‹ Une voix d'avertissement et instruction a tous les peuples ou instruction a la foi et aux doctrines de l'Eglise de Jèsus-Christ des derniers-joursChapitre 6 sur 11 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

« Nous avons aussi la parole des prophètes, qui est très ferme, à laquelle vous faites bien de vous attacher, et qui était comme une lampe qui éclairait dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commençât à luire, et que l'étoile du matin se levât dans vos cœurs ; sachant premièrement ceci : que nulle prophétie de l'Ecriture n'est d'une interprétation particulière; car la prophétie n'a point été apportée autrefois par la volonté humaine : mais les saints hommes de Dieu, étant poussés par le Saint-Esprit, ont parlé. »

(II Pierre I, 19-21.)

Pour démontrer quelque chose par les Ecritures, il est d'une indispensable nécessité de poser en premier lieu une règle certaine, définie et infaillible d'interprétation, sans laquelle l'esprit, bien que progressant dans le savoir, se perd dans le doute et l'incertitude, sans jamais pouvoir atteindre la connaissance de la vérité.

C'est pour avoir néglig-é une telle rég-le que les hommes se sont ég-arés comme dans un labyrinthe inextricable dans toutes leurs recherches bibliques. Il est parfaitement vrai que tant qu'ils seront libres de transformer, de spiritualiser ou d'interpréter arbitrairement la parole de Dieu, tout restera dans l'incertitude.

« Tout ce qui a été écrit autrefois, l'a été pour notre avantag-e et pour notre instruction, afin que, par notre patience et notre consolation dans les Ecritures, nous

puissions avoir respérarice. » Supposons qu'un ami nous écrive de loin une lettre, nous faisant certaines promesses à certaines conditions qui, en s'accomplissant, nous seraient d'une fort grande utilité. On pourrait certainement dire de cette lettre qu'elle a été écrite pour notre avantage et pour notre instruction, afin que, rassurés et consolés par les détails qu'elle nous donne, nous puissions espérer d'obtenir la réalisation de ces promesses. Or, si nous comprenions clairement la lettre, et que nous sussions "ce que nous avons à espérer, ce serait pour nous une grande consolation ; au lieu que, s'il y avait doute ou incertitude dans le sens de la lettre, ignorant ce que nous avons à espérer, nous ne pourrions en tirer aucune utilité. La lettre ne serait donc pour nous d'aucune valeur. Il en est ainsi des Ecritures. Nulle prophétie, nulle promesse ne sauraient être avantageuses aux lecteurs, ou faire naître la patience, la consolation ou l'espérance dans leur esprit, jusqu'à ce qu'elles soient clairement comprises, pour qu'ils sachent exactement ce qu'ils ont à espérer. Or, les prédictions des Prophètes peuvent être aussi clairement comprises que celles des éclipses données par un almanach; autrement, la Bible serait de tous les livres le plus complètement inutile. Il eut été cent fois préférable pour les hommes que le Créateur n'eut rien révélé à sa créature déchue, que de lui avoir révélé un livre qui les laisserait dans le doute et l'incertitude, pour contester de siècle en siècle les uns avec les autres relativement à la signification de son contenu. Que cette incertitude, que ces controverses aient existé durant des siècles, c'est ce que personne ne niera.

Les sages et les savants ont difFéré et diffèrent encore extrêmement dans l'interprétation des prophéties. D'où vient ce profond désaccord ? De deux choses l'une : ou la Révélation est elle-même défectueuse, ou bien la faute en est aux hommes. Mais dire que la Révélation est imparfaite, ce serait accuser follement le Seigneur ; que Dieu nous préserve d'un tel blasphème : la faute doit en

être à rhomme. 11 y a deux grandes causes à cet aveuglement. Les voici :

Premièrement, les hommes ont supposé que l'inspiration directe par le Saint-Esprit ne devait pas durer pendant tous les siècles de l'Eglise, mais qu'elle était bornée anx tempsprimitifs. Le Canon des Ecritures étant rempli, et toutes les choses nécessaires ayant été révélées, les hommes n'eurent plus besoin de l'Esprit qui mène à toute vérité. C'est pourquoi ils cherchèrent à pénétrer, parleur propre savoir, ce qui ne pouvait être clairement compris, si ce n'est par l'Esprit de vérité : car nul homme ne connaît les choses de Dieu, que par l'Esprit de Dieu.

Deuxièmement, après avoir perdu l'Esprit d'inspiration, ils commencèrent à mettre en préceptes leurs propres opinions et leurs traditions, donnant le sens et leur interprétation particulière à la parole écrite, au lieu de croire simplement les choses écrites. Dès l'instant qu'ils s'écartèrent de la sig-nification littérale, les opinions ou l'interprétation d'un homme devinrent aussi bonnes et correctes que celles d'un autre; tous étaient revêtus d'une ég-ale autorité, et c'est ce qui donna naissance à tant d'aberrations et à toutes ces controverses sur différents points, qui ont agité le monde depuis les dix-sept derniers siècles.

Parmi les diverses choses qui attirent l'attention des hommes, il en est une de plus grande valeur que toutes les autres. C'est un principe qui, une fois entre les mains de quelqu'un, contribuerait grandement à lui procurer tous les autres objets dig-nes d'être ambitionnés, tels que le pouvoir, les biens, les honneurs, l'or, l'opulence, et même l'autorité souveraine. Comparativement, peu de gens l'ont possédé, bien qu'il fut à la portée de beaucoup d'autres ; mais ils ne s'en doutaient pas ou bien ils n'en connaissaient pas la valeur. Il a fait des merveilles pour les quelques-uns qui l'ont eu en leur possession. Il en empêcha quel([ues-uns de se noyer, tandis que tous ceux qui ne l'avaient pas furent engloutis sous les eaux de l'abîme.

Il eu sauva d'autres de la famine, pendant que des milliers périssaient autour d'eux. Par ce principe, des hommes parvinrent aux premières dignités de l'Etat, et quelques-uns même à monter sur le trône. Bien plus, il en a fait passer d'un cachot dans un palais ; et il y a des exemples où ceux qui l'avaient, furent délivrés des flammes, tandis que des villes entières étaient consumées et que tous leurs habitants périssaient, eux excepté. Il est arrivé fréquemment que lorsque la famine ou la guerre désolait une ville ou une nation, ceux qui le possédaient, échappaient à ces fléaux sains et saufs.

