‹ Une visite de noces comedie en un acte (volume 2)Chapitre 2 sur 31 · SCÈNE DEUXIEME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIEME

DE CYGNEROI, tendant la main à Lydie.

Ma chère comtesse, permellez-moi de vous présenter madame de Cygneroi. J’aurais été heureux de faire cette présenlation le jour même de mou mariage, car vous serez, je l'espère, une de nos meilleures amies, mais vous étiez absente.

LYDIE

J’avais été forcée de rejoindre mon mari, qui était très-malade et qui est mort quelques jours après.

DE CYGNEROI.

Vous ôtes veuve?

LYDIE

Depuis plus d’un an.

DE CYGNEROI.

Comment ne m’en avez -vous pas informé?

LYDIE

Je ne savais pas OÙ TOUS étiez. (Prenant ta main de Fernande.) NOUS regagnerons bien vite le temps perdu, madame. M. de Cygneroi et moi sommes de vieux amis, et je crois avoir été la première confidente de son amour pour vous.

DE CYGNEROI.

Je vous devais bien cela, comtesse.

FERNANDE

Mon mari m’a parlé de vous souvent, madame ; nous sommes revenus il y a seulement deux jours, et ma première visite...

LYDIE

Vous avez voyagé toute l'année ?

FERNAN DE

Pendant les six premiers mois, puis nous sommes venus nous établir en Bretagne, chez mon père. Je tenais à être auprès de

lui pour mes couches. Voulez-vous que je vous présente monsieur mon fils, âgé de trois mois? Il m'a fallu l’amener avec moi, sans quoi il m’cùl été impossible de vous rendre visite, puisque je suis...

'DE CÏGNEROI, l’interrompant.

Fernande I

FERNANDE

Eh bien, oui, je suis nourrice et j’en suis tière. Lacorücsso a eu des enfants aussi, sans doute?

LYDIE

Non, madame.

FERNANDE

le vous plains. C’est si amusant ! 1

LYDIE, à Lebonnord.

Elle est bête 1

LEBONNARD.

Mais non, mais non.

LYDIE, regardant l'enfant que lui présente la bonne, pendant que Fernande soulève tout doucemont le voile qui courre lo visage du petit.

Il est magnifique. Il est déjà très-fort.

FERNANDE

Je le crois bien ! Il pesait dix livres en venant au monde. N’est-cc pas, Gaston? c’est toi qui l’as pesé. Si vous saviez comme j’ai souffert! J’ai cru que j’en mourrais I On ne sait pas tout ça quand on se marie. Pauvre cher mignon ! Mais quelle joie aussi au premier cri qu’il pousse ! Et celui-ci n’a pas perdu de temps I Il a crié tout de suite. C’est même la seule fois qu’il a crié. Il rit toujours. — Faites une belle risette à madame. — Voyez-vous ! Je m’étais confessée la veille; on ne sait pas ce qui peut arriver. Ma cousine est accouchée un peu avant moi, le 23 juin, moi le

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