‹ Une soirée du Théâtre-Français, 24 avril 1841Chapitre 81 sur 125 · ALICE, ÉVERARD · texte numérisé non relu

ALICE, ÉVERARD

ÉVERARD

C'est la VOIX d'un ami.

ALICE

Non, ce n'est plus sa voix.

ÉVERARD

Ainsi, vous me fuyez.

ALICE

Pour la première fois.

ÉVERARD

Vous me fuyez , Alice , après ma longue absence I Ce séjour, pour mon cœur plein de votre présence. Ne dit-il rien au vôtre? Avez-vous oublié

ilG LE CHÊNE DU HOI.

Qu'autrefois à mon sort votre sort fut lié ?

A mes plus tendres vœux restez-vous insensible?

ALICE

N'avez-vous pas rendu notre hymen impossible? Mon père, en ses devoirs toujours plus affermi , Voit en vous un rebelle et non plus un ami.

ÉVERARD

Mon amour...

ALICE

Votre amour! la preuve en est charmante: Ah! qui trahit son roi peut trahir son amante. Avez-vous pu , cruel, par l'erreur égaré , Me blesser dans l'objet qui m'est le plus sacré? Votre amour! j'y croyais aux jours de notre enfance; Lorsqu'au seul souvenir d'un prince sans défense , Vos douleurs répondaient à toutes mes douleurs; Quand nous pleurions tous deux sur les mêmes malheurs , Quand vous disiez : Alice, allons, sèche tes larmes, Bientôt je serai grand et je prendrai les armes, Pour défendre le roi, je me ferai soldat; Tu broderas son nom sur mon écharpe... Ingrat ....

ÉVERARD

Mon père...

ALICE

La discorde a divisé nos pères ; Mais faut-il que l'amour ait des partis contraires? L'amour ! il n'eut jamais qu'un vœu , qu'un sentiment.

ÉVERARD

Jejurp...

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