camp, promu lieutenant-général en mars 1738.

(7) Le comte de Bavière, maréchal de camp, promu lieutenant-général en mars 1738.

(8) Jacques Fitz-James, duc de Berwick, maréchal de France, tué d’un boulet de canon au siège de Philipsbourg, le 12 juin 1734.

(9) Le duc de Noailles, lieutenant-général, nommé maréchal de France le 14 juin 173%, chevalier des ordres du roi, grand d'Espagne,

(10) Le marquis de Nangis, lieutenant-général, chevalier des ordres du roi.

de ce nombre. Nous partons demain ou après-demain au plus el nous attendons nos ordres d'heure en heure. De vous dire ce que nous allons faire je l'ignore.

L'opinion comune est que nous devons simplement nous porter à la pelile-Hollande pour couvrir l'Alsace, tenir en respect les ennemis qui meurent de peur et les empécher de secourir Trarback, que le détachement de notre armée qui est sur la Moselle, assiégera. Un segond avis est que nous allons vivre au dépens de l'Electeur de Mayence et de l'Evéque de Spire pour leur apprendre à étre Impériaux. Une troisième opinion, que je ne crois pas, m'en lenant à la première, c'est que nous allons attaquer les ennemis dans leurs lignes avant que leur nombre grossit, C'est assez politique.

Voici mon état avec un quari de l'armée. Celle campagne prématurée est cause que je pars sans lente, sans lit, sans équipage, fort mal à mon aise, mais pourvu que nous conservions la santé tout celà n’est rien. Mon équipage, que je n'aurai pas si tôt, me joindra quand il plaira au Seigneur: et si nous passions le Rhin avant son arrivée, il faudrait s'en détacher pour toute la campagne. Heureusement j'ai deux chevaux, doute chemises etune paire de quantines, Come un segond Charles doute, une peau d'ours dans un coin de lente fera mon lit.

Vous aurex, ou votre femme, ou ma sœur de Massillan, souvent de mes nouvelles et du succès de nos armes. Adieu mon cher Lunas aimés moi toujours el me croyez de cœur et d'ame tout à vous.

Votre très humble et très obéissant serviteur,

MONTCALA.

J'assure de mes respects Madame votre mère (1) mes amitiés à toute votre famille et à tout l'hôtel Massillan. Salières (2) vous salue. Ecrivez : à Strasbourg, pour l'armée du Rhin.

() Marguerite de Barbeyrac-Saint-Maurice, fille de Charles et de Catherine de Brueys. Elle avait épousé, le 26 février 1684, Jean Viel, seigneur de Lunas et de Sourlan, conseiller du roi, maire de la ville de Clairant, qui fit inscrire ses armes dans l'armorial général de Languedoc, en 1699 et portait : de gueules à une ville d'argent maconnée de sable ; au chef cousu d'azur chargé d'un croissant d'argent accosté de deux étoiles d'or. — Il devint en 1702, écuyer, secrétaire du roi maison et couronne de France. Il est dit fils d'Etienne Viel et de feue demoiselle Françoise Flaugergues, dans son contrat de mariage, passé à Montpellier, par Brousse notaire royal.

(2) M. de Säalières était major du régiment de Hainaut, dans lequel Montcalm était capitaine et que son père avait commandé comme lieutenant-colonel,

Je viens de décacheter ma lettre pour vous dire que dans l'instant nous venons de recevoir nos ordres pour prendre demain le fourrage pour 3 jours, le pain pour qualre et partir, après demain 8, pour aller camper à Bihinsabre, le 9 à la plaine de la petite Hollande, le 10 à Spire, où nous serons 35 bataillons dont nous faisons l'arrière-garde ; il en est passé neuf aujourd'hui par notre village. Là on pourvoira à notre subsistance et nous recevrons de nouveaux ordres, MY de Cilly nous a devancé, M: de Dreux nous mène. M' de Berwick, MMS de Noailles, de Nangis arrivent et nous suivent. Je pars fort embarrassé, à lu Housarde, incertain de savoir quand mon équipage me joindra. Peut-être ne le verrai-je de toute la campagne. Ce comencement de campagne me dérange, mais la santé est bone. On assure ici que le !‘tavhement de notre armée que nous avons sur la Moselle a ouvert la tranchée devant Trarback,

