RESTAURATION DE L'ÉGLISE
Le 4 janvier 1877, le R. M. Lussier était appelé à l'évêché de Montréal, et le R. M. Joachim Primeau, quittant sa paroisse de Suaint-Patrice de Sherrington, venait le remplacer à Boucher viue.
L'esprit d'initiative, les talents en administration et les vertus sacerdotales du nouveau curé étaient déjà connus ; sa réputation l'avait devancé dans sa paroisse.
Connaître les ressources et les obligations de là fabrique, les dispositions des paroïssiens, les œuvres à entreprendre ou à parachever, fut pour lui l aire de quelques jours. On sentit dès lors que sa main allait diriger sûrement les affaires temporelles ; et l'on ne reconnut pas moins, dans l'exercice de son ministère, le zèle d'un vrai curé, une direction
spirituelle aussi éclairée que douce et charitable.
| appelé m Privice de vie.
stration étaient
dans sa
us de là œuvres il aire sa main elles ; et » de son direction
aritable.
Sa douceur ne fut pas sans fermeté cependant ; elle n’alia jamais jusqu’à la tolérance des abus. Av risque de déplaire à ceux qui sacrifient volontiers le bien des âmes à leurs plaisirs ou à leur gain, il réprima lenr influence et fit disparaître, tant qu'il put, toutes les causes du 1. Au respect qu'il inspira d’abord, se joignit bientôt l'estime de tous les honnêtes paroissiens.
Un de ses premiers soins fut de terminer les décorations de la chapelle du Sacré-Cœur, et de restaurer entièrement l’intérieur de l’église. Il les acheva l’une et l’autre telles que nous les voyons aujourd'hui.
L'église est en pierre ; elle repose sur les fondements de celle de 1801, suffisamment préservés, ainsi qu'une bonne partie des murs, de l'incendie de 1843, pour supporter la nouvelle construction. A l'extérieur, elle n’a rien de remarquable, si ce n’est cette aïmable simplicité et antiquité de forme, devenue pour nous presque historique, tant nous nous sommes habitués à la retrouver dans les vieilles églises qui s'élèvent sur les bords du Saint- Laurent,
Il faut avouer que ce style ancien a ses beautés.
Parlant de l'église de la Longue-Pointe et de celles
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qui lui ressemblent, —et de ce nombre est celle de Boucherville—un touriste dit dans ses Notes de voyage : “j'en ai admiré bien d'autres, maïs nulle n'a produit en moi une plus religieuse impression.” Ces murs modestement élevés sous le long toit aigu qu'iis supportent, ce portail presque tout entier en face pyramidale, surmonté de son clocher, svelte, unique comme le Dieu du temple et la foi des fidèles qui s’y rassemblent pour prier, tout cet ensemble a quelque chose de religieux et de national, précieux pour nous comme de vieux monuments, cher comme nos anciens souvenirs. La Bretagne, dit-on, nous en à fourni les modèles; presque toutes les églises de nos paroisses ont été bâties sur ce plan. Nous serions tentés de dire qu’elles ne sont pas sculement plus champêtres, plus bretonnes, plus canadiennes que les autrts, mais qu’elles ont même un air plus catholique. Sans beaurcup d'imagination on pourrait peut-être ajouter que, pour cette raison, le protestantisme, si souvent notre imitateur en architecture, n’a jamais imité ce genre. Personne ne peut s’y tromper, en effet, et même sans la croix qu'elles portent fièrement sur leur pinacle, le voyageur le plus étranger y reconnaîtrait des églises de
notre cuite.
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S SCUcanane un ation AÏSON, 1r en sonne Croix voya-
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APRÈS MIL HUTr CENT QUARANTE-TROÏS A l'intérieur,
l'église de Boucher fait jolie.
