SCÈNE QUATRIÈME
devoir me prévenir autrefois, tu aurais pu me prévenir il y a deux jours quand je t’ai écrit que nous viendrions faire celle vigile et t’ai prié de t'y trouver.
'• LEBONNA-RD.
Ce que je viens de te dire, personne ne le sait. Tu trouveras un prétexte pour ne plus revenir, et tout sera dit.
DE CYGNEROI. «
Là-dessus , lu peux être bien tranquille.
U change l’enfant de bras et le secoue au lieu de le bercer. Fendant ce temps, Fernande joue toujours sur le piano la Berceuse, de Chopin.
LEBONNARD. , , .
Tu vas réveiller cet enfant. Fais donc attention.
DE CYGNEROI, passant l’enfant à Lebonnard.
Eh bien, porte-le, puisque tu fais tout mieux que moi.
LEBONNARD, q*ii a pris l’enfant et qui le regarde s’endormir.
Ce pauvre papa, il est en colère contre son ami Lebonnard, parce que son ami Lebonnard lui a dit la vérité et que les hommes, ils n’aiment pas ça, comme les enfants n’aiment pas le fouet. Quand on pense que, toi aussi, tu seras un homme et que tu voudras aimer des femmes et que tu voudras qu’elles n’aient jamais aimé que toi, comme si tu étais tout seul sur la terre -, et, quand tu seras bien convaincu qu’elles t’adorent, tu- les planteras là pour courir à d’autres; et, quand tu apprendras qu’elles ne l’aimaient pas, tout en noies aimant plus, tu seras furieux et tu deviendras jaloux ré-tro-spec-li-ve-ment, comme ton petit papa va faire tout à l’heure. Tu seras donc une bête comme nous tous, * mon cher mignon, et tu donneras le jour à d’autres hommes qui seront bêles comme toi, et ils en engendreront d’autres qui seront bêtes comme eux, et ainsi de suite, jusqu’à ce que Dieu n’ait plus besoin de la bêtise humaine, ce qui sera long. Dors, mon chéri, tu ne feras jamais rien de mieux. Ce qui me console un peu, moi, ç’est de penser que la bêtise de ma famille se sera
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arrêtée à ma personne, puisque je mourrai sans héritiers directs.
Il embrasse l’enfant.
FERNANDE
Dort-il? • >