Cette lettre était scellée d'un cachet de cire rouge présentant un écusson ovale, surmonté de la couronne de marquis, soutenu par deux griffons et portant les armes de Montcalm : écartelé aux 1 et 4 de sable à la lour d'argent ; au ? d'azur à trois colombes d'argent posées ? et 1 ; au 3° de gueules à la bande d'azur bordée d'argent et une bordure crénelée

de méme.

L'armée du maréchal de Berwick ayant passé le Rhin, Montcalm se trouva au siège de Philippsbourg, où Berwick eût la tête emportée par un boulet de canon. Sa correspondance, toujours affectueuse avec le président et madame de Lunas, montre une préoccupation constante de réparer les vides que la guerre opère dans sa compagnie et d'en maintenir l'effectif au complet,

Nous le retrouvons, plus tard, en Bohème, au cours de la gucrre de la Succession d'Autriche, en qualité d'aide de camp du marquis de la Fare, lieutenant-général. Enfermé dans Prague, avec Chevert, il est blessé dans une sortie, mais sa blessure l’inquiète peu. Elle a, dit-il, « l'avantage de lui assurer quelques jours de repos qui lui étaient devenus nécessaires. »

Pendant la belle retraite du maréchal de Belle-Isle, qui ramena en France trente-cinq mille hommes, la Fare commandait l’arrière-garde C'était le poste périlleux. Merveilleusement secondé par l'intelligence et l’activité de Montcalm (colonel à trente-un ans), il ne se laissa jamais entourer malgré la poursuite furieuse des ennemis en pays hostile,

C'est au cours de l'investissement de Prague que Montealm écrit à sa sœur

De Prague (armée de Bavière), A Madame,

Madame la Présidente de Lunas,

à Montpellier. 4

Au camp de Liben, le 5 octobre 1749,

Faut-il ma chère sœur que je sois trois mois sans recevoir aucune lettre el A que la première el l'unique que je recoive soil une de ma mère, du 15, par laquelle j'aprend la mort de ce pauvre Lunas ! Vous conaissés l'amitié que J'avais pour lui, celle que j'avais pour vous. de suis vérilablement acablé. de devrais chercher à vous consoler, mais mon affliction ne me le permet pas el je sens qu'il n'y a que la religion qui puisse vous soutenir contre un pareil malheur, d'eusse désiré étre auprès de vous, Malgréles amis que vous avés j'ose me flaler que ma présence eût élé une consolalion pour tous les deux, Vos enfants, si Dieu me fait la grdce de vivre, me seront aussi chers que les miens. La grande perte qu'ils font redoublerait ma tendresse pour eux s'ilélail possible. Je puis vous en assurer el vous me trouverés toujousr disposé à m'employer entièrement pour eux. C'est le moins que je leur doive, à leur père et à vous, ma chère sœur, que j'aime tendrement et à qui se seray loujours bien élroilement uni et de la façon du monde la plus vive.

Monsieur de la Fare (1) me charge de lous ses complimens pour vous ; il

aimait et estimait fort le pauvre Lunas, qu'il regrete infiniment.

(SGELLÉE D'UN CACHET DE CIRE NOIRE AUX ARMES DU MARQUIS DE 4 MONTCALM). {

La vie agitée des camps, les travaux, les dangers de la guerre, où il prend une part si active, ne sauraient distraire Montcalm de ses affections de famille. Aucune délicatesse ne manque à ce grand cœur et, six jours sont à peine écoulés, qu'il adresse spontanément à sa sœur une

(} Philippe-Charles de La Fare, marquis de La Fare, comte de Laugères, baron de Balazue, etc., maréchal de France le 26 octobre 1746, chevalier de la Toison-d Or et des ordres du roi, commandeur de l'ordre de Saint-Louis, capitaine des gardes du duc d'Orléans, chevalier d'honneur de madame la Dauphine, commandant en chef | en Languedoc, gouverneur d'Alais et de Gravelines, etc. ; né en 1685, mort le 4 septembre 1752. Son petitneveu et héritier : Philippe-Charles de Pavée, marquis de Yillevieille, épousa, en 1763, Mlle de Lunas, nièce du marquis de Montcalm,

