ACTE V, SCENE VI
NÉODÉMIE.
Pourquoi?
FAUSTINE
Sa fui le est préparée...
LE GLADIATEUR
Et qui m'en répond ?
FAUSTINE
Moi.
LE GLADIATEUR
Ah! tu veux la sauver à présent, toi, marâtre ? La sauver de ce peuple et de l'amphithéâtre... La sauver de la mort... Hier, sous mon poignard, Tu le pouvais encore, aujourd'hui c'est trop tard! Entends-lu, c'est trop tard... Les prisons sont forcées. Les aigles des licteurs sont partout renversées : La révolte est partout... Oui, j'ai vu , de mes yeux. Grossir les flots hurlant du peuple furieux. Le flamine les guide au nom de la chrétienne.
FAUSTINE
O terreur !
LE GLADIATEUR , à Néodémie.
Ma prison n'est pas loin de la tienne... Arrachant de mes mains le grillage de fer Qui me versait le jour au fond de mon enfer. Je m'élance, et je tombe, à ma première chute. Dans la loge d'un tigre avec lequel je lutte : Percé de ce poignard , son sang m'inonde à flot. Je l'étouff'e, et j'échappe à ce second cachot. Achevant en fureur d'agrandir à ma taille
i02 LE GLADIATEUn.
La brèche que sa griffe a faite à la muraille. Mais que puis-je à présent? que mourir avec toi !
FABSTISE.
Le tribun?
LE GLADIATEUR
À l'instant égorgé devant moi.
rAUSTINE.
Mes soldats, mes licteurs, mes esclaves?
r.E GLADIATEUR.
Qu'importe !
La populace est là qui rugit à la porte. Si tu franchis le seuil, tu tombes en ses mains; Et tu ne connais pas les plaisirs des Romains!
F.iUSTEVE.
Mais Flavien combat et saura la défendre ; Dans mon palais bientôt...
LE GLADIAT£ï»R.
Ton palais est en cendre.
FÂUSTI.NE, NÉODÉMIE.
Ciel!!!
LE GLADIATEUR
La révolte est prompte à courir vers ce lieu , Tu le sais , et de loin j'ai vu monter le feu...
FAUSTINE
Dieux! si mon fds... Courons...
LE GLADIATEUR
Tes yeux s'ouvrent, Fausline ; Du feu de ton palais le cachot s'illumine.
( FaDsUne et Niger font ensemble !e ieur de !a sct-ne pendant ces vers. )