‹ Une visite de noces comedie en un acteChapitre 24 sur 83 · SCÈNE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE CINQUIÈME

' DE CYGNEROI. . . , - ~

Et vous vous mariez ?...

LYDIE. • \ ,'i .

Dans six semaines. --

DE CYGNEROI.

Est-ce que Pygmalion a épousé Qalathée ?

LYDIE

Parfaitement, et elle a eu de lui un enfant qui se nommait Pa-

phus et qui, reconnaissant de ce que la déesse avait fait pour sa mère, lui éleva un temple qif il appela Paphos , et où. les amants venaient offrir leurs sacrifices. Il y avait, dit la Fable, un autel merveilleux en plein air , sur lequel brûlait un feu qu’aucune pluie, aucun vent ne pouvait éteindre. ' . - . .

- - DE CYGNE ROI, un temps, pais tout bas.

Si nous y allions ? ,

LYDIE

A Paphos ?

DE CYGNE ROY, taisant' un signe de la tète.

Oui.

LYDIE, loi donnant la main. - '

Adieu, mon ami; rejoignez votre femme, et ne disons plus de sottises. Ne regrettez rien ; vous avez eu ce qu’il y avait de meilleur en moi ! ~ ' • . * .

DE CYGNEROI, la retenant.

Qui le saura? - -, .

' - LYDIE. -

Moi d’abord, et puis lui, qui vient ici tous les soirs, et puis votre femme.

DE CYGNEROI.

Fernande ne se doutera de tien ; c’est une innocente.

. ' , LYDIE. ‘ v ’ -

• J Et puis elle nourrit. ( Le regardant en face.) Comme VOUS me méprisez , n’est-ce pas ?

DE CTGNEROl.

Lydie !

LYDIE

Non! Me voyez-vous, vous aimant de nouveau et comme je vous aimais autrefois et comme je puis aimer aujourd’hui, vous reperdant encore? ' " .

Pourquoi me reperdre ?

LT DIB, arec on mootement da désespoir et de latte.

Vous êtes marié 1 vous nè pouvez pas m’appartenir, vous ne vous appartenez plus à vons-méme. - .

DE CYGNEROI.

- Vous étiez bien mariée autrefois, vous ; chacun son tour.

LYDIE

Adieu! „ -

DE CYGNEROI.

Et pn» je n’ai pas d’amour pour Fernande , vous le savez bien. > - • 1 ,

LYDIE

Pourquoi vous êtes-vous marié , alors ? -

DE CYGNEROI. ,

Pour faire autre chose. Je croyais trouver là une émotion qui n’y est pas.

Votre parole?

Ma parple !

tn;,

Digilbed'byXîoogl

D'honneur?.

; D’honneur !

StlKNK sixième

LYDIE

DR CYGNE ROI. -

'• , LY DIE, â part. • v. '

Sont-ils Fâche»! (Hmu.) Alors, qu’importent mes fautes à mot et vos engagements à vous , puisque nous pouvons encore nous aimer? Quittez Paris sous un prétexte quelconque; partez avec moi, passons un an ensemble au fond d’une solitude; c’est tout ce que je vous demande. Dans un an, j’aurai trente ans r . . je &erai une vieille femme, je vous rendrai votre liberté, je disparaîtrai, vous n’entendrez plus parler de„moi. Mais, au moins, avant d’en arriver lâ, j’aurai aimé complètement,

. “• DE CYGNE ROI, . i'

El si dans un an je ne ponx plus te quitter?

Oh! ne médis pas cela, je serais trop lteureuse! (u ▼« la prendre dans ses bras, die t'arrête.) W me semble que j’entends votre femme! Allez la retrouver, éloignez-la, je ne veux pas la voîr;Lcbonnard vous remettra un mot de moi. Encore une heure 1 et lYous serons réunis pour toujours. > . ‘ .

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