I B MARQUIS
Je n'y pensais pas; l'aventure est piquante.
M l,e DF.LAUNAY.
A oui trouves ?
LE MARQUIS. '
Mais je tiens de notre gouverneur Que chaque jour pour elle on a moins de rigueur, El que, si ce n’était l'amour des représailles.
On l'eût déjà rendue aux fêles de Versailles.
M ,,e DBLAUNAY.
Ah! je respir^enfin. El nos conspirateurs Qui sont cloîtrés ici ?
LK MARQUIS
Nos collaborateurs?
Je viens de 1er quitter; Laval a l’air moins sombre, Pompadour de flacons vide un assez grand nom- L’avocat Davizard fait des péroraisons, ' fbre; Et l'abbé Lecamus nous fait des oraisons; * Barjeton des discours.
MalézVux?
LE MARQUIS
Des charades...
M ,,c DBLAUNAY-
Mesdames Chavigny, Montaiihan?
LE MARQUIS
Des roulades'.
Il faut savoir enftn que l'on est en prison,
Car vraiment la Bastille a l’air de Trianon.
Jusques au gouverneur qui s'est mis dan» la tête •De joindre à ses lauriers les palme» du poète;
El depuis quatre jours il vous fait un quatrain Qu'il n’a pas encor pu mener jusqu'à la (in.
Vous seule parmi nous vous paraissez rêveuse... Auriez-vous des chagrins?
M n * DBLAUNAY.
• Qui, je suis soucieuse...,
Je suis triste...
LE MARQUIS
Ah: madame, il me semble pourtant ..
M lle DBLAUNAY.
Que vousêtes pour moil'on ne peut plusebarmant, Je le sais; cependant ma gaîté s'est enfuie,
Et, malgré tous vos soins, je sens que... je m’en- Mais le joyeux rayon de notre liberté . [nuie: Va bientôt réchauffer mon ancienne galté.
LE MARQUIS
Ah ! celte liberté, c’est ce que je redoute;
Car, alors il faudra nous séparer.'
É ,l# DBLAUNAY, Vttf. #
Sans* doute !
le marquis, blessé .
Ah!
M 11 ® DÉLAUNAY.
Nous nous reverrons encore, assurément,
* Et je serai toujours pour vous comme à présent. Mais je rentre, à tantôt.
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