CHANSONNETTE
Dédiée à ma cousine M. Montrouge.
Fanchette à l’ombre d’un grand chêne, Dormait, ainsi qu’un flot d’ébène.
Ses cheveux frissonnaient au vent.
Couvrant de leur onde soyeuse Le joli bras de la dormeuse.
Replié sur un front charmant....
La regardant, sous la feuillée.
Des oiseaux la troupe éveillée.
Tout bas disait ; Amour ! amour !
Pour nous voilà l’ordre du jour...
Bientôt s’entr’ouvrit le feuillage,
Un vieux seigneur, riche et volage.
Les yeux brillants, à pas comptés. S’avança vers la jouvencelle, Maudissant la boucle rebelle Qui lui cachait tant de beautés,...
Le regardant, sous la feuillée.
Des oiseaux la troupe éveillée.
Tout bas disait : Amour! amour !..
Pour lui, voilà l’ordre du jour...
Mais, voyez la déconvenue Du grand seigneur, notre ingénue Le laissa, tendre et confiant, S’approcher, puis, quelle aventure....
De ses dix doigts, sur sa figure.
Elle mit un masque sanglant !...
Le regardant, sous la feuillée, Des oiseaux, la troupe éveillée.
Tout bas répétait tour à tour :
Honneur ! voilà l’ordre du jour.
En consultant un vieux grimoire.
Français, j’ai trouvé cette histoire.
Qui vaut pour nous une leçon :
La brune fdlette endormie.
Ah ! c’est notre France chérie.
Dont l’honneur veut une rançon...,
En la voyant, seule éplorée,
Ah ! qui de vous l’âme navrée Ne répétera tour à tour :
Vengeons-là, c’est l’ordre du jour !
Février 1872.