CHAPITRE I
L'intervention chirurgicale s’adresse au point de vue plastique à toutes les hypertrophies de la glande, à toutes les ptoses mammaires.
On conçoit aisément la diversité d’états anatomiques que l’on rencontre, entraînant des variantes opératoires. Ainsi nous apparaît la nécessité d’une classification de ces formes anatomo-cliniques, pour éclairer la conduite à tenir. Ceci surtout pour les méthodes si diverses employées dès les débuts de Ia chirurgie plastique, et que nous étudierons succinctement, avec leur indication particulière suivant le cas considéré, pour arriver à la nôtre qui est « UNE » et s’applique à tous les cas.
Nous adoptons volontiers la classification du docteur Virenque, qui, repoussant la classification selon le degré de prolapsus sans aucun intérêt pratique, s’en rapporte uniquement à l’état de la glande et des
tissus, et distingue trois catégories
La ptose mammaire, L’hypertrophie mammaire,
La monstruosité mammaire.
Formes anatomo-clinique des ptoses mammaires
Sn.
et des hypertrophies de la glande mammaire, justi-
ciables de l'intervention chirurgicale :
1) LA PTOSE SIMPLE : Elle s’observe surtout chez la femme ayant allaité, chez la femme qui a maigri brusquement de plusieurs kilogrammes, et même chez la jeune fille vierge, dont les seins peuvent s’affaisser rapidement après la fluxion de la nubilité. La glande normale de volume, de consistance sous une peau facilement mobilisable, est plus ou moins ptosée. Un degré important de ptose n’enlève pas à l’in-
tervention son indication.
2) L’HYPERTROPHIE MAMMAIRE : Avec ou sans dégénérescence graisseuse est bien différente de la forme précédente et plus difficile à traiter, il faut le reconnaître, par les méthodes habituelles.
L’hypertrophie simple se rencontre chez la jeune fille : malformation, le plus souvent isolée, pas d’adipose généralisée. Elle s'accompagne d’un prolapsus plus ou moins important dû, simplement, au poids de la glande.
L’hypertrophie mammaire avec dégénérescence graisseuse se rencontre chez les femmes plus âgées. Ce n’est plus une malformation isolée. L’adipose est ici généralisée : Les seins volumineux sont fortement prolabés. Leurs téguments, non mobilisables, sont mal vasCcularisés. La nutrition des tissus est donc très
mauvaise. Cette forme est particulièrement dange-
RS er
reuse à traiter, comme nous le verrons, par les mé-
thodes à grands décollements.
3) L'HYPERTROPHIE VOLUMINEUSE, avec ptose, la véritable monstruosité où les éléments de la forme précédente sont au maximum. L'intervention trouve parfois ici ses seules indications pathologiques. Elle doit prévenir, en effet, la venue ou aider la correction dc ces scolioses compensatrices entraînées par de tels fardeaux.
C’est pour elle que Dartigues a proposé la mam-
mectomie pure et simple.