Les décorations 2'ont guées : elles sont dist au recueillement.
ville est tout à Pas été prodi-
ibuées avec goût et portent
Définir le Caractèr
e de son architectur pas facile :
Comme le grand nombre des églises de notre pays, son senre particulier semble ê de n’en avoir Pas. On di tectes ne sont satisfaits, dans un même édifice,
e ne serait
tre celui ait que certains archiqu'après avoir ébauché,
les traits de tou
S les genres connus et Imaginés,
Pourtant, en dépit de ce mé
et de plusieurs irréo détails et le
lange d'ordres divers ularités, l'église plait par ses caractère pieux de l'ensemble. Elle a assez plu à M. Landry, rédacteur par
intérim du Canadien, pour
lui faire écrire, en 1882: « A l'inté-
rieur, c'est un vrai bijou que l'église de Boucher-
ville,”
Sa longueur est GU. La nef forme monté d’un jubé à
‘tune vingtaine de
de 150 pieds, sur une largeur de une Croix, dont le pied est SseZ grand pour conte
bancs. Les galerie sont destinées aux élève
L’eutel latéral, Saint Louis de Gon
surnir l'orgue s du transept S du couvent,
du côté de l'épitre, est dédié à
Zague ; et tout auprès, esb placée
la statue de Notre-Dame de Pitié. A l’autre autel latéral est attaché un des plus riches privilèges dont Jouisse cette église: l’affiliation à Notre-Dame de Lorette. On peut en lire le diplôme, encadré et suspendu à côté de l’autel. Il a été obtenu en 1871, par M. le chanoine Lussier, et porte la signature du cardinal Antonelli. Cette affiliation permet à tous ceux qui remplissent les conditions requises, de gagner toutes les faveurs spirituelles que gagnent ceux qui visitent, à Lorette, la sainte maison de la mère de Notre-Seigneur.
Le maitre-autel est en bois doré, sculpté avec ornementation d’arabesques. Il est relativement petit et élégant ; on y voit un magnifique crucifx en ivoire, apporté de Rome par sir Louis-Hippolyte Lafontaine, et donné par ce grand patriote à l’église
de sa paroisse natale, en témoignage de sa recon-
naissance et de sa foi. û
Au-dessus de l'autel apparaît, s’élevent jusqu'à é
l'abside, un grand tableau un peu sombre, où l'on c
reconnaît, à travers des tons opaques et lourds, les | P: personnages de la Sainte-Famille. sa
Deux baïes ont été pratiquées sur le chœur, et de
: leurs vitraux coloriés produisent dans le sanctuaire, su
sous les rayons du soleil, les jeux de lumière les
autel
s dont ne de lré et 1871, ature met à ses, de gnent
de la
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eur, Et tuaire,
re les
APRÈS MIL Hurr CENT QUARANTE-TROIS 261 plus variés. Dans l’un, l'artiste a peint, en coulerirs Voyantes, N otre-Seigneur : Jesus Salvator Mundi ; dans l'autre, la sainte Vierge
avec l'inscription :
Ave Maria. Entre les y
itraux et deux niches pra.
S, et portant Jes Statues de la saint Joseph, pendent à la mu-
tableaux, le Premier de Jésus
crucifié, le second de saint Pierre
faits, l’un et l ?
tiquées dans les mur sainte Vierge et de
raille deux autres
aux liens, bien autre, mais Surtout le qd exciter autant l'admir
piété des fidèles.
ernier, pour ation des connaisseurs que la
Les boiseries et les murs du chœur
de quelques bas-reliefs et méd les armes pontifical
Sont décorés allons, représentant es, les symboles de lé
Piscopat et quelques autres sujets
allégoriques,
Huit grandes Statues forment Je
Principal décor des deux côtés de la nef.
Elles sont placées à égale distance au bas de Ja Corniche, où naît le cintre de la voûte, adossées au mur et supportées par des culs-de-lampe. Celle de saint Pierre et de saint Paul se font face, placées l’une et l'autre près des angles du transept, A droite, + suite, celle de saint Louis, de
de sainte Philom ne,
iennent } la saint Francois d Assise,
faisant aussi face À leurs vis.
à-vis: saint Charles Borromée, saint Benoît et sainte Thérèse.
Une rosace représente en très-bas-reliefs, au sommet de la voûte, trois cœurs entourés d'anges ; une autre porte les symboles des trois Personnes de la très sainte Trinité, lançant, dans une auréole d’or, des gerbes de rayons lumineux. Quelques autres reliefs dorés, croix, anges, cœurs, étoiles, peints de diverses couleurs sur un fond d'azur, complètent l'ornementation de la voûte.