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nouvelle lettre, I déplore, avec la même sincérité d'émotion, la mort de ce beau-frère qui lui inspirait une véritable amitié ; il témoigne pour ses neveux la plus touchante sollicitude, Son affection n'a rien de ague : du fond de l'Allemagne il prévoit les moyens de la manifester et l'on sent que les effets ne s'en feront pas attendre.

A Madame Madame la Présidente de Lunas, (Armée de Bohéme) A Montpellier, en Languedoc.

Au camp de Liben, le 12 octobre 174.

Quoique je sente bien, ma chère sœur, que c'est vous renouveler vivement votre douleur que de vous entretenir de votre perte, la mienne est si grande que j'en suis uniquement occupé el que je ne puis me dispenser de vous en parler pour vous rémoigner toute l'impatience où je suis de savoir en détail l'arrangement qu'on prendra pour vos enfans el celui que vous prendrés pour vous même, de conte voir bientôt vos enfans à Paris et vous rendre un comple exact et vray de ce que je penseray sur leur compte. Vous conaissés ma vive amilié pour vous. Ma femme n'en a pas moins. Son caractère sympatlhise avec le vôtre. Ainsi il me tarde que nous regagnons la province et de vivre avec vous pour nous adoucir mutuellement une perte dont je sens d'avance toute la douleur, le vuide que celà me fera. Car indépendament de vous et des liaisons du sang, j'aimais fort votre mary. Que la religion vous souliéne et que l'affliction ne vous abuse pas ! Vous éles nécessaire à vos enfans, qui, j'espère, vous doneront toute satisfaction. Je conte, sans avoir pris encor aucune détermination bien fixe, partir à la fin de ce mois. Nous n'avons rien d'intéressant à le marquer sur nos armées. M, de Maillebois (1) est du 7? à Egra (2) et doit, dit-on nous joindre.

Adieu ma chère sœur, sois sure que tu me trouveras toujours pret à m'employer pour lout ce que tu voudras. Regarde ma maison, avec raison,

(1) Jean-Baptiste-François Desmarets, marquis de Maillebois, maréchal de France en 1739, chevalier des ordres du roi, marié à Marie-Emmanuel de Tourzel d'Allègre, dame du murquisat d'Allègre et du comté de Flaghac, en Auvergne, fille du maréchal d'Allègre.

(2) Egra, ville de Bohème, sur l'Eger affluent de gauche de l'Elbe, à 150 kilomètres de Prague,

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come la tienne et sois persuadée qu'on ne peut l'aymer plus tendrement que je le fais.

Mes compliments, je vous prie, à Madame de Viel et à Mlle de Lunas (1), (SCELLÉE D'UN CACHET DE CIRE NOIRE AUX ARMES DU MARQUIS DE MONTCALM).

La lettre de Montcalm était à peine arrivée à Montpellier, que sa sœur avait le cœur déchiré par une nouvelle affliction. Deux de ses fils lui étaient enlevés : Gilbert-Antoine Viel de Lestang, dit : le chevalier de Lestang, mourait prématurément le 1er décembre 1742, II élait, bientôt, suivi dans la tombe par un de ses frères : Marc-Antoine- Joseph-Mathias Viel de Sourlan, dit : le chevalier de Sourlan,

La présidente de Lunas, d'un caractère énergique, pareil à celui de son frère, d’une âme tendre et délicate, mais forte contre l’adversité ne se laissa point abattre par ces coups douloureux.

