‹ Une visite aux ruines du château de MontaigneChapitre 1 sur 2 · DEC 3 I8S · texte numérisé non relu

DEC 3 I8S

La Gironde a publié le récit du déplorable incendie survenu tout à coup au château de Montaigne, le soir du 12 janvier i885. En quatre heures, et malgré les secours arrivés de tous les bourgs et villages des environs, les flammes, animées par un grand vent du nord, ont anéanti cette résidence si éminemment historique. Tous les détails de cet événement ont été reproduits par la presse, et les tristes restes qu'il a laissés, habilement photographiés par M. Terpereau, excitent à Bordeaux une douloureuse curiosité. Cependant, malgré la fidélité des épreuves photographiques (*), revoir le château de Montaigne, dont le nom seul éveille de si grands souvenirs, était, après la désolante catastrophe, un but d'excursion doublement motivée. D'ailleurs, rien de plus facile que de s'y

(^) Elles reproduisent la façade méridionale s^élevant à Tintérieur de la cour d'honneur, et la foçade septentrionale donnant sur la terrasse. A ces deux vues d'ensemble du corps principal du château, M. Terpereau a joint deux reproductions de la célèbre tour dite de Montaigne.

rendre, maintenant, par le chemin de fer de la vallée de la Dordogne.

De la station de Lamothe-Montravel, où Ton doit ^ s'arrêter, le trajet jusqu'au château est une charmante promenade de trois kilomètres au plus.

Le chemin à suivre, légèrement montueux, très aiséj va serpentant au milieu d'une gorge solitaire, bordée de massifs d'arbres, de vignobles et de prairies plantées, çà et là, d'aulnes (*), qui indiquent un terrain plein de fraîcheur.

Au deuxième kilomètre, on arrive sur un plateau d'où se découvre une vaste campagne et devant soi, à gauche, le petit bourg de Saint-Michel-de-Bonnefare (*), avec sa vieille église entourée de quelques maisons si bien groupées qu'il faut ne pas avoii; un album dans sa poche pour s'abstenir d'en faire un croquis, si mauvais dessinateur que l'on soit. En arrière de Téglise est une garenne qui dérobe la vue du château ; seulement, en février,

Quelques feuilles jaunies.

Tombant isolément des cimes dégarnies,

permettent d'apercevoir le faîte des cheminées; puis, sur la droite, un moulin dépourvu de ses ailes, et, tout près, la vieille et grosse tour, si chère au philosophe, et dont il disait :

«'Je passe là la plupart des jours de ma vie et la plupart des heures du jour. »

(*) Vernes ou vergnes, comme les appelait un contemporain de Montaigne. Bernard de Falissy.

C) Canton de Vélines, arrondissement de Bergerac, département de la Dordogne. Aujourd'hui, Saint-Michel-de-Montaigne, en raison de la célébrité de ce dernier nom.

Mais, avant d'entrer dans l'avenue du château, il ne faut pas omettre de visiter Téglise Saint-Michel, qui, malgré les restaurations faites en i863, présente beaucoup d'intérêt. Son portail du douzième siècle, sobrement ornementé, fortement en saillie sur la façade, son abside circulaire, son clocher découronné, s'élevant à l'entrée du chœur (*); à l'intérieur, sa coupole sur pendentifs, révèlent l'influence de cette vieille école d'architecture périgourdine, dont Saint-Front de Périgueux doit être regardé comme le prototype et la plus belle expression. Cette constatation est tellement évidente qu'il y aurait lieu d'être surpris que plusieurs archéologues, après Félix de Verneilh, bien entendu, n'en aient déjà fait la juste remarque.

Et puis, il est bon de rappeler que dans cette modeste église reposent les restes du père de Montaigne, comme le dit lui-même son illustre fils : « L'an .i568 [le i3 juin], mourut mon père, et fut enterré à Montaigne au tombeau de ses ancêtres (2). » Vingt-quatre ans plus tard, en 1592, le cœur de l'auteur dts Essais fut déposé en l'église Saint-Michel*

(*) Ce clocher contient une cloche portant le millésime i63o et les noms de Louis de Lur (mari de la petite-fille de Michel de Montaigne), parrain, et de Marie Gounbaut, marraine, laquelle avait été tenue sur les fonts baptismaux par Gaston de Foix de Gurçon. (Note de M. Tabbé Espi nasse, curé de Saint-Michel.)

