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coroient plaisamment du titre de premier commis de la guerre. »
+ Un peu plus tard, ce fut le tour d'un financier : « Il paroît constant, disent encore les Mémoires secrets, que M. Haudry de Soucy, Fermier général, fait une banqueroute décidée. M'e La Guerre n’y a pas peu contribué et n'a pas pris cet amant en traître. Elle lui a déclaré qu’elle ne lui donnoit pas plus de deux ans; elle lui a dit que l'exemple du duc de Bouillon de- voit l'instruire. Il n’a pas voulu en profiter; elle a travaillé en conséquence, et quand il n’a plus eu rien à lui donner, elle l’a mis à la porte. » À aucune époque, les femmes de théâtre n’affichèrent autant de luxe qu’au XVITTesiècle. Les exemples sont si nombreux qu'on n’a qu’à choisir au hasard. Commençons par M'° Deschamps, fille de l'Opéra et danseuse dans les chœurs, une des plus belles et des plus fameuses courtisanes de Paris, celle que Favart appelait « L'illustre Phryné de nos jours, la sublime
Deschamps. » Un procès scandaleux lPavait
Cie rendue célèbre, et elle avait été maîtresse du duc d'Orléans et de plusieurs autres, notamment de M. Brissart, fermier général, qui avait mangé avec elle plus de cinq cent mille livres: Mie Deschamps déployait un si grand luxe, qu’elle ne tarda pas à s’endetter, et, après avoir vendu ses diamants et porté son argenterie à la Monnaie « comme bonne citoyenne », elle prit le parti de faire vendre elle-même ses meubles et ses effets précieux. Cette vente, dont on parlait encore vingt ans plus tard, fut pendant quelques jours l'événement de Paris, et attira un concours extraordinaire de gens de distinction. |
1, Au mois d'octobre 1759 parut une déclaration du Conseil Royal invitant les bons citoyens à porter leur vaisselle à la Monnaie, vu la rareté du numéraire. Louis XV envoya près de cinq mille marcs d’argenterie à la fonte. M®e de Pompadour, le maréchal de Belle-Isle, le duc de Choiseul, les princes du sang et les principaux seigneurs voulurent suivre son exemple. La Dauphine voulait envoyer une toilette d'argent toute neuve et dont les façons coûtaient très-cher, mais le roi s’y opposa.
Des quantités énormes d’argenterie furent ainsi POS à la Monnaie pendant plus de six mois.
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Le 15 avril 1760 commença la vente des meubles, des porcelaines et autres raretés; la rue Saint-Nicaise, où demeurait la figurante, était remplie de carrosses des deux côtés : « On ne pouvoit pas y aborder. Il y avoit des suisses aux portes. On donnoit, sous la porte cochère, des billets aux gens qui paroissoient de distinction, pour entrer dans les appartemens. Il y avoit plus de soixante femmes, tant de la première qualité que de robe et de finance, lesquelles dans un autre tems n’auroient pas osé entrer dans cette maison. Les appartemens étoient si pleins d'hommes, seigneurs, cordons bleus et autres, et de femmes, que l'huissier ne pouvoit pas faire la vente et qu'il a été obligé de transporter la table dans la cour, pour que les curieux qui avoient réellement envie d'acheter eussent la liberté d'examiner. »
L'hôtel de la Deschamps, composé de dix pièces de plain-pied, était meublé avec une richesse inouïe : « Entre autres le salon de com-
pagnie à trois croisées est de toute beauté,
te étonne en y entrant par sa magnificence. Il n’y en a point de pareil à Paris. C'est un damas fond cramoisi à trois couleurs, et tout le meuble en canapés et fauteuils de même... Les bras et le feu de la cheminée sont de la dernière magnificence. Il n’y en a point de plus beaux ni d'un plus grand volume chez les princes ; les tables de marbre étoient garnies des plus beaux | vases de porcelaine; ».…. il y en avait de Saxe, « et de la manufacture de Sèvres, qui est celle ci-devant de Vincennes, dont il y a des morceaux admirables et très-chers.…... Cette vente a continué sur le même ton pendant huit ou dix jours. » | A
Il serait trop long d'énumérer tous les objets qui figuraient dans cette fameuse vente; cependant il n’en faut pas oublier un des plus curieux : il paraît que la Deschamps n'avait pas envoyé toute son argenterie à la Monnaie, s'il
en faut croire les Mémoires de Fayart puisque
1, Journal de Barbier.