Elle restait avec deux fils et deux filles qui furent :

1° Louis-Daniel-Antoine-Jean, qui a formé le degré suivant, rapporté après ses frères el sœurs ;

20 Louis-Jean-Pierre de Viel de Lunas, chevalier seigneur du Deffant et autres lieux, conseiller en la Cour des comptes, aides et finances du Languedoc en 1755, demeurant à Montpellier ;

Jo Antoinette-Marguerite-Jeanne-Thérèse de Viel de Lunas, appelée Mie de Lunas, mariée à Jean-François de Seigneuret de Loubens, chevalier, baron de Cesserat, seigneur de Faussan ;

4 Antoinette-Louise-Marguerite-Macrine de Viel de Lunas, dite : Me de Sourlan, née en 1741, mariée à Montpellier, le 13 juin 1763, à Joseph-Francois-Philippe-Charles de Pavée, marquis de Villevieille, maréchal de camp, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, lieutenant honoraire des gardes de S. A. R. Mer le comte d'Artois, décédé à Paris en mai 4825. Dans le contrat de mariage passé à Montpellier, par Ricard, notaire, le futur est dit fils de défunt haut et puissant seigneur Jean-

(1) Antoinette-Marguerite de Viel de Lunas, fille du président de Lunas et de sa première femme : Françoise-Eléonore de Roquefeuil-Gabriac, Elle fut mariée l’année suivante, à Emmanuel de Girard, marquis de Pézennes (diocèse de Béziers) par lettres patentes du mois d’août 1750, fils de Pierre-Guillaume de Girard, chevalier, seigneur de Coulondres. (Des seigneurs de Baroges et de Villetaneuse, qui portent: losangé d'argent et de gueules.)

irasrummet.

Raymond de Pavée, marquis de Villevieille et de la Roquette, baron de Montredon, seigneur de Viols-le-Fort, le Sue, Saint-Vincentian, ele, chevalier de l'ordre de Saint-Louis, lieutenant pour le roi de la ville et château de Sommières (1)et de haute et puissante dame Mn® Françoise. Mélanie de la Fare (2), marquise de la Fare et de Montelar, seigneuresse (aie)de Mirabel, Pompignan, Ceyrac, Saint-Martin de Cendras, Saint- Martin de Valgalgues, Saint-Julien de Valgalgues, Blannaves, Branoux, Cavillargues et autres places, demeurant au château de Villevieille, diocèse de Nimes, Le marquis de Villevieille est assisté par : « Louis-Henry-

Annibal de Pavée de Villevicille, chevalier de Pordre de Saint-Jean de Jérusalem, son frère (3); Francois-Gabriel d'Audessens, brigadier des armées du roi (4); Francois-Jean-Henry-Antoine de Roquefeuil, marquis de Londres et dame Madeleine de Roquefeuil, épouse de M, le

(1) Reçu page de la grande écurie du roi le 18 décembre 1719, il était fils de Françoés-Joseph de Pavée, baron de Villevieille, marquis de la Roquette, baron de Montredon, etc,, et de Grassinde de Roquefeuil, dame du marquisat de la Roquette, de la baronnie de Brissac, héritière de 11 branche aînée des Roquefeuil la Roquette, qui ont produit un grand-amiral du royaume de Murcie, des grands-d'Espagne, un grand-maitre de l'ordre de Malte, et qui se sont perpétués jusqu’à nos jours par les rameaux des seigneurs de Gubriac et de Londres, Cette famille est distincte de celle des marquis de Blanquefort de Roquefeuil, très répandue en Rouergue, Auvergne et Bretagne et issue d'Antoine de Blanquefort, substitué en 1405, aux d'Anduse, barons de Roquefeuil, comptours de Nant, chefs du nom et armes,

(2) Elle était sœur de la marquise de Chabrillant, morte sans enfants, et fille de François de la Fare, marquis de la Fare et de Montclar, baron de Salendrenque, seigneur de Blannaves, Saint-Martin de Valgalgues, la Bastide d'Engras, Saint- Auban, Saint-Martin du Puy, Cendras, ete. Page de la grande écurie du roi, capitaine de cavalerie, lieutenant de roi en Gévaudan, gouverneur de la ville d'Agde, marié le {1 avril 1706, à la fille de son cousin germain : Marie de la Fare, sœur et héritière du marquis de la Fare, comte de Laugères, baron de Balazue, maréchal de France, ete, le mème qui avait eu pour aide de camp, pendant la campagne de Bohême, le gnarquis de Montcalm, frère de Mme de Lunas, Ea marquise de Villevieille était ainsi l'héritière du maréchal de la Fare et des deux branches ainées de cette illustre maison, qui s'est continuée par le rameau des barons de la Tour, marquis de la Fare-Vénéjan, coseigneurs de Saint-Marcel-d'Ardèche, ducs Romains, existants en Bretagne, auxquels la maison de Pavée de Villevieille s'est depuis, alliée pour la troisième fois.