M. Jules Delpit possède une vue de ce clocher, couronné de hourds, dessinée par Lacour père, vers 1789.

(') L'exagération de ces derniers mots a été constatée par M. Alexis de Gourgues, en i855, dans les Actes de V Académie de Bordeaux; d'après les recherches de M. Th. Malvezin, publiées en 1875, Ramon et Grimon Eyquem, le bisaïeul et l'aïeul de Montaigne, furent enterrés dans Téglise Saint-Michel de Bordeaux. La similitude des deux vocables a sans doute amené cette confusion dans la mémoire de Yondoyant philosophe.

de-Bonnefare et son corps enseveli dans da chapelle des Feuillants de Bordeaux. A défaut de la vieille épitaphe disparue, si tant est qu'il y en ait jamais eu une, soit sur la pierre tombale qui se voit à Tentrée du sanctuaire, soit ailleurs, pourquoi de pareils faits historiques ne sont-ils pas rappelés dans l'église? Par notre temps d appositions de plaques commémoratives. Saint- Michel a le droit de revendiquer la sienne (*).

Ces réflexions énoncées, arrivons au but de notre excursion par l'avenue, bordée de jeunes sapins, de cèdres, de noyers et d'acacias, qui a remplacé l'ancienne allée de lauriers. A peine a-t-on franchi la porterie que la façade méridionale du château se présente dans un état complet de dévastatio.n : ni parquets, ni planchers, ni toitures, ni portes, ni fenêtres n'ont pu résister aux flammes; seuls, les gros murs enfumés,

(*) Depuis l'insertion de cet article dans la Gironde littéraire et scientifique, du 8 février, des notes, obligeamment communiquées par M. l'abbé Espi nasse» nous permettent de rectifier et de compléter ce paragraphe.

La plate-tombe qui se voit à Pentrée du sanctuaire est celle de Pabbé Carbonnière, docteur en théologie, curé de la paroisse, et inhumé dans les dernières années du dix-huitième siècle. La sépulture de Pierre Eyquèm serait le long du mur septentrional, entre les deux piliers de la travée du clocher, où se trouve actuellement la chaire.

Des fouilles pratiquées dans les diverses parties de l'église ont permis de constater les points précis de diverses inhumations mentionnées dans les vieux registres paroissiaux; mais les recherches faites jusqu'à présent n'ont pas amené la découverte du petit vaisseau contenant le cœur de Michel de Montaigne. Sur l'autel majeur, au-dessous de la boiserie, a été placée anciennement, comme table d'autel, une dalle tumulaire, sur laquelle, d'après M. l'abbé Espi nasse, serait le nom de Pierre Eyquem,

rougis, calcinés, sont restés debout, menaçant ruine. La plus grande prudence s'impose donc aux visiteurs qui se hasardent à traverser cette monumentale demeure, aux flancs percés à jour, aux ouvertures béantes à tous les vents, aux combles effondrés et qui maintenant laissent sans appuis, hors d'aplomb, de hautes cheminées, des pignons, des lucarnes, dessinant sur le ciel de fantastiques silhouettes. L'embrasement de ce château, en pleine nuit, entouré de sauveteurs impuissants, devait être un spectacle grandiose et navrant à la fois. Et cependant, au milieu du désarroi général, les figures de deux grands génies sont restées spectatrices impassibles de ce désastre: Homère et Virgile, dont les bustes en marbre sont encore placés dans des niches qui décorent la façade nord de la nouvelle bibliothèque, annexée par M. Magne au corps de logis principal.

