‹ Une soirée du Théâtre-Français, 24 avril 1841Chapitre 74 sur 125 · ACTE V, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VI

NÉODÉMIE.

Pourquoi?

FAUSTINE

Sa fui le est préparée...

LE GLADIATEUR

Et qui m'en répond ?

FAUSTINE

Moi.

LE GLADIATEUR

Ah! tu veux la sauver à présent, toi, marâtre ? La sauver de ce peuple et de l'amphithéâtre... La sauver de la mort... Hier, sous mon poignard, Tu le pouvais encore, aujourd'hui c'est trop tard! Entends-lu, c'est trop tard... Les prisons sont forcées. Les aigles des licteurs sont partout renversées : La révolte est partout... Oui, j'ai vu , de mes yeux. Grossir les flots hurlant du peuple furieux. Le flamine les guide au nom de la chrétienne.

FAUSTINE

O terreur !

LE GLADIATEUR , à Néodémie.

Ma prison n'est pas loin de la tienne... Arrachant de mes mains le grillage de fer Qui me versait le jour au fond de mon enfer. Je m'élance, et je tombe, à ma première chute. Dans la loge d'un tigre avec lequel je lutte : Percé de ce poignard , son sang m'inonde à flot. Je l'étouff'e, et j'échappe à ce second cachot. Achevant en fureur d'agrandir à ma taille

i02 LE GLADIATEUn.

La brèche que sa griffe a faite à la muraille. Mais que puis-je à présent? que mourir avec toi !

FABSTISE.

Le tribun?

LE GLADIATEUR

À l'instant égorgé devant moi.

rAUSTINE.

Mes soldats, mes licteurs, mes esclaves?

r.E GLADIATEUR.

Qu'importe !

La populace est là qui rugit à la porte. Si tu franchis le seuil, tu tombes en ses mains; Et tu ne connais pas les plaisirs des Romains!

F.iUSTEVE.

Mais Flavien combat et saura la défendre ; Dans mon palais bientôt...

LE GLADIAT£ï»R.

Ton palais est en cendre.

FÂUSTI.NE, NÉODÉMIE.

Ciel!!!

LE GLADIATEUR

La révolte est prompte à courir vers ce lieu , Tu le sais , et de loin j'ai vu monter le feu...

FAUSTINE

Dieux! si mon fds... Courons...

LE GLADIATEUR

Tes yeux s'ouvrent, Fausline ; Du feu de ton palais le cachot s'illumine.

( FaDsUne et Niger font ensemble !e ieur de !a sct-ne pendant ces vers. )

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