‹ Une vieille seigneurie, Boucherville [microforme]Chapitre 26 sur 90 · LOUISE · texte numérisé non relu

LOUISE

la sœur jumelle de Jeanne, ne se maria point ?.

Toutes ces familles se propagèrent par une nombreuse génération. L'un des fils de M. B. de la Périère eut, de son mariage avec Charlotte Pécody, vingt enfants, tous baptisés, mariés et inhumés à Boucherville, à l'exception de sa fille aînée qui reçut la sépulture à Québec, et d’un de ses fils, qu'un historien compte au nombre des malheureux naufragés de l’Anguste *.

La Mère Saint-Pierre, entrée à l’âge de vingt ans chez les Dames Ursulines, en passa soixante-dix en religion, et eut le bonheur de voir, avant de mourir,

treize de ses nièces religieuses comme elle, deux de

1 Jacques est le nom du seizième enfant, d'après Mgr Tanguay et les registres de la paroisse, Il aurait été baptisé à Boucherville, en 1673, avec Jean-Baptiste son frère jumeau, et serait mort à l’âge de quinze ans,

2 L'Auguste est ce vieux navire équipé à la hâte, sur lequel furent forcés de s’'embarquer pour la France, après la cession du Cunada, plusieurs oflicicrs francais et canadiens, avec leurs familles, Le général Murray était ennuyé de voir ces soldats avec leurs uniformes et leurs épées : ‘ On ne distingue plus les vainqueurs des vaincus ! ” disait-il, Le vieux navire sombra, dans une tempête, sur les côtes du golfe Saint-Laurent. Quelques passagers échappèrent au naufrage et parvinrent aux habitations äprès d'incroyables raisères,

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ses frères et sept de ses neveux honorés du sacerdoce. L'un de ces derniers avait appris, encore enfant, son heureuse destinée, de la bouche de Madame d'Youville. “ Étant enfant, raconte Mlle de la Broquerie, j'étais allée dans la compagnie de ma mère, Clémence Ganeliu-Maugras de la Broquerie, avec &. ‘+imes cousins tout jeune alors, Jean-François Sabrevois de Bleury, visiter Madame d'Youville, ma tante. A :a fin de la visite, Madame d'Youville, regardant le jeune de Bleury, lui dit en le touchant légèrement sur l'épaule: Tu mourrus prétre mon petit bonhomme”. 1 fut durant quelques années aumônier des Dames Ursulines de Trois-Rivières, et il était curé de La Chenaïe, quand il mourut en 1803, au milieu du deuil de ses chers paroissiens }.

Le peu d'étendue de cet ouvrage ne nous permet pas de faire la notice historique de chacun des enfants et des petits-enfants Ge M. Pierre Boucher. Il faudrait puiser dans l’histoire de presque toutes les familles nobles du Canada: Nous les verrions, pour la plupart, remplir dignement-de

très honorables charges. Nous y verrions les off-

1 Histoire des Ursulines de Trois-Rivières,

ciers les plus distingués, comme de Sabrevois, défen- . dant, en 1700, avec MM. de Ramezay, de Montigny, de Ligneris, etc., le Canada envahi par les Anglais ; comme le chevalier de Niverville, qui gagnait la croix de Saint-Louis en contribuant en héros à la défaite de Montgomery ; comme le jeune et brave de Grandpré, capitaine à Saint-Domingue, et plusieurs autres,

Qu 1 nous suffise de dire un mot des fils aînés de

chacune des six générations des de Boucherville,

IT. Pierre B. de Boucherville fut pendant quelques années officier de haut grade dans l’armée ; mais il passa Ja plus grande partie de sa vie, à la culture des terres qui lui avaient été concédées près du lac Saint-Pierre, et de sa seigneurie de Boucherville, où il vécut près de soixante ans après son mariage |. Il épousa Mile Charlotte Denis, veuve du sieur Pierre du Pads, et fut père de douze enfants.

Quatre de ses filles se firent religieuses ; l’une consacra cinquante-quatre années de sa vie au sou-

1 Ces terres lui avaient été concédées en 1672, par l'Intendant Talon. Elles avaient trois quarts de lieue de front sur une lieue de profondeur, (Doçuments seigneuriaux, t. T, p. 88,)-

fen- ‘ lagement des malades, à l'Hôtel-Dieu de Montréal. gnY; René, le huitième fils de M. Pierre de Boucherville, Jais ; fut le chef de la famille distinguée, Boucher de la it la Bruère,.

s à la Parmi les descendants de cette famille, plusieurs brave se sont illustrés ; mais notre histoire conserve avec , plu- honneur, entre tous, le nom de M. René de la Bruëre, major du deuxième bataillon canadien à Châteaunés de guay, en 1812, héros digne de marcher à côté de M. rville, de Salaberry. Sa bravoure lui mérita une décoration de la reine Victoria, et deux drapeaux pour son t quel- bataillon : don gracieux de la princesse Charlotte,

armée ; alors future reine des Belges.

e, à la Un autre fils de M. Pierre B. de Boucherville, ncédées : Joseph, fut le père de l'illustre famille Boucher de hrie de la Broquerie. Un de ses petits-fils, Joseph-Ignace

s après de la Broquerie, épousa en 1798, Mlle Charlotte-

Denis, Sophie Boucher de Niverville de Montizambert,.

e douze Il eut le bonheur de compter parmi ses huit enfants, celle qui devint la mère de Mgr Taché.

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au sou- IL. Pierre B. de Boucherville succéda à son père, en 1740. Il épousa Mile Marguerite Raïimbault et

Intendant devint père de six enfants. Son fils aîné, dit

e Heue de l'auteur des Grandes Familles, “périt au siège de

Ali

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Québec.” Ce jeune officier combattait à côté de plusieurs membres de sa famille, quand sa bravoure l’entraina, à la tête de son régiment, sous ies balles de l'ennemi : il eut la gloire de tomber pour son pays, ante or patrum et sous les murs de notre vieille forteresse,

En 1740, la guerre devenant de plus en plus imminente de tous côtés, M. de Beauharnois, envoya M. Pierre B. de Boucherville à Niagara pour mettre ce fort en état de défense. Quoique déjà dans un âge assez avancé, il fit preuve en cette circonstance d'une activité toute juvénile. Vaillant et sans peur,

comme on l'avait toujours été dans sa famille, jouis-

sant d'une rare popularité due autant à son amour

de la patrie qu'à l'amour de tous les braves qui la défendaient, doué d'une volonté plus indomptable encore que l'indomptable vigueur de son corps, on le voyait le premier sur la brèche et aux travaux de fortification, simple dans son courage, toujours prêt à alléger les fatigues de ses compagnons, à partager les privations, les peines et les joies du bivouac.

Il'survécut plusieurs années à ses dernières expéditions, et mourut à Boucherville, en 1767, à l’âge

de soixante-dix:huit ans.

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