Parmi ces peintures décoratives, l’une d'elles attire particulièrement l'attention, moins par sa valeur artistique, que par le sujet qu’elle retrace : c’est un hommage à la Vierge, Étoile de lu mer. Au milieu des vagues soulevées par un vent de tempête, une barque légère, perdue dans le lointain d’un sombre horizon, semble sur le point de naufrager. Sur le rivage, une croix se dresse dans un jour tranquille et radieux. Le cœur de Marie y brille comme l'étoile des cieux, et en le voyant les naufragés guident leur barque vers cette croix, port de salut.
L'église, fermée aux exercices du culte durant les quelques semaines que dura cette restauration, fut rouverte le 26 novembre 1879, jour où Mgr Laflèche
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famille Pieuse, et elles compte beaux ornements de l'église 1 de la Passion ÿ Sont re d'aspect qui touche VEUX, sous de vive
des Souffrances du
r'sonnages C'une sincérité
mettant devant les S Couleurs, les scènes émouvantes Sauveur,
Après cette restau
ation Complète, les villois ont peu de
raison d'env des églises Voisines : ]
Cependant, ce qui à été plus l'œuvre du R. M. Primeau et fait naître son goût, c’est ]
aussi artistique
Boucherier la Magnificence a leur est digne de leur piété, Particulièrement davantage conuCtion d’un baptistère, au dans le pays.
tite rotonde s’ouv Ce qui frappe tout d’ sont des sujets sculptés, fresque, l'appelant le saer scènes évangéliques,
à Constr
que nouve
Il forme une pe rant sur la sacristie, abord en entrant, ce OU peints sui:
ement de baptô
toile, ou à me ou des
1 Nous énumérons, des familles qui en ont fait prés lamilles Aubertin, Sicotte, L
dans l'ordre des Stations clles-mênies, les ent ; les cinq Premières sont dues aux aChapelle, H. Dulude et Robert : Ja Vie aux dames veuves Viau ct Jodoin : les autres, aux familles Bénard, Jodoin, O.-I, Robitaille, Desmarteau, L, Lacoste, C. B, de Boucher. ville et Lapointe, Le donateur de la Ville Station a voulu demeurer MConnu,
noms
A l'opposite de la porte d'entrée, est un autel dédié à saint Jean-Baptiste ; il est surmonté d’un tableau, représentant, dans son humble vérité, le baptême de Notre-Seigneur.
Faites mouvoir cette légère poulie, près de la fenêtre, à gauche : voilà que monte jusqu’à la voûte, le voile ouvré qui recouvre les fonts baptismaux. C'est toujours une agréable surprise d’apercevoir soudain, porté sur un élégant piédestal et sur un faisceau de colonnettes, ce grand vase étincelant de dorure, aux bords rerourbés en volutes, ou délicatement ciselé en forme de dentelle, et dont le couvercle hémisphérique porte à son sommet les statues, sculptées sur bois, de Notre-Seigneur et de son divin Précurseur lui conférant le baptême.
Au moyen d'une poignée d'ivoire, on fait glisser ce couvercle sur deux lames d'acier, et l’on a sous les yeux un bassin en marbre et les autre vases servant aux cérémonies baptismales.
Le pourtour de l’abside porte, à fresque, huit sujets relatifs à la vie de Jésus-Christ. Ce sont les plus jolis spécimens du pinceau de MM. Lavoie & Beaulieu. Peints d’après des photographies, que M. le curé avait apportées de Jérusalem, ils ont le mé-
rite d’une grande fidélité de copie. Ceux qui ont
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0 je)
n autel té d’un rité, le
de la x voûte, smaux, Trcevoir sur un lant de délicale cou- 1iet les r et de 1e, glisser a sous
vases
e, huit ont les voie & que M.
le mé-
jui ont
eu le bonheur de voir les Payages eux trouvent une ressemblance qui étonne, Juge en peinture, y trouverait peut-ê des restrictions : i] critiquerait les ty tées du dessin, do Pérmettent pas as librement.
“mêmes, y Un artiste, tre matière à
‘ansitions heur-
nt les Couleurs et les Contours ne
sez à la vie et à l'air
d'y circuler Il désirerait moins de
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t une touche plus légère, Mais qui jamais pu satisfaire des dé
hasardés e
sirs d artistes 2 En dépit de ces exigences su osées, la voûte ne laisse pas d'être élé jante, et le ba tistère n’en de- Ineure pas moins Je modèle et le
chef-d'œuvre du genre en Canada,
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