En rappelant le nom de M. Magne, ancien ministre des finances sous Napoléon III, acquéreur du château de Montaigne vers la fin de iSSg, disons que c'est à lui que ce domaine historique devait sa restauration et son agrandissement; mais il est juste de déclarer aussi qu'il ne faut point lui reprocher d'avoir dénaturé l'état ancien du château. Depuis longtemps les précédents propriétaires s'étaient chargés de le modifier en mal; M. Magne, au contraire, l'avait considérablement transformé en mieux, avec un luxe de créneaux, d'archères, de mâchicoulis et d'élégantes lucarnes, qui auraient fort esbahi Montaigne, revenant en son doux chez-lui. Du reste, s'il est fort difficile, en l'absence de plans et de dessins des seizième et dix-septième siècles, de rendre l'aspect et les dispo-

lO -ir

sitions de la maison, telle qu'elle existait après les constructions de Pierre Eyquem, on peut aisément afRrmer que, depuis bien des années, la main des hommes, plus que les injures du temps, avait altéré son caractère primitif.

Après tout, ces modifications étaient fatalement amenées. Notre manière de vivre change si promptement que nul ne trouve propre à ses usages et à son goût une maison construite il y a moins de cent ans. De nos jours, le moindre parvenu s'accommoderait fort mal d'une gentilhommière du dix-huitième siècle. Dès lors, doit-on être étonné qu'un ministre des finances, possesseur d'un château et voulant le faire restaurer dans le style moyen âge, tout en conciliant les exigences des habitudes modernes, se soit laissé entraîner à des faiitaisies d'archéologue, ou ait mis sa confiance dans l'érudition architecturale d'un disciple de Yiollet-le-Duc? Si donc, comme on en parle déjà, le château doit être reconstruit, il est à craindre que ce qui se voit encore du vieux logis, particulièrement les bases des deux tourelles, soit sur le point de disparaître à jamais; ce qui restera d'ineffaçable, ce seront les souvenirs de la maison de Montaigne (*).

A propos de cette ancienne demeure qu'on a tou*' jours désignée sous le nom de château, nous ferons observer que cette maison féodale était simplement un manoir, c'est-à-<lire « une maison de campagne suffi-

(1) Pour se convaincre des changements apportés dans les dispositions du château de Montaigne depuis vm demi-siècle^ il suffira de comparer les photographies de Tétat actuel, par M. Terpereau, avec les dessins que nous indiquons dans une table iconographique.

» samment fermée pour être à Tabri d'un coup de 9 main tenté par quelques aventuriers; elle ne piéten*- » dait pas résister à un siège en règle...

» ... Ce caractère de construction se conserva jus- » qu'au quinzième siècle, alors même que le manoir » essayait de ressembler au château (*). » Cette définition est en parfait accord avec la peinture si vraie faite par Montaigne, le premier et le plus sincère historien de sa maison, comme il l'appelait tout bonnement... « La mienne estoit forte selon le temps quelle » fut faicte : je n'y ai rien adjousté de ce costé-là, et ncraindrois que sa force se tournast contre moy- » mesme...

» De tout temps libre, de grand abord et officieuse à » chascun (car je ne me suis jamais laissé induire d'en «faire un outil de guerre)..., et j'estime à un mer- » veilleux chef-d'œuvre et exemplaire, qu'elle soit » encore vierge de sang et de sac, soubs un si long » orage, tant de changements et agitations voisines. » (Essais, liv. II, chap. xv; liv. III, chap. ix) f).

De ces citations, il ressort clairement que c'est aux dépens du caractère du vieux manoir qu'on a élevé si haut la grande tour en la transformant en donjon, fortement hérissé de défenses. Que cela fasse bien dans

(*) Dictionnaire raisonné de V architecture française du onzième au sei!çième siècle^ par M. Viollet-le-Duc, t. VI, p. 3o3. La requête de Pierre Eyquem, père de Michel de Montaigne, présentée en i554, pour la reconstruction de son « repaire noble n^ à Tarchevéque de Bordeaux, seigneur temporel de la juridiction de Montravel, justifie les dernières lignes de M. Viollet-le-Duc.

(') Et cependant n'eut-il pas, en i585, « les ennemis à sa porte?» a D'austres part les picoreurs, pires ennemys, non annis, sed vitiis certatur, » (Essais, liv. III, chap. xii.)

le paysage* mon Dieu, tout le inonde en conviendra, xar la situation de Montaigne, comme son nom l'indique (*), est véritablement admirable. De la belle terrasse, avec galerie à balustres du dix -septième siècle, se développant en avant de toute la façade nord, Tœil découvre un de ces larges horizons « dont rimmensité fait la solitude, » a dit quelque part Jules Sandeau.