Mais, va demander le lecteur, quel est donc ce talisman? Nommez-le, et je l'achèterai au prix de tout ce que je possède. Eh bien ! ce trésor s'appelle LA PRES- CIENCE ! C'est la connaissance des choses à venir. Qu'un livre soit publié sous ce titre : Uavenir dévoilé, et que les hommes soient réellement convaincus que cet ouvrage donne une certaine connaissance définie des événements futurs, de telle sorte qu'il dévoile l'histoire future des nations, comme l'histoire de la Grèce ou celle de l'empire romain en fait connaître le passé, et une immense édition en serait immédiatement enlevée à un prix inappréciable. Eh bien ! les livres des prophètes et l'esprit de prophétie n'ont été donnés aux hommes que pour leur dévoiler leurs futures destinées. L'Apôtre nous dit : « Désirez ardemment les meilleurs dons, mais de préférence celui de prophétie. »

Nous allons entrer maintenant dans le vaste champ qui s'étend devant nous, et rechercher les trésors de sagesse et de connaissances qui ont brillé durant des siècles comme une lumière dans un lieu sombre. Nous allons explorer des régions inconnues à bien des gens ; nous y contemplerons des objets glorieux qui se présenteront à nous de toutes parts; nous rassasierons nos âmes d'un savoir qui est de nature à dilater le cœur, à exalter l'esprit, à élever nos affections au-dessus des

grossières vanités de ce monde, et à nous faire obtenir notre salut éternel.

Définissons d'abord une règle sûre d'interprétation. Mais nous ne voulons point en cela consulter les hommes ni leurs commentaires, car le Saint-Esprit nous a avertis par la bouche de Pierre que « nulle prophétie de l'Ecriture n'est d'une interprétation particulière. »

Il y a une grande division qu'il ne faut jamais perdre de vue dans l'étude des prophéties : c'est la distinction entre l'avenir et le passé. Le lecteur doit mettre son attention à reconnaître quelle partie en a été accomplie, et quelle partie attend encore son accomplissement, sans jamais oublier que la règle d'interprétation fixée par Pierre s'applique à l'une et à l'autre. Or, si nous trouvons dans nos recherches que toutes les prophéties accomplies jusqu'à ce jour l'ont été littéralement, il s'ensuivra nécessairement que toutes les prophéties qui attendent leur accomplissement le recevront aussi d'une manière littérale.

Cela posé, commençons à l'époque reculée du patriarche Noé. (Genèse VI, 17.)

c( Et voici, je ferai venir un déluge d'eaux sur la terre, pour détruire toute chair qui a esprit de vie en soi sous les cieux, et tout ce qui est sur la terre expirera. »

Dans les versets qui suivent le précédent, le Seigneur ordonne à Noé d'entrer dans l'Arcne, et de prendre avec lui des animaux de toute espèce, etc. Et le 22™® verset nous apprend que « Noé fit toutes les choses que Dieu lui avait commandées ; et il les fit ainsi. » Quel bonheur pour lui de ne pas être versé dans les systèmes spiritualistes de nos grands théologiens modernes; car, sous leur influence somnifère, il n'aurait jamais pu croire qu'une si merveilleuse prophétie avait une signification littérale et s'accomplirait littéralement. De nos jours, on lui aurait objecté que ce déluge d'eaux ne signifiait qu'un déluge spirituel et que l'Arche n'était qu'une Arche spirituelle ; et s'il s'était avisé de penser autrement, nof5

scribes l'auraient traité dans leurs journaux d'imposteur, de fanatique ou de fou. Mais Noé eut la simplicité de croire que la prophétie devait s'accomplir littéralement. Voilà un exemple frappant de prescience. En effet, tous ceux qui n'avaient pas ce don périrent mi.sérablement dans ce grand cataclysme.

Prenons un autre exemple dans la Genèse XV, 13-16: « Et l'Eternel dit à Abraham : Sache certainement que ta postérité habitera comme étrangère dans un pays qui ne lui appartiendra point, et qu'elle y servira les habitants du lieu, et qu'elle y sera afflierée pendant quatre <:ents ans. Mais aussi je jugerai la nation à laquelle tes descendants seront assujettis ; et ensuite ils sortiront avec de grands biens. Et toi, tu t'en iras vers tes pères en paix, dans une bonne vieillesse, et tu seras enseveli. Et en la quatrième génération, ils retourneront ici; car l'iniquité des Amorrhéens n'est pas encore venue à son comble. »

Les rigoureux traitements que les enfants d'Israël subirent en Egypte durant quatre cents ans, leur délivrance de ce pays avec de grandes richesses, les terribles châtiments qui furent infligés à leurs persécuteurs, ainsi que la mort d'Abraham dans un âge très avancé, sont des faits trop connus pour avoir ici besoin de commentaires. Nous nous bornerons à observer que c'est là un exemple frappant de l'accomplissement rigoureux d'une prophétie donnée quatre cents ans d'avance ; d'où nous apprenons que ces hommes des temps primitifs étaient tous exempts de notre manie moderne de tout spiritualiser.

Mentionnons l'exemple de Lot, Genèse XIX, 12-13 : « Alors ces hommes dirent à Lot : Qui as-tu encore ici qui t'appartienne : ou un gendre, ou des fils, ou des filles, ou quelque autre de tes proches dans la ville? Faisles sortir de ce lieu; car nous allons détruire ce lieu, parce que le cri des péchés de ses liabitants s'est élevé devant l'Eternel, et il nous a envoyés pour le détruire. »

As^z simple pour prendre à la lettre cet avertissement céle.«te, Lot prit avec lui autant de membres de sa famille qui voulurent consentir à le suivre, et il s'enfuit de Salome au grand amusement de ses habitants qui, en le voyant passer, criaient sans doute : « Illusion, fourberie^ imposture ! ! ! » dans leur persuasion que cette prophétie n'était qu'une figure. Voilà l'exemple d'un homme sauvant sa vie pa^ une prescience qui lui fut communiquée, tandis qu'une ville tout entière périt dans les fiammes. Quel bonheur pour Lot de ne pas connaître notre manière moderne d'interpréter les prophéties ! S'il était entré dans sa tête qu'il devait sortir spirituellement de Sodome, au lieu de le faire littéralement, il aurait péri comme les autres.

