I.EBONNARD, * part
« Débarrassez-moi de ce monsieur. — Débarrasse-moi de ma femme ! » Ils sont parfaits I («ant.) Et quelle raison lui donnerai-je, à ta femme?
DE C YG NE ROI
Jo lui ai dit que je viens de recevoir une dépêche qui me force de partir tout de suite.
LEBONNARB.
Tu ne lui as pas dit pour où?
DE CYGNEROI.
Je ne lui ai pas dit pour où,
• LEBONNARD.
Une dépêche ici, pendant que vous êtes en visite. Elle l'a cru?
DE CY6 N E RO I
Elle en croirait bien d’autres.
LEBO NNARD.
Elle est candide.
DE CYGNEROI, an tcœpi.
Oui.
LEBONNARD.
Alors, te voilà amoureux de madame de Morancé?
DE CYGNEROI.
Amoureux ! amoureux ! Le mot est... candide. Je ne sais pas
UNK VISITK DE NOCES
si je suis amoureux; loul ce que je sais, c'est qu'il y a là une sensation, et qu’il n’y en a pas tant, dans ce monde, d’agréables surtout, pour qu’on les laisse échapper. Je t’ai dit que j’éiais toujours franc et sincère, ch bien, la vérité, c’est que je ne m’amuse pas tous les jours outre une femme qui berce et un enfant qui lèlc. <i Lolo, Bébé, dodo, tala. » Ça n’est pas toujours drôle, cl j’en ai encore au moins comme, ça pour une dizaine de mois, et puis il faudra recommencer. C’est long I
LEBONNARD.
Et tes tirades de ce matin ?
DE CYGNEROI. ^
C’était ce matin. Elles restent vraies, théoriquement, comme beaucoup d’autres tirades, et elles serviront une autre fois.
LKBONNAR D.
Voyons, réfléchis un peu ! Uuc femme que tu trouvais assommante.
DE CYGNEROI.
Eh! mon cher, ce n’est plus la même femme 1 Si tu l’avaia vue tout à l’heure, si tu avais vu ses yeux humides, si lu avais senti son souffle brûlant, si tu savais ce que ce Gamberfield a fait d’elle. En voilà un, s’il me tombe jamais sous la main... et il ne manquera pas de venir s’y mettre pour savoir ce qu’est devenue sa fiancée... en voilà un qui est sûr de recevoir sur ses joues gelée de groseille et sur ses favoris chiendeut la plus belle I aire de calottes.
LEBONNA RD.
Moi, je ne puis pas savoir ce que Gamberfield a fait de Lydie, je suis d’avant, je le regrette.
Lebonn.trd, Lu feras mieux de ne pas me rappeler ça. Je t’étranglerais, vois-tu, en attendant l’autre.