(3) Il devint commandeur-bailly de l'ordre de Malte, et capitaine de vaisseau dans la marine royale de France, avant 1789, Pendant l’émigration, il se distingua à l'armée de Condé, fut fait maréchal de camp, chevalier de Saint-Louis. Réintégré dans la marine en 181%, avec le grade de contre-amiral, le commandeur de Villevieille fut promu vice-amiral le 8 juillet 1816, et mourut à Montpellier le 6 mars 1817,

(4) Petit-fils de François d'Audessens, chevalier, baron de Beaulieu, président en 1691 de la Cour des comptes, aides et finances du Languedoc et de Jeanne-Gabrielle de Pavée de Villevieille,

marquis de Montlaur de Murles (4) ; et par dame Gracienne d'Audessens épouse d'Etienne-Françcois de Portalès, marquis et vicomte de Vignolles (2) et autres places, » La future est assistée par : «le marquis de Lunas (3) et le chevalier du Deffant, ses frères ; le marquis de Girard de Pézennes et le baron de Seigneuret de Loubens, ses beaufrères ; Gilbert, comte de Montealm-Gozon, maistre de camp de cava= lerie (4), son cousin-germain; le président de Massillan, son oncle ; Antoine de Barbeyrac, marquis de Saint-Maurice et Jean Vergne /sic) chevalier de l'ordre de Saint-Michel, conseiller en la Cour des comptes du Languedoc, ses cousins, »

Il vint de cette alliance un fils unique : Louis-Jean-Francois de 'avée, marquis de Villevieille, né en 1764, mort le 48 octobre 1898, ‘apitaine dans Roussillon-Cavalerie, convoqué en 1789 aux assemblées de la noblesse de Nimes, marié le 15 juillet 1806 au château de la Boutetière (Vendée), avec sa cousine : Henriette Prévost de la Boutetière Saint-Mars (5), fille du comte de la Boutetière de Saint-

(A) La maison de Montluur de Murles, aujourd'hui éteinte, est une des plus anciennes du Languedoc, sa filiation a été prouvée depuis 1286, avec de grandes charges et de grandes alliances, Pons de Montlaur était prévôt de l'église de Maguelonne en 1070, Jean de Montluur, évèque de Maguelonne, vivait en 1934, et Raymond de Murles, évèque de Béziers en 1242, La terre de Montlaur passa vers 1500 à la maison du Bousquet, et fut érigée en marquisat au mois de décembre 1679 en faveur d'Étienne du Bousquet, marquis de Montlaur, Une troisiéme maison a porté, depuis le milieu du dix-huitième siècle, le titre de marquis de Montlaur, c'est celle de Villardi de Quinson, originaire d'Italie, et qui existe en Bourbonnais, et au chàteau de Pondres en Languedoc,

(2) De la famille de Portalès la Chèze, en Languedoc,

(3) Louis-Daniel-Antoine-Jean de Viel, baron de Lunas et du Pouget, qualifié marquis de Lunas dans le contrat de mariage de sa sœur ; se fixa en Nivernais, où il a continué la descendance,

(4) Marquis de Saint-Véran, maréchal de camp, puis député de la noblesse de Carcassonne aux Elats généraux, il épousa Jeanne-Marie de Lévis, d'où postérité,

(5) Trois enfants sont nés de cette union :

40 Charles de Pavée, marquis de Villevieille, page du roi Charles X, lieutenant de cavalerie, marié le 4e février 1834, à Nancy, avec Cécile d'Hennezel, Ils ont laissé une fille : Marie de Pavée de Villevieille,

