‹ Une soirée a la Bastille, comédie en un acte et en versChapitre 18 sur 38 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

RICHELIEU, seuL

Il envoie des baisers \ers la porte, et quand elle est fermée, il se met à rire les deux mains dans les poches ; il essaye plusieurs fois de parler, et s'arrête, empêché par son rire qui va toujours en croissant.

28 UNE SOIREK A L\ BASTILLE.

Eh bien ! celle verlu qu'on disait si lerrible, Tombée au premier choc l Oh ! non, c'esl trop risible î J'aurais voulu me voir dans mon accablement... Mais j'ai joué, je crois, de franc jeu par moment ! On perd la lêle à moins... Ah! c'esl qu'elle est char- Madame Delaunay ! Beauté vive et piquante, (mante, De grands airs , de l'esprit, de la causticité... Et sans en avoir trop, assez de vanilé- Pour laisser à lamour de quoi passer la tête Et rendre plus brillant l'honneur de la conquête. La conquête ! Ah '. mon Dieu, j'oubliais le danger Où mon petit mensonge est venu m'engager... Boisdavy va venir, et le sot personnage S'en va par sa candeur renverser mon ouvrage ! Le butor ! Quel démon vint aussi me pousser? Avais-je donc besoin de venir l'accuser? Des gens ainsi tournés, ça se combat soi-même; Et la belle bientôt, s'il est vrai qu'elle m'aime, Eût trouvé, j'en suis sûr, cent prétextes au moins Pour se débarrasser galamment de ses soins... Au fait, je suis à jeun, que Bacchus me conseille î Tous les projeîs hardis sont fils de la bouteille ; Pardonne mon oubli, fidèle compagnon...

Il appelle.

Holà ! maître Landry ! monseigneur du flacon !

Landry paraît.

Auriez-vous, par harard, au fond de votre cave, Quelque vieil exilé de Xérès ou de Grave !

Réponse affirmative.

J'attends.

Landry sort.

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