Examinons maintenant une prophétie de Joseph dans le pays d'Egypte, Genèse XLI, 29-31 : « Voici, sept ans viennent cl'une grande abondance dans tout le pays d'Egypte. Et ces années-là seront suivies de sept ans de famine; et on oubliera toute l'abondance précédente au pays d'Egypte, et la famine consumera le pays. Et on ne reconnaîtra plus la première abondance du pays, à cause de la famine qui viendra après ; car elle sera très grande. « Alors Joseph donna ses instructions pour faire remplir les greniers de blé durant les sept années d'abondance, afin cle se prémunir contre la famine. Et Pharaon, aussi peu versé que ses prédécesseurs dans nos systèmes modernes de théologie, n'eut jamais la pensée d'interpréter cette prophétie autrement que dans le sens le plus littéral. Il fut ainsi, conjointement avec Joseph, un instrument dans les mains du Seigneur, pour sauver de la famine non seulement son peuple, mais aussi la maison d'Israël. Exemple non moins frappant du pouvoir de la prescience, il préserva l'Egypte de la famine, et fit passer Joseph d'un cachot dans un palais, en l'élevant du dernier degré d'abaissement jusqu'au faîte des honneurs, au point qu'on cria devant lui : « Qu'on s'agenouille ! y Mais que de victimes, quelles lamenta-

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tions, s'il n'avait été question que d'une famine sprituelle et de blé spirituel !

Après ces exemples empruntés aux temps primitifs, nous allons effleurer en passant quelques-uns des principaux faits prophétiques qui ont déjà reçu leur fccomplissement, jusqu'à ce que nous arrivions aux grands prophètes de la maison d'Israël. Alors un vastJ champ s'ouvrira devant nous, présentant successivement les plus remarquables événements de l'histoire, et nous amenant jusqu'au commencement de la glorieuse dispe^isatioii des derniers temps.

Le prophète Elie lîous offre un trait digne de figurer dans cette étude. C'est la prédiction qu'il fit à Achab qu'il ne pleuvrait pas durant trois ans et plus, ce qui s'accomplit effectivement. Elisée nous offre un trait non moins remarquable. Le syrien Hazaël vint le voir pour qu'il s'enquérit au Seigneur touchant le roi de Syrie, son maître, qui était malade. Le prophète, en le considérant attentivement, se mit à fondre en larmes. Hazaël lui ayant demandé quel était le sujet de ses pleurs, Elisée lui répondit : « Le Seigneur m'a montré que tu seras roi de Syrie. » Alors il se mit à lui dévoiler les cruautés qu'il exercerait un jour envers Israël, cruautés tellement horribles que nous les passerons sous silence pour ne pas offenser les oreilles délicates. Humilié d'entendre prophétiser qu'il commettrait de telles infamies, Hazaël s'écria plein d'étonnement : " Quoi ! est-ce que ton serviteur est un chien pour commettre ces horreurs? Mais, chose surprenante à dire, cette prédiction s'accomplit rigoureusement à la lettre.

Nous lisons dans le 21""^ chapitre des II Chroniques, 14-15, qu'un écrit fut apporté à Joram de la part du prophète Elie, qui, après lui avoir reproché le crime de son apostasie et celui d'avoir massacré ses frères, de la maison de son père, qui étaient meilleurs que lui, se termine ainsi: «. Voici, l'Eternel va frapper de grandes plaies ton peuple, tes enfants, tes femmes et tous tes biens ; et tu

aums de grandes maladies, une maladie d'entrailles, jusque-là que tes entrailles sortiront par la force de la maladie, qui augmentera de jour en jour. » Nous voyons dans ce même chapitre que les Arabes et les Philistins pillèrent toutes ses richesses et lui enlevèrent ses femmes et ses enfants. Et après cela, le Seigneur le frappa dans ses entrailles d'une maladie incurable, ses entrailles sortirent par la force de la maladie, et il expira dans des tourments affreux.

Le 26""*^ verset du 6™^ chapitre du livre de Josué contient cette étonnante prédiction sur la ville de Jéricho : « Maudit sera, devant l'Eternel, l'homme qui se mettra à rebâtir cette ville de Jéricho ; il la fondera sur son premier-né, et il mettra ses portes sur le plus jeune de ses enfants. »

Après cette malédiction, Jéricho resta désert durant des siècles, personne n'osant s'exposer à de telles éventualités, en rebâtissant la ville. Après une longue suite de juges et de rois, après des centaines d'années, Hiel de Bethel, qui vivait sous le règne d'Achab, supposant probablement que le Seigneur avait oublié la malédiction prononcée par Josué contre Jéricho, osa rebâtir cette ville. Mais à peine en eût~il jeté les fondements qu'Abiram, son premier-né, mourut ; puis, persévérant dans son endurcissement, il en construisit les portes, et perdit Segub, le plus jeune de ses enfants, conformément aux paroles de Josué (I Rois XVI, 34). Nous pourrions remplir un volume de traits semblables disséminés dans la partie historique des Ecritures; mais, voulant aborder promptement et plus en détail l'examen des livres des Prophètes, et de leurs prédictions contre Jérusalem, Babylone, Tyr, l'Egypte et diverses autres nations, nous bornerons là nos citations.

Babylone, la plus ancienne et la plus célèbre ville du monde, était agréablement située sur les bords d'une importante rivière qui serpentait majestueusement à travers les plaines de Shinar, non loin de l'endroit où s'éle-

vait jadis la tour de Babel. Divisée en quatre parties principales, entourée d'une nnuraille de plus de crois cents pieds de haut et d'une circonférence de vinçt lieues, et décorée de cent portes d'airain bardées de fer, dont vinjo-t-cinq situées dans chaque division qui donnaient naissance à autant de rues longues de cinq lieues dans l'intérieur de la ville, cette immense capitale était ainsi disposée en vastes carrés réguliers d'une même étendue. Au centre de ces places, on voyait de splendides jardins ornés d'arbustes et de fleurs, et des promenades couvertes d'arbres, et les maisons, donnant directement sur les rues, étaient bâties sur les extrémités des carrés. Au centre de la cité s'élevait le magnifique palais du roi Nébucadnetsar, qui dictait des lois à tout l'univers. Ce puissant monarque était une nuit plongé dans le sommeil, quand il plut au Seigneur de soulever devant lui le sombre voile de l'avenir et de lui présenter en vision l'histoire du monde, dans tout son ensemble, jusqu'à la consommation de toutes choses.

