‹ Une visite à Bedlam comédie en un acte, mêlée de vaudevillesChapitre 13 sur 23 · ALFRED, CRESCENDO · texte numérisé non relu

ALFRED, CRESCENDO

CRESCENDO

Me sera-t-il permis de vous présenter mes respects?... Combien nous devons nous tenir honorés d'oune semblable

visite I

alfr^d , le regardant.

Voilà bien la figure la plus originale ! Qui diable reconnaîtrait LN un chancelier? {Haut.) C'est moi , Monsieur, qui suis trop heureux de faire connaissance avec un aussi grand talent.. . Vous dites que vous vous appelez?...

CRESCENDO

Il signor Crescendo.

Ma foi , signor Crescendo , je trouve bien étonnant que l'amour de la composition vous ait fait tout-à-fait oublier vos anciennes fonctions.

crescendo.

Non pas... je me rappelle... j'ai été chef d'orchestre à

Turin, et maître de chapelle h Florence... Mais l'intrigue,

la cabale... Bah ! à quoi bon les places ? Vive le vrai corapo-

sitor , l'artiste indépendant qui n'obéit qu'à son génie.

Air : Vauà. du Jaloux malade»

Quel art plus noble et plus sublime !

Qui sait chanter doit tout savoir :

La nature à sa \oix s'anime , Et tout reconnaît son pouvoir !

Les morts s'élancent de l'Erèbe ; Et ce fut jadis un rondo Qui fit bâtir les murs de Thèbe , Et tomber ceux, de Jéricho.

ALFRED

Ah ! ah ! ma foi , il est très-amusant!

CRESCENDO

A propos de cela , mon Prince . . .

ALFRED

Me voilà prince , à présent.

CHESCENDO»

J'oubliais de vous cbanter mon grand air :

Crudel tvran... ah ! ah! ah! ah!

Mettez-vous dans la situation... C'est le jeune héros qui inaiche au supplice... et qui, avant de monter àTéchafaud, commence en mi bémol . . .

Ahlahîahlah!

ALFRED

Le morceau me parait déjà bien placé î

CRESCENDO

C'est que je vois que vous ne connaissez pas mon opéra. Que c'est heureux pour vous ! je mVn vais vous le chanter. . . Il est en répétition , dans ce montent , au grand théâtre de Londres... C- n'est pas sans peine ! des passe-droits , des injustices , quinze mois à l'étoude... ça ne serait pas pire à Paris. L : ouverioure. . . maestoso !

Tra, la, la , la, la , ira, la, la, la, la..

Et l'oboé qui se fait entendre.. .

Pon, pon, pon, pon, pon, pon...

Mais quand j'y pense . . . quePe idée ! . . . ah ! mon Prince î si ce n'était pas abouscr des bontés de Votre Altesse... je lui demanderais...

Vous n'avez qu'à parler ?

CRESCFHDO.

D'accepter la dédicace de mon opéra.

ALF .ED

Avec plaisir!... C'est servir la cause des baux-arts que d'être utiîe à un compositeur aussi distingué!

CRESCENDO

Ma fortune est faite!

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