La vue embrasse un cercle de quarante kilomètres au moins, dans lequel s'éparpillent de nombreux villages et bourgs et des castels en ruines, distants de Montaigne d'une à deux lieues à vol d'oiseau. Sur la droite s'étendent les collines, légèrement ondulées, de Saint-Médard-de-Gurçon, que dominent les bastions démantelés du château fort d'Archambault de Grailly, ce seigneur sanguinaire, assassiné sur le pont de Montereau, avec Jean-Sans-Peur, duc de Bourgogne; le bourg de Carsac et sa curieuse église, celui de Villefranche-de-Lonchapt, entouré de nombreux moulins; beaucoup plus près, le Mont- Pierreux ou Montpeyroux, qui a, dans son voisinage, le château de Mattecoulom, seigneurie de Bertrand-Charles de Montaigne, le compagnon de voyage en Italie de son illustre frère; à peu de distance, la colline de la Garde, oti se trouve la caverne ayant servi de refuge aux malheureux girondins Guadet et Pétion. Puis, vis-à-vis, Saint- Cybard, Les Salles, Saint-Philippe-d' Aiguille, illustré par le séjour du premier président au parlement de Bordeaux, André -Jacques -Hyacinthe Leberthon, et, plus à gauche, le château moderne de Pitray, celui

(^) « Ma maison est juchée sur un tertre, comme dict son nom.»

de M. de Lazard et, finalement, à rextrémité du cercle, le bourg de Belvès (Gironde). Enfin, dans Timmense vallée qui s'étend au pied du tertre, serpente la petite rivière la Lidoire, sur les bords de laquelle se livra, le 17 juillet 1453, la fameuse bataille de Castillon, oti périt le vieux général anglais Talbot et qui mit définitivement Charles VII en possession de la province de Guienne.

Cette rapide et bien incomplète énumération doit faire comprendre quel cours intéressant et varié de géographie historique se déroule sous les yeux des visiteurs.

Et maintenant, avant de dire adieu à ce château réduit en cendres, il est consolant de pouvoir constater que la partie la plus curieuse de ce domaine, celle où le grand moraliste a laissé l'empreinte la plus profonde de lui-même, la vieille tour dite de Montaigne, qui contenait sa chapelle, sa chambre et sa librairie, existe encore sinon dans un état parfait de conservation, au moins telle qii'etterétâît avant l'incendie du corps prin- j cipal du logis. Aussi, avons-nous pu visiter la chapelle située au ras du sol, à droite de la petite porte qui donne accès dans la tour. Cette chapelle est à peu près comme l'ont décrite MM. Galy et Lapeyre; elle est toujours entretenue et l'on y dit la messe fréquemment; le mobilier est tout moderne et cet oratoire n'a conservé de son ancienne physionomie que le jour plongeant qui l'éclairé par une étroite fenêtre grillée, ce qui lui donne un aspect sombre, comme une prison de vieux castel. C'est là qu'a été déposé, après l'incendie, le portrait de Montaigne, l'un des premiers objets sauvés des flammes et qui était encastré dans le tru-

meau de la cheminée d'une des salles basses da château.

Ce portrait, d'après une lettre que nous écrit M. le D' Galy, « est un don fait à M. Magne, par un de ses voisins de campagne; c'est une peinture médiocre, ayant poussé au noir, mais bien de l'époque et d'un aspect vrai. » Peut-être est-il de la main de ce peintre de passage que le maître du logis employa pour la décoration de sa chambre, de sa librairie et de son cabinet, et dont il disait: «qu'il ne voudroit cacher un sien pourtrait chauve et grisonnant, oti le peintre auroit mis non son visage parfait, mais le sien. » Ahî combien il est fâcheux pour cet artiste obscur que nous ne connaissions pas son nom, car, du fait seul d'avoir eu pour client Michel de Montaigne^ sa mémoire serait immortelle!