2% Clotilde de Pavée de Villevieille, chanoinesse honoraire et comtesse du noble chapitre de Brünn (Autriche), mariée en 1827 à Casimir du Verdier, comte de Genouillac. Ils ont laissé trois fils : &, Sever, comte de Genouillac, marié à Claire Dchargnes, d'où Anne, mariée à Paul de Raimbouville, lieutenant au 13e hussards, chevalier de la Légion d'honneur ; b, Olivier, vicomte de Genouillac; €, Victor, vicomte de Genouillac, ingénieur en chef des min°s à Rouen, officier de la Légion d'honneur, marié à Léontine Marc, d'où onze enfants ;

3 Hedwige de Pavée de Villevieille, née à Montpellier le 7 avril 1816, morte à Nancy le 22 juin 1876, mariée à Nancy le 7 avril 183%, à René, comte de Landrian, baron de

Mars (1), capitaine-commandant dans les dragons d'Orléans, chevalier de Saint-Louis émigré, et d'Adélaïde de la Fare-Vénéjan, sœur du cardinal, due de la Fare, archevêque de Sens, due et pair de France, commandeur des Ordres du roi, ministre d'Etat, membre du conseil privé des rois Louis XVHIT et Charles X,

Louis-Daniel-Antoine-Jean de Viel de Lunas, chevalier, marquis de Lunas, baron du Pouget, seigneur de Sourlan, Saint-Martin, Serremejane, ele,, fils ainé du président de Lanas, eût pour parrain son aïeul maternel: Louis-Daniel de Montcalm, F avait épousé, avant 1761, en Normandie, Marie-Reine de Boullene de Saint-Rémy (2), fille de Francois-Frédérie de Boullenc, baron de Saint Rémy-sur-Aure et de Marie-

Fisson du Montet, baron héréditaire du Saint-Empire et des Etats immédiats d'Autriche, 1s ont laissé cinq enfants : à, Pierre, conte de Landrian, baron du Montet, marié à Aline de Lalleimund de Mont, d'où deux fils; b, Amélie, mariée au baron Seilliére, d'où postérité; e, Clotilde, mariée au baron Seillière, d'où postérité ; d, Marie, chanoinesse et comtesse du noble chapitre impérial de Brünn, qui est l'un des quatre grands chapitres d'Autriche ; 2, Louise, mariée à Emmanuel Grellet de la Deyte, d'où une fille et trois fils,

(1) Le comte de li Boutetiére était fils de Marie de la Mote-Buracé de Semonnes et de Francois-Antoine Prévost, chevalier, seigneur de la Boutetiôre, Saint-Mars, Grandry, ete,, qui avait pour bisaieul : François Prévost, chevalier, seigneur de la Boutetière, du Pouët, ete, Marié en 162% à Denigne de Jaucourt, tille de Jean de Jaucourt, baron de Villarnoul, Vaujaucourt, Espeuilles, ete,, chevalier de l'Ordre du roi, conseiller en ses conseils d'Etat, et privé, gentilhomme de sa chambre, et de dame Marthe de Mornay, fille ainée du célèbre du Plessis-Mornay, ambassadeur d'Henri IV,

(2) Du mariage de Louis-Daniel-Antoine-Jean de Viel de Lunas, marquis de Lunas, baron du Pouget et de Marie-Reine de Boullenc de Saint-Remy sont nés deux fils et une fille :

1° Anloine-Louis-François qui suit ;

2 Antoine-Pierre de Viel, comte de Lunas, capitaine de cavalerie, seigneur de Marigny, la Montagne, ete., en Nivernais; membre du conseil d'arrondissement de Château-Chinon en 1827 ;

& Une fille mariée au marquis Prévost de la Croix, d'une ancienne maison du Nivernais, issue d’un cadet des Prévost de la Boutetière, en Poitou,

