‹ Une tempete dans une baignoire piece en un acte, melee de chantChapitre 15 sur 24 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

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ROSAMONDE

J’y fus liorriblemont siftléc. (Elle fait son tic.)

J’en ai encore les deux oreilles émotionnées.

ROSAMONDE

Il n’v avait plus à balancer, il fallait quitter Paris et sa banlieue; je poussai jusqu’à Chàlons-sur-Marne, ville de garnison, où je jouai pour la première fois Zerline, dans Fra Diavolo.

ASPASIE

Comment, tu chantes?

ROSAMONDE

Je ne te dirai pas que je chante comme madame Desprez vent des navets, mais je déchire de la mousseline, comme on dit au Conservaloire. (Elle pousse ües sons de voJk en faisant son tic.) La la la ou !

ASPASIE

A Châlons-sur-Marne, attends donc!., j’ai cabotine dans ce chef-lieu... Tu devais avoir pour spectateurs...

ROSAMONDE

Public d’élite... Au parterre, Messieurs les élèves de l'ecolc des Arts-et-Métiers. Aux premières, toutes les autorités , hommes et femmes. Au second amphithéâtre, un détachement de zouaves et les sous-officiers du neuf do dragons.

ASPASIE

Réunion militaire et civile.

ROSAMONDE

Je ne peux pas te faire la description de mon second acte de Fra Diavolo dans la scène du déshabillé... C’était ça!.. J’ùte ma collerette, le receveur des contributions essuie les verres de sa lorgnette... Je détache mon corset, un sergent de zouaves me jette un bouquet... Je laisse tomber ma rôtie, agitation dans l’école des Arts-et-Métiers... Il ne me reste plus qu’un jupon, mouvement spontané du neuf de dragons... L’enthousiasme est à son comble, je suis couverte de fleurs, les bouquets se vendent quinze sous... Que te dirais-je? Deux mois après je quittai Chàlons, emportant dans une malle, les couronnes et les regrets de toute la garnison, dont les yeux étaient trempés de larmes. (Elle fait son tic.)

ASPASIE

Les zouaves sont si sensibles!.. Et depuis?..

ROSAMONDE

Depuis... j’ai fait une boulette; je me suis mariée!

ASPASIE

Mariée!

ROSAMONDE

Ne m’en parle pas!., un# toquade!.. Que n’ai-je suivi les conseils de ma pauvre mère, qui me disait toujours : « Ma fille, fais comme moi, ne te marie jamais ! »

ASPAS1E.

Et tu as épousé un bet homme?

ROSAMOSDE.

Peuh !

ASPASIE

Fais-moi la photographie de ton époux.

ROSAMONDE

Gn’hélasI

Air MOSAÏQUE.

Gantabile du Maçon.

Tiens, voilà, trait pour trait.

De sa gauche et triste personne.

Le vrai, le Adèle portrait.

Un peu flatté, mais très-complet.

Cavatine du Barbier.

Son nez bourgeonne.

Son vilain œil louchonne.

Oui, oui !

Et son pied-bot fait Cet effet.

Pour sa figure.

C’est vraiment une hure ;

Enfin, il est

Gros, gras, gris, laid !

Même en ménage.

En mariage.

On n’est pas laid {bis) comme cela !

x Si je m'amuse.

Si je l’abuse.

C’est bien sa faute à lui, oui-da !

On n’est pas laid comme cela! {bis.) Ah!

Motif de la Favorite.

Non, jamais.

Jamais l’Anglais N’aurait fait la conquête De mon cœur, de mes attraits.

J’aurais respecté sa tête...

Motif du septuor du Barbier.

O destin cruel! ô mariage! 6 liyménée !

Tète d’un époux, vous étiez née Prédestinée.

Et s’il est ce qu'il est,

C’est que, vraiment, ÜMîst trop laid!

Et c’est la faute à Lanlla,

Fia, fia, fia !

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