‹ Une visite à BedlamChapitre 15 sur 27 · SCENE XL ALFRED, LE BARON · texte numérisé non relu

SCENE XL ALFRED, LE BARON

Ah! ah! ah! j'avoue d'abord que je le plaignais.... Mais,

ma foi, je n'ai pas pu y résister Ce pauvre chancelier!

savez-vous que c'est un fou très-divertissant ?

LE BARON

Tous allez en voir bien d'autres : venez.

, (On entend un prélude).

ALFRED

Ecoutez donc.

Amélie, en dehors.

AIR : Combien j'ai douce souvenance.

Il est parti loin de sa mie, Loin du beau ciel de sa patrie; Mais en vain l'ingrat tous les jours

M'oublie, Serai fidèle à mes amours,

Toujours.

Alfred, avec émotion.

Quelle jolie voix!

LE BARON

' Chut! c'est notre jeune comtesse Venez de ce côté;

gardons-nous de la troubler.

ALFRED

Un instant , je vous prie.

Non pas; c'est l'heure de sa promenade. Elle aime à être seule, et nous respectons sa douleur.

alfred, regardant vers la droite.

Oui.... elle s'avance dans cette allée.... elle s'arrête.... a sa démarche et à sa taille , je parierais qu'elle est charmante.

LE BARON

C'est le mot. Une femme bien estimable et bien à plaindre, qui a eu le malheur d'épouser un mauvais sujet.

ALFRED

Voyez-vous cela!

LE BARON

Et à qui la mauvaise conduite de son m^ari a fait perdre la raison.

ALFRED

Tous m'avouerez que c'est indigne.

LE BARON

Oui , monsieur , elle est folle d'amour.

ALFRED

Ah! pas possible (Dans ce moment, Amélie paraît

dans le jardin du fond-, elle ouvre la grille, et vient s'asseoir sous le saule). Je vous en supplie, laissez-moi lui parler.... Pauvre petite! folle d'amour!.... Et vous dites qu'elle est jolie.... Je ne la dérangerai pas de sa promenade \ mais permettez-moi de la voir.

Songez donc que mon devoir me réclame.

ALFRED

Eh bien ! cher docteur , ne vous gênez pas ; faites vos affaires.... Je vous rejoins dans l'instant.

(Il pousse le baron dehors par la gauche y

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