Antoine-Louis-l'rançois de Viel, marquis de Lunas, seigneur de la baronnie d'Espeuilles, Marizy, Varigny, Fuzilly, ete,, dit : le marquis d'Espeuilles, capitaine de dragons, né en 1761, à épousé, le 10 janvier 179%, Marie-Julie de Roquefeuil, fille d'Henry, marquis de Roquefeuil-Gabriac, capitaine au régiment de Royal-Dragons et d'Hélène-Céleste de Reversat de Céles, La maison de Roquefcuil, très considérable en Languedoc, avait déjà des alliances avec les Viel de Lunas et les de Pavée de Villevieille, De ce mariage :

1° Antoine-Théodore de Viel de Lunas, marquis d'Espeuilles, né en 1803, mort en 1871, sénateur du second Empire, conseiller général de la Nièvre, marié deux

Antoinette Girard, dame d'Espeuilles (1), fille unique de feu Jacques Girard, seigneur de Vannes, g'and-maitre des eaux et forêts du duché de Nivernais, et de Mile Raudot. Par cette alliance, les enfants du marquis de Lunas, furent appelés à hériter de la baronnie d'Espeuilles et de grands biens en Nivernais. En avril 1787, ils accrurent ces possessions par l'acquisition qu'ils firent, à MM. de Chabannes, de la seigneurie de la Montagne, pour le prix de cinq cent mille livres, A cette époque, leur mère, Reine de Boullenc-Saint-Rémy, habitait, à Montpellier, l'hôtel de Lunas, qui faisait partie du douaire des veuves de la famille,

C'est là, qu'elle était revenue auprès de ses belles-sœurs : Mesdames de Cesserat et de Villevieille, lorsqu'elles eurent fermé les yeux à Thérèse de Montealm leur mère, Celle-ci, veuve depuis 1742, ainsi que nous l'avons appris par les lettres de son frère, vivait encore en 1772 (2), entourée des glorieux souvenirs de son nom, Elle avait dù au triste avantage de survivre aux siens, le privilège de recevoir, en 1759, à l'occasion de la mort héroïque de Montcalm, un grand nombre de lettres flatteuses, émanant de personnages marquants. Nous y voyons que cet événement, sans attendre le jugement de la postérité, fut consi-

, fois : 1° le 30 avril 1829, à Antoinette-Pauline Le Pelletier de Rosambo, décédée en 1832, d'où un fils : le général marquis d'Espeuilles, général de division commandant le 13 corps d'armée, membre du conseil supérieur de la guerre, grand-oflicier de la Légion d'honneur, sénateur et conseiller général de la Nièvre, né en 1831, marié à Mile Maret de Bassano, fille du duc de Bassano, d'où postérité, D'un second mariage, le 26 mai 1836, avec Jeanne-Françoise-Louise de Châteaubriand, petite-nièce de l'illustre écrivain, le marquis d'Éspeuilles a laissé un fils : le comte d'Espeuilles, secrétaire d'ambassade, député et conseiller général de la Nievre, marié à Mile de Caulaincourt de Vicence, fille du duc de Vicence, d'où un fils qui a relevé le nom de Caulaincourt de Vicence ;

2 Julie, chanoinesse et comtesse du chapitre de Sainte-Anne de Munich ;

3° Marie Thérèse-Henriette-Hélène, mariée en 1816 à Albert, comte d'Oilliamson, fils du marquis d'Oilliamson, lieutenant-général des armées du roi, cordon rouge, ancien général-"cjor dans l’armée de Condé, d'où postérité ;

4 Reine ;

5° Delphine-Louise, mariée à Edmond, marquis de Certaines, d'où postérité.

(4) Plus anciennement, la baronnie d’Espeuilles appartenait à la maison de Jaucourt-Villarnoul,

(2; Louise-Françoise- Thérèse de Montcalm-Gozon, veuve d'Antoine de Viel, baron de Lunas et du Pouget, président de la Cour des comptes, aides et finances du Languedoc, fut représentée le 14 décembre 1772, à la liquidation et partage entre ses enfants, des biens de leur père. Cet acte passé à Paris, par devant Me Garnier-Deschesnes, notaire au Châtelet, dénote une fortune immense, tant mobilière que territoriale,

sainte ETS

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