« Voici, il lui apparut une grande statue, dont la tête était d'or très fin, la poitrine et les bras d'argent, le ventre et les hanches d'airain, les pieds et les orteils en partie de fer et en partie d'argile. Il la contemplait, lorsque une pierre fut détachée de la montagne, sans main, qui frappa la statue dans ses pieds de fer et d'argile, et les brisa. Alors le fer, la terre, l'airain, l'argent et l'or furent brisés ensemble, et devinrent comme la paille de l'aire en été, que le vent jette çà et là ; et on n'en trouva plus rien en aucun lieu ; mais cette pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre. »

Lorsque Daniel fut amené devant le roi pour lui dire uel songe il avait eu, et lui en donner l'interprétation,

s'écria : « Il y a un Dieu dans les cieux qui révèle les

secrets et qui fait connaître au roi Nébucadnetsar ce

qui doit arriver aux derniers jours. » Puis, après avoir

it au roi quel songe il avait eu, il poursuivit en ces ter-

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mes : « Toi, ô roi ! lu es le roi des rois, parce que le Dieu des cieux t'a donné le royaume, la puissance, la force et la g^loire. Et il a mis en ta main les enfants des hommes, les bêtes des champs, et les oiseaux des cieux, en quelque lieu qu'ils habitent, et il t'a fait dominer sur eux tous : c'est toi qui es la tête d'or. Et après toi il s'élèvera un autre royaume moindre que le tien ; puis un autre troisième royaume d'airain, qui dominera sur toute la terre. Et le quatrième royaume sera comme le fer, parce que le fer brise et rompt toutes choses ; et comme le fer met en pièces toutes choses, ainsi ce royaume brisera et mettra tout en pièces. Et quant à ce que tu as vu que les pieds et les orteils étaient en partie d'argile et en partie de fer, c'est que ce royaume sera divisé : il y aura bien en lui la force du fer, parce que tu as vu le fer mêlé avec l'arg-ile. Mais comme les orteils des pieds étaient en partie de fer et en partie d'argile, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile. Et quant à ce que tu as vu le fer mêlé avec l'argile, c'est qu'ils se mêleront par des alliances humaines; mais ils ne demeureront pas unis l'un avec l'autre, comme le fer. ne peut s'allier avec l'argile. Et dans le temps de ces rois le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit; et ce royaume ne passera point à un autre peuple, mais il brisera et consumera tous ces royaumes-là, et il sera établi éternellement. Comme tu as vu qu'une pierre de la montagne en a été détachée sans main, et qu'elle a brisé le fer, l'airain, la terre, l'argent et l'or, le grand Dieu a fait connaître au roi ce qui arrivera ci-après. Le songe est véritable, et l'interprétation en est certaine. »

Nous venons de voir se dérouler successivement devant nous d'abord le royaume de Nébucadnetsar, première monarchie universelle ; puis l'empire des Perses et des Mèdes qui conquirent Babylone sur le roi Belsçatsar, et régnèrent sur toute la terre ; ensuite celui des Grecs sous l'empereur Alexandre, qui ht la conquête de l'univers et lui dicta des lois du sein de Babylone ; quatriè-

memeiit, l'empire llomain qui subjugua toutes les nations ; cinquièmement, sa division en empire d'Orient et en empire d'Occident, et puis sa dissolution ou subdivision en divers royaumes, tels qu'ils existent dans l'état actuel de l'Europe, royaumes représentés par les pieds et les orteils de la Statue en partie de fer et en partie d'argile. En dernier lieu, nous avons vu qu'il s'élèverait un royaume entièrement nouveau, suscité et organisé par le Dieu du ciel aux derniers jours, ou durant le règne de ces rois figurés par les pieds et les orteils. Ce dernier royaume ne doit jamais changer de maître ni passer à un autre peuple, comme tous ceux qui l'ont précédé, mais il doit mettre en pièces tous les autres royaumes et subsister à jamais.

Certains docteurs prétendent que ce dernier royaume n'est autre que le royaume de Dieu, qui fut organisé du temps de Jésus-Christ ou des Apôtres. Mais il est impossible de faire une plus grossière bévue. Le royaume de Dieu établi du temps de Jésus-Christ ou des Apôtres ne mit en pièces aucun des royaumes de la terre. Au contraire, on lui fit la guerre et il fut subjugué, en accomplissement de ces paroles du prophète Daniel (VII, 21) : « Je regardais, et la même corne fit la guerre aux saints et prévalut sur eux... (verset 22.) « Jusqu'à ce que l'ancien des jours vint, et que le jugement fut donné aux saints du Souverain, et que le temps vint que les saints entrèrent en possession du royaume... (27.) « Et le règne, et la domination, et la grandeur des royaumes, qui sont sous tous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Souverain. Son royaume est un royaume éternel, et tous les empires lui seront assujettis et lui obéiront. »

Jean, dans son Apocalypse, nous apprend que la bête « reçut le pouvoir de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. On lui donna encore la puissance sur toute tril)u, sur toute langue, et sur toute nation. » (XIII, 7.) En accomplissement de ces paroles^ le pouvoir fut donné aux autorités de la terre de tuer les Apôtres et les hommes

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inspirés ; et s'il en resta quelques-uns, ils furent bannis de toute société humaine ou forcés de se réfugier dans des îles désertes ou dans des cavernes. C'était des hommes dont le monde n'était pas digne. Et en même temps, de faux docteurs et de faux prophètes furent introduits à leur place, que les hommes se choisirent eux-mêmes, parce qu'ils ne voulaient point souffrir de saines doctrines. C'est ainsi que le royaume de Dieu se désorganisa et disparut de la terre, c'est ainsi qu'il fut remplacé par des doctrines et par des églises purement humaines. Mais nous nous réservons de traiter plus amplement ce sujet ailleurs. Remarquons simplement que le royaume dont parle Daniel, est un royaume que le Dieu du ciel doit susciter et organiser lui-même aux derniers jours, sans rien emprunter aux institutions et aux préceptes des hommes. Une fois organisé, il ne cessera jamais de s'accroître ; toutes les puissances de la terre et de l'enfer ne sauraient entraver ses progrès, jusqu'à ce qu'enfin l'Ancien des jours se soit assis sur son trône, et que le Seigneur Jésus vienne dans les nuées du ciel, revêtu d'une grande gloire et d'une grande puissance, comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, détruire tous les royaumes et donner aux saints l'empire de l'univers. Alors il n'y aura plus qu'un Dieu et qu'un Seigneur, et il sera l'unique Roi de toute la terre.

