SCENE XL
LES PRÉcÉDENs, DUHAMEL, M. DE BLINVAL, SIU
DEllBY , PLUSIEURS PERSONNES.
DUHAMEL
Far ici. Messieurs, vous serez très bien sur cette table... Voici un jeu de cartes que j'ai escamoté pour vous... Nous pouvons dans celle pièce organiser, incognito, un écarté à l'usage de ceux (pii n*aiment pas les sonates et la musique de famille.
M. DE BLINVAL
J'avoue (pie j'en ai assez !
ANGÉLIQUE
Allons! on va jouer, et maintenant nous n'allons \A\\> pouvoir danser ! [ciic sort.)
DUHAMEL, priparant.
C'est cela., voilà qui est prêt 1 M. de Blinval de ce côté... et de l'autre... sir Derby s'assied.) Eh bien ! il ji'est pas gOné le niylord, il est déjà placé !
M, DE BLINVAL
Messieurs, les paris sont ouverts.
nrHAMEL.
Je vous préviens que M. de lilinval est un rude jouteur ! C'est bien, tout le monde parie pour vous.. . et moi aussi ! {à part.) Je me garderais bien de jouer contre lui; si je le gagnais, ça me comprometlrait î {Sir Derby étaie de i'or sur ia table.)
M. D£ BLINVAL
Comment ! Monsieur tient tout le ^eu ?
{On joue.)
DUHAMEL
Ce diable d'Anglais! je ne sais pas s'il a du bonheur, mais il a de Tor... comme tous ses compahiotes!
AIR : De sommeiller cncor, ma chère.
Pour adopter nos mœurs légères,
Parmi nous ils portent leurs pas ;
S'ils lie prennent pas nos manières,
Ils nous laissent force ducats '.
A leur départ souvent l'argent leur manque,
Et cliaque anglais visitant ce pays, Me fait l'effet d'un billet de banque
Qui vient se changer a Paris !
LEBRiN, dans te fond.
Ma toi ! dans cette maison , on a des procédés char-
mans. {peiulant qu'on joue.) C'est singulier! je ne
sais ce que j'éprouve... vme douce chaleur circule dans
mes veines... je me sens une audace inaccoutumée!...
M. DE BLINVAL
Allons, j'ai perdu !...
DUHAMEL
C'est étonnant, j'aurais parié pour vous !
LEBRUN, voyant sir Derby.
Tiens! comme il ramasse l'argent! sont- ils accapareurs ces anglais !
M. DE BLINVAL
Pas même une levée! il est impossible déjouer avec Monsieur! {il sort.)
DUHAMEL
Allons i qu'est-ce qui rentre ?
LEBRUN, à fart.
On a besoin d'un rentrant... si je me iiasardais 1?
DLHAMEL,
20 Francs à tenir!
LEBUiN , à pari.
M) Francs! juhtc, ce (jiril me laudiail pour cvilcr i'oraf;e ? madame Lebrun criera pour 20 IVaiics tomme pour /jo !... nia loi...
DLHIMEL.
l*ersoniic ne rentre?
LEDRl'N.
Me voilà! tout ou rien; {prenant (a place. ) audaces juvat fbrtuna! ]c déclare la guerre à T Angleterre !
IN JOVEUB.
Cinq francs de plus !
LEBRVN.
Non pas! je ne tiens que 20 francs... j'ai des raisons pour ne pas tenir davantage!
DUHAMEL, à Leùrun.
Je ne vous croyais pas aussi crâne , mon camarade'
LEBRUN
je suis comme ça, quand je m'y mets ; il est vrai cjuc ça n'arrive pas souvent, [retournant. ) Le roi! je marque le roi!... {Sir Derby joue.) tiens! ce monsieur... il joue tout de suite... dites donc mylord? si vous vouliez des cartes... des cartes... oh! il joue toujours... la voile... j'en marque deux. .. voilà, mylord, voilà ce que c'est que d'être entêté !