‹ Une Visite a GavrontzyChapitre 9 sur 10 · Marie Baschkirtzeff, Journal · texte numérisé non relu

Marie Baschkirtzeff, Journal

U UNE VISITE A GAVRONTZY

après la tourmente de sa vie, y accorder à son âme inquiète le repos éternel.

Descendons de l'église de Gavrontzy vers la Vorskla, par la jolie avenue qui y accède. Le cresson de fontaine (si peu connu en Russie) pousse sur les bords de deux grandes mares où s'ébattent des canards, des canards de Rouen tout à fait authentiques. Ensuite, ce sont des prairies à perte de vue, de gras pâturages, coupés par des bosquets surmontés d'arbres vénérables; là sont installés les élevages de faisans. Et enfin, c'est la rivière, mollement étendue dans son lit de sable blanc. Elle déborde au printemps; mais telle que nous la voyons en automne, elle n'est pas grande, comme dit un dicton petit russien, et elle ronge ses bords. Ainsi que beaucoup d'autres rivières, elle tend à perdre en profondeur et à gagner en largeur. Rien n'est plus pittoresque que le spectacle de la pêche telle que la pratiquent les gens du pays. Chaque homme est monté sur une barque creusée dans un tronc d'arbre; il la dirige à l'aide d'une longue perche. En les voyant manœuvrer si adroitement pour tendre et retirer leurs filets, je pensais aux valeureux zaposogues aussi hardis sur l'eau que sur la terre. Le poisson abonde dans la Vorskla. Le comte Dimitri Gherémétetf m'énuméra dixsept sortes de poissons dont il a constaté la présence sur sa propriété1.

Au plaisir de la pèche, on peut joindre celui de la chasse. En somme, la Petite Russie principalement clans ses régions acciden-

(1) En voici l'énumération :

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