De la chapelle au premier étage, l'on monte quarante-six marches pour arriver à la chambre à coucher du philosophe, celle de sa femme étant à l'angle opposé du manoir. La nudité des murs simplement blanchis par un maçon de village, la vulgarité du carrelage et la grossièreté des poutrelles du plafond, forment un contraste bien saisissant, quand on songe à l'homme éminent qui a reposé dans cette modeste chambre.

Dix-huit marches de plus et l'on parvient enfin au deuxième étage, où se trouvait cette librairie dont il a été parlé tant de fois et dont on parlera longtemps encore (*). Tout en ce lieu est à peu près comme

(}) Pour la bibliothèque, dont plusieurs journaux ont parié, une grave confusion a été faite; pouvait-on sauver ce qui n'existe plus depuis longtemps : la librairie de Montaigne, « belle entre les librairies de village»? Les livres qui la composaient, «que

en 1 86 1 , lors de la . Visite de deux amis, auteurs de la Lettre à M. le D" Pqyen, qui relevèrent si soigneusement les cinquante-quatre sentences, « tracées au pinceau et non pas gravées comme on Ta cru, sur quarante-cinq solives et deux poutres transversales »(*). Mais, depuis vingt-cinq ans, la dixième solive est toujours sans inscription, par suite de la négligence mentionnée par MM. Galy et Lapeyre (2),

sont-ils devenus, après avoir été livrés par Éléonore de Montaigne à Tabbé de Roquefort, grand-vicaire d*Auch.'» « Dès i683, dit M. le Dr Payen, la bibliothèque de Montaigne était déjà disséminée, à moins qu'à cette époque même on ne la vendît intégralement. Cependant tout n'avait point disparu, puisque M. Prunis, chanoine de Chanceladje, visitant le château, à la lin du siècle dernier, trouva dans uu vieux coffre le manuscrit original du Journal du Voyage en Italie ». La bibliothèque qui a été sauvée est celle de la famille de M. Magne; elle a été recueillie au presbytère de Saint-Michel, et nous pouvons aflSrmer, contrairement à ce qui a été dit, qu'elle ne possède aucun volume portant la signature de Montaigne ou lui ayant appartenu. Le seul livre qui pourrait avoir âguré sur les rayons de l'ancienne librairie, mais après la mort du grand moraliste, serait Le Proumenoir de Monsieur de Montaigne, par sa fille d'alliance, imprimé à Paris, chez Abel L'Angelier, en iSgS.

(1) MM. Galy et Lapeyre ont publié, en i86i, le relevé des inscriptions grecques et latines de la librairie de Montaigne, accompagné d'un plan du plafond, composé de solives appa^rentes sur lesquelles sont peintes les sentences. Cette monographie spéciale étant peu commune, un de nos honorables confrères de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux, bien connu des lettrés par sa grande érudition, a bien voulu nous communiquer des notes bibliographiques et reproduire quelques-unes des sentences choisies par Montaigne, en rappelarit les auteurs qui les lui avaient fournies.

(*) «M. Du Bue de Marcussy, ancien propriétaire du château, avait fait remplacer la vieille solive vermoulue, et il se proposait d'appliquer, sur la nouvelle, l'inscription détachée par un trait de scie. Il négligea ce soin un peu trop longtemps, et'cette mince feuille de boisa été perdue. >

A regard des peintures murales, elles sont, pour ainsi dire, invisibles aujourd'hui, cependant un peu plus apparentes sur les parois du cabinet attenant à la librairie, cabinet qui contient encore l'inscription pariétaire de iSjr?, indiquant l'heure où*Montaigne prit sa retraite et voulut se livrer entièrement à ses laborieuses réflexions. ;

La tour, à l'extérieur, s'offre aux regards du visiteur dans toute sa monumentale simplicité; seuls quelques rosiers multiflores festonnent gracieusement sa ba^ et rompent, par leur vert feuillage, la teinte grise et sombre de ses murailles.

A ces murailles qui clôturaient la chère solitude du grand penseur, dans laquelle il vivait lentouré^^ ses livres aimés, « de ces amis qui ne changent jamais », à ces murailles ne manque-t-il pas quelque chose?*

Pour nous, reprenant l'idée précédemment efeise, au sujet des souvenirs pieux de l'église Saint-Michel, c'est au flanc de cette vieille tour que tout arrivant devrait lire :

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