SCENE XIII
BOISDAVY.
Et moi, je le déteste.
RICHELIEU
Descendez... et je vais vous apprendre le reste. Quelqu'un!... je me trompais... le temps nous est compté; Écoulez, il y va de votre liberlé.
Peut-être de la vie...
BOISDAVY.
Eh ! je ne puis comprendre...
RICHELIEU
Ni moi non plus. Voici ce que je viens d'apprendre: On m'accorde ma grâce... et quant à nos amis, On leur pardonnera... mais c'est sur vous, marquis, Qu'on fera retomber tout le poids de leur crime. C'est vous que l'on choisit pour être la victime.
BOISDAVY.
Et pourquoi, s'il vous plait? on n'en a pas le droit !
Dubois fait ce qu'il veut et non pas ce qu'il doit. Et c'est vous qu'il choisit... il vous en veut sans doute. Connaissant vos talens , je crois qu'il vous redoute. Toujours est-il, marquis, que vous n'avez qu'à fuir, A moins que, par hasard, vous n'aimiez mieux dormir.
BOISDAVY, après avoir réfléchi , Non... mais c'est un abus, c'est un acte arbitraire ; Mais c'est atfreux !
RICHELIEU
Je n'ai jamais dit le contraire.
BOISDAVY.
Si Dubois me poursuit, je veux fuir... mais comment?
RICHELIEU
Qu'en vous prenne pour moi, ne fût-ce qu'un moment, Et vous êtes sauvé... cachez-vous le visage Des plis de ce manteau, marquis, et du courage. Vous passerez pour moi.
BOISDAVY.
Mais, v^us ?
RICHELIEU
Moi ! ce n'esi rien; J'aurai toujours le temps de trouver un moyen.
BOisuAVY, ahuri.
Je ne sais si je dors, je ne sais si je veille !
RICHELIEU lui enfonce son chapeau.
On vient... enfoncez-vous le chapeau sur l'oreille ; Cachez-vous la tigure et dites : « Richelieu ! » Mon nom vous ouvrira la porte de ce lieu. Courage !
II rentre et lient sa porle enlr'ouverte.