SCENE
ORIGE^ E , assis sur un banc de pierre.
Catacombes, ô temple, ô seul asile où l'homme Respire librement sous le fardeau de Rome , De Rome qui , vieillie eusses dissensions , A vu fuir de ses flancs rame des nations , Redoublez votre nuit!... la lutte est commencée: Tout l'avenir du monde est dans une pensée ! La victoire n'est pas douteuse... Des tyrans. L'esclavage du peuple en deuil aux. pieds des grandi La démence, les pleurs, la misère importune, Et sur trois mille dieux pas un pour l'infortune? Mais le nôtre se lève, et sur l'humanité Réfléchit les rayoYis de sa divinité; Lui qui, ravivant l'air du sépulcre à sa flamme, Fit pour l'œil le soleil , la liberté pour l'âme! Oui, ce Christ fraternel dans la crèche naissant.
2 LK GLADIATEUR
Sorti des rangs du peuple et fils du Tout-Puissant, Nous combattons pour lui contre un siècle de crimes! Les cachots des martyrs regorgent de victimes; La hache eu vain s'émousse à redoubler les coups, On meurt de toutes parts !... 0 ciel ! quand verrons-nous L'homme cesser enfin d'avoir l'homme pour maître? Quand? peut-être demain, dans deux mille ans peut-être ! L'arbre sacré, dont l'ombre adoucit tant de maux, IN'aura pas de longtemps poussé tous ses rameaux. Peut-être; et l'avenir, sous celte ombre féconde, Doit achever enfin d'émanciper le monde !