Revenons à Nébucadnetsar que Dieu, par la bouche de Jérémie, appelle « son serviteur pour exécuter ses jugements contre les nations. » Il paraît que le Seigneur n'avait exalté ce grand monarque, en l'armant de son propre glaive et en lui donnant une grande puissance, que dans le but formel d'exécuter ses jugements et de châtier toutes les nations de la terre. Jérémie nous apprend (XXV) que le Seigneur avait résolu de faire marcher Nébucadnetsar et ses armées contre Jérusalem et contre toutes les nations voisines, pour les mettre sous le joug et en désolation durant soixante-et-dix ans, et qu'après ses soixante-et-dix ans il tournerait sa colère

contre le roi de Babylone et contre sa nation, et les châtierait pour leurs iniquités. Or, qui pourrait parcourir l'histoire donnant le récit de ces grands événements, indiqués avec tant d'exactitude dans Jérémie, Esaïe et Ezéchiel, sans être frappé d'étonnement et d'admiration à la vue de ce merveilleux don de prophétie qui mettait alors ces hommes en état de faire l'histoire de l'avenir, comme on lit de nos jours celle du passé. En effet, un lecteur du dix-neuviéme siècle, tenant en ses mains l'histoire de Babylone, l'histoire des Mèdes et des Perses, des Grecs, des "Romains et des Egyptiens, ainsi que celle des Juifs, pourrait à peine se mettre mieux au courant des événements qui se sont passés parmi ces nations, que ne l'étaient les Prophètes soixante- et-dix ans avant leur accomplissement.

Les juifs furent asservis par Nébucadnetsar ; Jérusalem et le Temple furent réduits en cendres : leurs princes, leurs nobles et le peuple furent transportés à Babylone, ainsi que tous les objets sacrés. Toutes les particularités qui marquèrent ce grand désastre, furent clairement prédites par Jérémie, aussi bien que le temps de la captivité, savoir, soixante-et-dix ans. Après avoir soumis les Juifs, le roi de Babylone fit marcher son armée contre Tyr, la capitale du monde commercial de cette époque, ville située sur la mer et entourée non seulement de la mer, mais d'une forte muraille. Une place si bien fortifiée exigea des efforts inouïs ; if fallut la persévérance et toute l'habileté de Nébucadnetsar et de son armée, pour en venir à bout; enfin, après des travaux longtemps prolongés, ils parvinrent à s'emparer de Tyr et réduisirent ses habitants en servitude pendant soixante-et-dix ans. Puis, ils revinrent et rebâtirent leur ville, car Jérémie avait prédit la prise de Tyr, sa captivité durant soixante-et-dix ans, et sa restauration après ce laps de temps. Après son rétablissement, la ville de Tyr redevint florissante, mais elle fut ensuite réduite à une extrême désolation. On voit encore de nos jours quelque.s-unes

de ses ruines au fond de la mer ; l'emplacement qu'elle occupait n'est plus qu'un rocher stérile habité par de pauvres pêcheurs. Cette désolation perpétuelle, et même ces débris misérables, avaient été clairement prédits par les Prophètes.

Après la conquête de Tyr par le roi de Babylone, pour dédommager ses soldats des souffrances extrêmes qu'ils avaient endurées pendant le sièg-e, le Seigneur lui promit par la bouche d'Ezéchiel de lui donner les dépouilles de l'Egypte, comme salaire à son armée et récompense de ses services. Ce que Nébucadnetsar effectua, en faisant la conquête de l'Egypte et en réduisant ses habitants en servitude durant soixante-et-dix ans.

Puis il faut le suivre exécutant les décrets vengeurs du Seigneur contre Uz, sur les rois des Philistins, sur Askelon et Azaah ; sur Ekron, Edom, Moab, Ammon, Dedan, Buz et Tema ; sur les rois de l'Arabie, Zimri et Elam ; sur tous les rois des Mèdes ; sur tous les princes du Nord, voisins ou éloignés; enfin, contre toutes les nations de la terre qui étaient ivres jusqu'au vomissement, et qui devaient disparaître à jamais sous les coups de son épée. Mais lorsque Dieu eut accompli ces desseins contre ces peuples et ces rois, il résolut de châtier à son tour ce grand monarque et ses successeurs, ainsi que la superbe Babylone, et toute la nation. Il voulut les frapper d'une éternelle désolation ; et, cela, à cause de leur extrême arrogance. Le Seigneur s'écria : « La hache se glorifiera-t-elle contre celui qui s'en sert, et la scie se glorifiera-t-elle contre celui qui l'agite? »

Mais pour retracer les événements qui amenèrent le retour des Juifs, et des autres nations, de leur captivité de soixante-et-dix ans, ainsi que le châtiment de Babylone, les Prophètes introduisent un homme bien différent de Nébucadnetsar. Appelé dans les écritures VOint du Seigneur, on peut le considérer comme l'un des caractères les plus extraordinaires que le paganisme ait jamais produits, Sa douceur, sa persévérance, son courage, ses suc-

ces, mais par-dessus tout sa stride ohéissance aux commandements de ce Dieu que ni lui ni ses pères n'avaient jamais connu, tout tend à démontrer qu'Esaïe ne se trompait point, quand il l'appelait par son nom comme Y Oint du Seigneur, pour délivrer les nations de la servitude, pour dompter et châtier la plus grande ville et la plus vaste monarchie qui aient jamais existé sur la terre, pour opérer la restauration des Juifs, et rebâtir Jérusalem elle Temple. Il était réellement un de ces hommes rares, qui n'apparaissent dans le monde que pour réaliser de grandes choses. Mais voyons en quels termes le prophète luimême en parle (Esaie XL, 1-G.j : « Ainsi a dit l'Eternel à son oint, à Gyrus, que j'ai pris par la main droite, afin que je renverse les nations devant lui, et que j'ôte la force aux rois, afin qu'on ouvre devant lui les portes, et qu'elles ne soient point fermées : J'irai devant toi, et je redresserai les chemins tortus ; je romprai les portes d'airain, et mettrai en pièces les barres de fer; et j^e te donnerai les trésors cachés, et les richesses secrètement gardées, afin que tu saches que je suis l'Eternel, le Dieu d'Israël, qui t'appelle par ton nom. Pour l'amour de Jacob, mon serviteur, et d'Israël, mon élu, je t'ai appelé par ton nom, et je t'ai désigné, bien que tu ne me connusses point. Afin qu'on sache, depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant, qu'il n'y en a point d'autre que moi. »

Il dit dans le 13"'® verset : « C'est moi qui ai suscité celui-ci pour la justice, et je conduirai tous ses desseins; il rebâtira ma ville, et renverra sans rançon et sans présents mon peuple qui avait été transporté,, a dit le Seigneur des armées. » Le lecteur ne doit pas perdre de vue qu'Esaïe vivait environ cent ans avant la captivité des Juifs à Babylone, et cent soixante-et-dix ans avant que Gyrus n'effectuât leur restauration.

