ALICE, ÉVERARD
ÉVERARD
C'est la VOIX d'un ami.
ALICE
Non, ce n'est plus sa voix.
ÉVERARD
Ainsi, vous me fuyez.
ALICE
Pour la première fois.
ÉVERARD
Vous me fuyez , Alice , après ma longue absence I Ce séjour, pour mon cœur plein de votre présence. Ne dit-il rien au vôtre? Avez-vous oublié
ilG LE CHÊNE DU HOI.
Qu'autrefois à mon sort votre sort fut lié ?
A mes plus tendres vœux restez-vous insensible?
ALICE
N'avez-vous pas rendu notre hymen impossible? Mon père, en ses devoirs toujours plus affermi , Voit en vous un rebelle et non plus un ami.
ÉVERARD
Mon amour...
ALICE
Votre amour! la preuve en est charmante: Ah! qui trahit son roi peut trahir son amante. Avez-vous pu , cruel, par l'erreur égaré , Me blesser dans l'objet qui m'est le plus sacré? Votre amour! j'y croyais aux jours de notre enfance; Lorsqu'au seul souvenir d'un prince sans défense , Vos douleurs répondaient à toutes mes douleurs; Quand nous pleurions tous deux sur les mêmes malheurs , Quand vous disiez : Alice, allons, sèche tes larmes, Bientôt je serai grand et je prendrai les armes, Pour défendre le roi, je me ferai soldat; Tu broderas son nom sur mon écharpe... Ingrat ....
ÉVERARD
Mon père...
ALICE
La discorde a divisé nos pères ; Mais faut-il que l'amour ait des partis contraires? L'amour ! il n'eut jamais qu'un vœu , qu'un sentiment.
ÉVERARD
Jejurp...