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trat que plusieurs années après. Ce terrain était dc sept ou huit arpents en superficie, c'est-à-dire à peu près l'emplacement de l’église d'aujourd'hui ; et le donateur l'avait cédé “sans autres prétentions de sa part que de participer aux bonnes œuvres et dévotes prières qui se feront en la dite église !”
Connaissant la piété de M. Boucher, son zèle pour les œuvres pieuses, et la pauvreté des colons de sa seigneurie, il nous parait très vraisemblable que cette petite église ait été presque entièrement l’œuvre de sa générosité. Il nous est impossible de dire si c'est alors ou longtemps après cette époque qu'il changea lui-même de résidence et vint demeurer dans cette “ maison longue et étroite” dont on a conservé la description. Il parait assez certain cependant que ce fut en 1670.
De cette maison, il fit trois résidences ; lui-même habita dans la première avec sa famille ; il fit de l'autre la résidence du curé ou prétre desservant, tant que les modiques ressources des paroïssiens ne leur permirent pas de lui construire un presbytère ; dans la troisième il reçut la vénérable sœur Marguetite Bourgeois et ses religieuses, qui venaient
1 Cf, Notes et documents V,
chaque été enseigner le catéchisme et faire l’école aux enfants. Sa maison était donc, à la fois, le presbytère, l’école, le manoir.
Persuadé qu'il fallait plus que des secours humains pour se protéger contre les attaques des Iroquois, il s'enrôla avec les colons de sa seigneurie sous la bannière de Marie. “C’est à la pieuse ini- “tiative de M. Boucher, qu'est dû l'établissement “de la congrégation de la Sainte-Vierge. Lui- “ même fit bâtir, à ses frais, la chapelle des Congré- “ wanistes !. Il sentait, ce grand chrétien, qu'il “avait besoin de la protection du ciel pour réussir ‘“ dans l'établissement de sa seigneurie. Il compre- ‘“ nait que rien mieux que la dévotion à la Sainte- “ Vierge ne pouvait conserver les mœurs des colons “ qu'il avait choisis entre les plus honnêtes et les
“plus vertueux °”
M. Boucher fut lui-même le premier président
de cette congrégation. Sa ferveur lui donna un tel
1 Nous avons toutlieu de croire que la chapelle dont il est ici fait mention était celle du fort Saint-Louis. Nous ne voyons nulle part qu'il en existât une autre pour les premières réuniohs des congréganistes. C’est assez longtemps après la fondation que fut bâtie sur Le terrain des sœurs, la chapelle spécialement réservée à la congrégation,
2 Annuaire de Ville-Marie, troisième livraison, p.27?,
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élan, que nobles et colons se faisaient gloire d’être congréganistes, Son respect pour le curé de la paroisse et pour l'autorité religieuse en général, a été longtemps proverbial. Le curé ayant autorité et grâce d'état dans la direction de ses paroissiens, le seigneur de Boucherville était persuadé qu'on se fait toujours tort à soi-même en dépréciant ses jugements ou ses œuvres, et en fomentant l'esprit d’insubordination. De toutes les vertus dont il a donné l'exemple, cette parfaite soumission à son curé est celle dont l'influence s’est fait le plus longtemps sentir. Un siècle après lui, son arrière-petit-fils, plein de reconnaissance envers Mgr Plessis, pour le nouveau pasteur qu'il avait donné à Boucherville, témoignait dans une lettre à son évêque, une profonde vénération pour le clergé, et protestait que ce sentiment était aussi celui de tous les paroissiens, “cette grande famille, selon son expression, dont tous les membres ont toujours eu pour principe d'être les amis et les défenseurs de leurs curés.” Cet esprit de subordination a souffert quelques
exceptions, mais il est encore à Boucherville une tradition de famille,