Ici je m'arrête, et je demande: quel pouvoir, autre que le pouvoir de Dieu, eût été capable de mettre un homme en état d'en appeler un autre par son nom, un siècle avant sa naissance, et de prédire correctement l'histoire de sa

vie? Quelles ne durent pas être sa surprise et son admiration, lorsque, après plusieurs années de guerres et de commotions, durant lesquelles il marcha de conquêtes en conquêtes et il dépouilla de leurs trésors maintes nations, il vint camper enfin auprès des murs de la plus forte place de l'univers ! Il avait là devant lui une muraille qui avait plus de 300 pieds d'élévation, avec ses portes d'airain bardées de fer. Muni de vivres pour plusieurs années, le peuple renfermé dans son enceinte se croyait à l'abri de toute atteinte. Comment songer à s'emparer d'une aussi forte place ? Qui, à moins d'être inspiré du Grand Jéhovah, n'aurait pas reculé devant une pareille entreprise.

Mais Cyrus, ayant détourné le cours de l'Euphrate, et étant passé sous la muraille même de la ville dans le lit sec de la rivière, il se trouva maître de Babylone, sans coup férir ; dans le temps même que le roi Belsçatsar se livrait à une orgie avec ses nobles et ses concubines, dans laquelle il avait fait apporter les vases d'or et d'argent que son père avait tirés du temple de Jérusalem. Déjà ses genoux s'étaient heurtés d'horreur l'un contre l'autre, en voyant les doigts d'une main d'homme qui écrivait sa sentence sur l'enduit de la muraille, sentence que Daniel venait de lui interpréter, en lui apprenant que son royaume était donné aux Mèdes et aux Perses.

Après la conquête de cette grande monarchie, Cyrus, devenu l'arbitre de l'univers, dut admettre Daniel au nombre de ses amis. Le prophète l'initia sans doute à la connaissance des annales juives, et alors tout le mystère lui fut dévoilé : il put voir que Dieu l'avait appelé par son nom, que sa puissante main l'avait ceint pour la bataille et avait dirigé toutes ses entreprises ; il put alors comprendre pourquoi les trésors de la terre avaient afflué dans ses mains, pourquoi les rois avaient tremblé en sa présence, et pourquoi les portes d'airain s'étaient ouvertes, et leurs barres de fer s'étaient brisées. Tout cela s'était fait pour qu'il sut qu'il y avait un Dieu en Israël,

qu'il n'y en avait pas d'autre, et que toutes les idoles n'étaient que pur néant; comme aussi, afin qu'il opérât la restauration des Juifs, qu'il rebâtit Jérusalem et le Temple, et qu'il accomplit les desseins de Dieu sur Babylone. En conséquence, il fit publier une proclamation pour inviter les Juifs à retourner dans leur patrie, et les peuples de son empire à les aider à rebâtir leur ville. On lit clans Esdras I, 2-3 : « Ainsi dit Cyrus, roi de Perse, l'Eternel le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a ordonné de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Judée. Qui est-ce d'entre vous, de tout son peuple, qui s'y veuille employer ? Que son Dieu soit avec lui ! et qu'il monte à Jérusalem qui est en Judée, et qu'il rebâtisse la maison de l'Eternel, le Dieu d'Israël ; c'est le Dieu qui habite à Jérusalem, y

Quels puissants arguments, quelle irrésistible influence purent convaincre Gyrus que le Dieu du ciel habitait Jérusalem, qu'il était le seul vrai Dieu, et que c'était lui qui avait fait toutes ces choses ? Il n'avait pourtant pas été élevé dans la foi de ce Dieu, ni dans les Saintes Ecritures. Il avait été jusqu'alors un adorateur zélé des idoles, et c'était elles seules qu'il invoquait dans sa jeunesse. A cela je réponds : c'était le pouvoir de Dieu rendu manifeste par les prophéties et leur accomplissement, non point dans, un sens spiritualise, non point d'une manière obscure, incertaine et difficile à comprendre ; mais par une démonstration positive, simple et littérale, que nul ne pouvait rejeter ou nier. Esaïe nous apprend que tel était le but du Seigneur, en révélant ses desseins avec tant de clarté. Et C}tus fit voir par sa conduite qu'il l'avait ainsi compris.

Remarquons ici que, lorsque nous aborderons cette partie des prophéties qui n'ont pas encore été accomplies, nous apporterons des preuves positives que les nations païennes des derniers jours seront également convaincues de la même manière que le fut Gyrus; c'est-à-dire qu'il y a certains événements clairement prédits par les Pro-

phètes, pas encore accomplis, qui, après avoir reçu leur accomplissement, prouveront à ces nations l'existence du vrai Dieu ; et elles reconnaîtront qu'il avait annoncé ces événements et qu'il les a accomplis. Et alors les grands docteurs et les savants théologiens de la Chrétienté, comme toutes les sectes, qui donnent aux prophéties une autre interprétation que l'interprétation littérale, resteront confondus et seront forcés de reconnaître que tout s'est accompli, comme cela est écrit.

Mais revenons à nos recherches sur les prophéties et leur accomplissement. Les Prophètes avaient non seulement prédit la conquête de Babylone par Gyrus, mais ils avaient proclamé la destinée de cette ville à travers tous les siècles. Ils avaient annoncé qu'elle serait frappée d'une complète désolation pour ne plus être jamais habitée, même par les Arabes errants. « Les Arabes n'y dresseront plus leurs tentes, « avait dit le prophète Esaïe (XIIL 20).

Joseph Wolfe, le célèbre missionnaire Juif, durant son voyage dans la Ghaldée, s'informa auprès des Arabes s'ils dressaient leurs tentes parmi les ruines de Babylone. llsrépondirent négativement, déclarant qu'ils craindraient en le faisent d'être visités par l'esprit de Nimrod, le fameux chasseur. Ainsi toutes les prédictions des Prophètes sur cette puissante ville ont été accomplies.

L'ancien pays d'Edom nous offre un autre exemple frappant de l'accomplissement des prophéties. Ces prédictions sur Edom furent faites dans un temps où le sol fie ce pays était fort productif, bien cultivé, et couvert de villes et de villages florissants. Il ne reste maintenant de ces villes que des monceaux de ruines désolées, repaire des cormorans, des butors, des serpents, et des bêtes fauves. Le Seigneur a frappé le sol de stérilité et en a fait un désert depuis des siècles, en accomplissement formel des prophéties.

