SCENE IV
JI est de ces larcins que je ne puis permettre.
RICHELIEU, câlin.
Toul-à-l'heure, pourtant, vous daigniez consentir. Elle, au moins, n'aurait pas la peine de sortir... Vous voyez, gouverneur, elle est toute portée.
LE GOUVERNEUR
Et Ton aime à cueillir les fruits à sa portée , J'entends. Mais Boisdavy, si j'en crois ce qu'on dit , Auprès de cette belle est assez en crédit.
RICHELIEU
Boisdavy... que m'importe?
LE GOUVERNEUR, à part.
En vain je lui suscite Des rivaux — qu'il n'a pas, voilà que ça l'excite; Mais j'ai les yeux sur lui...
RICHELIEU
Voyons, cher gouverneur, Dites, puis* je espérer ?
LE GOUVERNEUR, à part.
N'ouvrons pas notre cœur.
Haut.
J'y consens.
Les doigts sur la bouche.
Mais surtout...
RICHELIEU
L'amour et le silence Sont entre eux, gouverneur, ce qu'au bojs est la lance ; Allez , ne craignez rien , je connais la façon De donner tout mon cœur en gardant ma raison.
LE GOUVERNEUR
Je vous laisse, et surtout tâchez d'être plus sage , Mauvais sujet.