‹ Une visite à Bedlam comédie en un acte, mêlée de vaudevillesChapitre 10 sur 23 · LE BARON , ALFRED · texte numérisé non relu

LE BARON , ALFRED

le baron , à part.

Ses respects I . . . c'est un garçon fort honnête , que mon neveu.

ALFRED,

C'est au docteur Willis, que j'ai l'honneur de parler ?

LK BARON

Monsieur . . .

ALFRED

Voici une lcurc qui vous est adresée j daignez , je vous prie , en prendre con naissance.

lr baron , à part.

Je pourrais m en dispenser ! . . . {haut. ) Hum ! . . . hum ! . . . On m'engage à vous faire voir l'intérieur delà nouvelle maison de Bedlam. . . . Monsieur, vous n'aviez pas besoin de recommandation. . . un gentilhomme tel qi?e vous est toujours sûr d être bien reçu. . . Je suis fâché cependant que vous veniez aujourd'hui , nous avons plusieurs parties de l'établissement qui ne sont pas visibles. . . et je ne puis même que dans un instant vous conduire dans l'intérieur de la maison. . .

ALFRED

Comment donc, Monsieur , je suis à vos ordres , et j'attendrai tant qu'il vous plaira. . . Vos jardins seuls méritent d'être vus ... il y règne un godt, une variété 5 en honneur, j'en connais peu d'aussi beaux.

lb b*hon , à part.

S'entendre dire cela à soi-même I un propriétaire ! . . . c'est charmant l

Air du Ferre.

A toa fous il ne masque rien , Us sont les plus heureux du monde j En France on les traite moins bien :

Chez nous pourtant l'espèce abonde !

Que j'aime ces ombrages frais !

Ab ! si chez vous , je le confesse , La Folie habile un palais , Comment loge-t-on la Sagesse?

On doit se trouver trop heureux de passer sa vie dans un séjour semblable. Parbleu ! vous devriez bien me permettre de m'y établir ?

LE BARON

Y pensez-vous ? nous n'avons ici que des gens dont la tête...*.

ALFRED

Eh ! bien , justement!. . . je vous jure que je ny serais pas plus déplacé que beaucoup d'autres.

LE BARON

Auricz-vous par hazard quelques chagrins?

C'est selon , vovpz-voiis si j'y pensais, j'en aurais de

trcà-grands. . . . Tel que vous me voyez , je *ui» marié. . . .

vous ne tous en douteriez pas, ni moi non plus. Une femme charmante qui m'aurait fait mourir de douleur , si je n'y avais pris garde.

LE baron.

Vraiment »... * et où est-elle en ce moment ?

ALFRED

Vous allez rire. . . vrai. . . je n'en sais rien. ... je présume cependant qu'elle est à Paris au milieu des plaisirs et des adorateurs. . . nous sommes brouilles à mort. . .Une légèreté., un caprice. . . ce serait trop long à vous raconter. D'ailleurs tout est fini ... je l'ai juré !

LE BARON

Vous l'avez juré !

ALFRDE.

Oui ; Monsieur ! . . . . Cependant j'ai fait les avances. . . j'ai écrit , on ne m'a pas répondu. ... ma conscience est tranquille.

LE BARON

Et. vous ne fîtes pas de reproches ?

J'en eus d'abord envie .... mais c'est déjà si singulier d'être mari ! . et puis un mari qui se plaint . . comprenez-vous ? on en voit par- tout ! soit dépit , soil amour-propre, je préférai une vengeance plus digne de moi. . . . J'allai au bal. . . je me lançai dans toutes les sociétés , il faut bien se faire une raison î C'est ce que je me dis depuis un an î aussi les voyages, les bals > les concerts , les spectacles , je ne sors pas de là. . . enfin , monsieur, vous voyez l'homme du monde le plus malheureux I

LE BARON

Croyez , monsieur , que je compâtis bien sincèrement. . (à part. ) Allons , je- m'en doutais , ce n'est qu'un étourdi.

Page 1