Arrêtons-nous un instant à la vision* de Daniel sur le bouc et le bélier, rapportée dans le huitième chapitre de

son livre. Nous engageons le lecteur à lire le chapitre tout entier. Pour nous, nous allons plus particulièrement nous attacher à l'interprétation de cette vision, telle qu'elle fut donnée par l'ange Ga])riel à ce prophète. (VIII, 19-25.) « Et il me dit : Voici, je te ferai savoir ce qui arrivera jusqu'à ce que l'indignation finisse ; car au temps arrêté la fin arrivera. Le bélier que tu as vu, qui avait deux cornes, ce sont les rois des Mèdes et des Perses ; et le bouc velu est le roi de Javan ; et la grande corne qui était entre ses yeux, c'est le premier roi. Et en ce qu'elle s'est rompue, et que quatre cornes se sont élevées en sa place, c'est que quatre royaumes s'élèveront de cette nation, mais non pas selon sa force. Et à la fin de leur règne, quand le nombre des transgresseurs sera accompli, il s'élèvera un roi d'une contenance fière, et entendu en subtilités. Et sa puissance s'accroîtra, non pas toutefois par sa force ; il fera de prodigieux dégâts, et il prospérera, et exécutera, et il détruira les puissants et le peuple des saints. Et par le moyen de ses artifices, il fera prospérer la fraude dans sa main ; il s'élèvera dans son cœur, et par la prospérité il en détruira plusieurs ; il résistera contre le Seigneur des Seigneurs; mais il sera brisé sans main. »

Dans cette vision, il est d'abord question de l'empire des Mèdes et des Perses, tel qu'il exista jusqu'à ce qu'il fut conquis par Alexandre le Grand. Or, c'est un fait bien connu que cet empire prit des accroissements extraordinaires, un peu après la mort de Daniel, et qu'il poussa ses conquêtes dans le nord, dans le sud et l'ouest, au point de tout faire plier devant lui. Mais Alexandre, roi de Macédoine, arrivant de l'ouest, à la tête d'une petite armée d'hommes d'élite, vint attaquer les Perses sur les bords du Granique. Ayant lancé son cheval dans ses eaux, et suivi de son armée, il traversa la rivière et fondit impétueusement sur les Perses, qui, rangés en bataille sur le rivage, étaient dix fois plus nombreux ; mais, en dépit de leur nombre et quoiqu'ils eussent l'avantage

du terrain, les Perses furent mis en pleine déroute. Alors les Grecs s'avancèrent dans Tintérieur du pavs, et, après avoir vaincu maintes fois les Perses en bataille rangée, ils les asservirent complètement. On sait qu'Alexandre le Grand subjug-ua toutes les nations les unes après les autres, et qu'après avoir fait la conquête de l'univers il vient mourir à Babylone, à Vàge de trente-deux ans. Ainsi après avoir pris un accroissement considérable, la grande cor'iie fut rompue, et à sa place il en surfit quatre autres vers les quatre vents des cieux. L'empire d'Alexandre fut divisé entre quatre de ses généraux, qui n'obtinrent jamais sa puissance. Et vers la décadence de ces royaumes, quand la transgression des Juifs fut arrivée à son comble, ces derniers furent rudement châtiés par les Romains, qui prirent Jérusalem, et firent cesser le sacrifice journalier. Les Romains ne s'arrêtèrent pas là, ils extermijiérent les hommes puissants et saints, c'est-à-dire, les Apôtres et les Chrétiens primitifs qui furent mis à mort par les autorités de Rome.

Nous le demandons, est-ce que l'histoire des Etats- Unis nous rapporte plus clairement les événements passés, que la sagesse du prophète Daniel ne décrivit les événements de l'avenir, dont quelques-uns ne devaient s'accomplir qu'après de longs siècles, et que nulle sagacité humaine n'aurait jamais pu prévoir ? De nos jours, l'homme par son intelligence, est parvenu à faire bien des prodiges. Il peut parcourir les immenses solitudes de l'Océan sans vent ni marée : il peut s'élancer dans les nues sans le secours des ailes : sans l'aide des animaux, il franchit les distances avec une surprenante vélocité, et il fait circuler sa pensée avec la rapidité de la foudre. Mais il est un principe qu'il ne pourra jamais atteindre ; non, pas même par la sagesse combinée des siècles; l'argent ne saurait Tacheter; il ne vient que de Dieu seul, et il est donné gratuitement à l'homme. Le prophète disait aux idoles : « Dites-nous ce qui arrivera, pour que nous sachions que vous êtes des dieux. »

Maintenant nous allons démontrer avec f4uelle exactitude les prophéties furent littéralement accomplies dans la personne de Jésus-Christ. « Voici, avait dit le prophète, une vierpce concevra, et elle enfantera un fils. »

Bethlehem devait être le lieu de sa naissance, et l'Eyvpte, où il séjourna avec ses pai'ents, l'endroit d'où il devait être appelé. Il vint habiter la ville de Nazareth, car il était écrit : «. Il sera appelé Nazaréen. » Il fit son entrée à Jérusalem sur un ânon, parce que le prophète avait dit : « Voici, ton Roi vient, doux et humble, monté sur un ânon... »

Le prophète avait encore dit : a II sera afflig-é et méprisé, un homme de douleurs, et qui sait ce que c'est que la langueur ; il sera mené à la tuerie comme un aiçneau ; et comme une brebis est muette devant celui qui la tond, de même il n'a point ouvert sa bouche. Il a été emmené de la prison et du jugement; et qui racontera sa génération ? Car il a été retranché de la terre des vivants. Il a été frappé pour nos iniquités, et nous avons la guérison par sa meurtrissure; dans sa mort il a été avec le riche, y

Aucun de ses membres n'est brisé ; ses vêtements sont partagés et tirés au sort; on lui donne du vinaigre et du fiel à toire; il est trahi pour trente pièces d'argent; enfin, après sa mort, ayant été mis au sépulcre, il ressuscite triomphant le troisième jour, sans avoir subi la corruption.

Maintenant, cher lecteur, si vous eussiez accompagné le Rédempteur durant son séjour sur la terre, et que vous eussiez mis par écrit les circonstances particulières de sa vie et de sa mort, votre histoire ne serait pas plus clairement rédigée que celle que les Prophètes en firent des centaines d'années avant sa naissance. Une remarque importante à faire sur la manière dont les Apôtres interprétaient les prophéties, c'est qu'ils se bornaient à les citer, et signalaient ensuite leur accomplissement. Par cette méthode, ils étaient à même de produire, dans

les synagogues, des f)reuves si convaincantes aux yeux des Juifs, que ceux-ci se trouvaient forcés de croire que le prétendu imposteur qu'ils avaient crucifié, était bien réellement le Messie. Mais si, à l'exemple des grands docteurs du jour, ils se fussent avisés de vouloir donner aux prophéties un sens spiritualiste ou une application incertaine, tout serait resté dans le doute et le vague, et la certitude aurait disparu de la terre.

Après avoir examiné les Prophètes de l'Ancien-Testament, et avoir clairement démontré que l'accomplissement de leurs prédictions ne pouvait s'entendre que dans un sens littéral, on demandera peut-être si cela s'applique également aux prophéties du Nouveau-Testament. Nous allons donc rapporter quelques exemples importants, puisés dans le Nouveau-Testament; puis, nous explorerons le vaste champ des prophéties non encore accomplies.

L'une des prophéties les plus remarquables de la Bible nous a été donnée par Luc. La voici (Luc XXI, 20-24) : « Et quand vous verrez Jérusalem environnée par les armées, sachez que sa désolation est proche. Alors, que ceux qui seront dans la Judée s'enfuyent aux montagnes; que ceux qui seront au milieu d'elle se retirent ; et que ceux qui seront à la campagne ne rentrent point dans la ville. Car ce seront alors les jours de la vengeance, afin que toutes les choses qui sont écrites s'accomplissent. Malheur aux femmes qui seront enceintes, et à celles qui allaiteront en ces jours-là; car il y aura une grande calamité sur ce pays, et une grande colère sur ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, et ils seront menés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée par les Gentils, jusqu'à ce que les temps des Gentils soient accomplis. »

Cette prophétie comprend la destinée de Jérusalem, de son Temple, et de toute la nation Juive depuis dixhuit siècles. Vers l'an soixante-et-dix, l'armée Romaine vint assiéger Jérusalem. Les disciples de Jésus, se sou-

venant des avertissements qui leur avaient été donnés, quarante ans auparavant, par leur divin Maître, se réfug-ièrent dans les montag-nes. La ville de Jérusalem fut prise après un long siège, dans lequel les Juifs eurent à essuyer toutes les extrémités de la famine, de la peste et de 1 épée. Ils remplirent des maisons de leurs morts, faute de place pour les enterrer, tandis que des femmes dévorèrent leurs propres enfants. Dans cette guerre, il périt, en Judée, près de quinze cent mille Juifs, sans compter les prisonniers. Le pays fut ravagé, le Temple détruit, la ville brûlée, et les misérables restes de ses habitants furent dispersés parmi toutes les nations de la terre. Depuis cette époque, leur situation n'a jamais varié; ils ont été chassés de ville en ville, de contrée en contrée, sous la fréquente et fausse accusation d'avoir commis les plus grands crimes, pour lesquels ils étaient exilés, et leurs biens confisqués. En effet, considérés le plus souvent comme des proscrits parmi les nations, la plante de leurs pieds ne pouvait nulle part trouver de repos ; ils étaient partout un objet de mépris et de dérision, et on disait en les voyant : « Voilà le peuple de Dieu, il a été banni de sa patrie, o

Depuis lors, les Gentils ont possédé le pays de Canaan, et foulé aux pieds la cité sainte, où leurs pères avaient adoré le Seigneur. (Jr, durant cette longue captivité, les Juifs n'ont jamais perdu de vue leur patrie absente. Leurs yeux ont surveillé, et leurs cœurs ont soupiré pour le jour où il leur sera permis de reprendre possession de ce riche héritage, légué à leurs pères, de rebâtir Jérusalm et le Temple, de rétablir leur prêtrise et leur ancien culte. Ils ont fait plusieurs tentatives de retour, mais ils y ont constamment échoué; car le Seig-neur avait inaltérablement décrété que Jérusalem serait foulée aux pieds des Gentils jusqu'à ce que les temps des Gentils fussent accomplis. Moïse et les Prophètes s'étaient clairement exprimés, dans leurs écrits, sur cette longue dispersion ; Moïse avait même

DES PROPHETIES DEJA ACCOMPLIES io

mentionné cette particularité que des enfants seraient secrètement mangés durant le siège, tant seraient affreuses les extrémités auxquelles ils seraient réduits. Quiconque lira le 28""® chapitre du Deutéronome, lira l'histoire des calamités subies par les Juifs, prédites par Moïse avec toute la clarté qui caractérise l'histoire des événements du passé, et cela des milliers d'années avant leur accomplissement.

Nous citerons ensuite une prédiction qui se trouve dans le 21"»® chapitre des Actes (10-11), faite par le prophète Agabus qui, ayant pris la ceinture de Paul et s'en étant lié les mains et les pieds, s'écria : « Voici ce que dit le Saint-Esprit : C'est ainsi que les Juifs livreront dans Jérusalem l'homme à qui est cette ceinture ; et ils le livreront entre les mains des Gentils. » L'accomplissement de cette prophétie est trop connu pour qu'il soit nécessaire de s'y arrêter. Nous allons donc passer à une prédiction de Paul, qu'on trouve dans sa 2"^*^ épître à Timothée (IV, 2-4) : « Car il viendra un temps que les hommes ne souffriront point la saine doctrine; mais qu'ayant une démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront des docteurs selon leurs propres plaisirs ; et ils fermeront l'oreille à la vérité, et se tourneront vers des fables. » Cette prophétie a été accomplie à la lettre, car elle s'applique à tous les docteurs qui ont paru depuis Paul jusqu'à nos jours, à l'exception de ceux appelés par révélation directe et inspirés du Saint-Esprit. Mais pour convaincre le lecteur qu'elle a été rigoureusement accomplie, nous n'avons qu'à lui faire jeter les yeux sur les innombrables prêtres qui, de nos jours, prêchent pour de l'argent, qui ne rempHssent leurs fonctions que pour un salaire, et n'ont reçu leur autorité que des hommes. Quant aux fables qu'ils débitent, nous n'avons besoin que de mentionner les interprétations spiritualistes et privées des Ecritures, qui se font entendre de presque toutes les chaires ou qu'on lit dans toutes les publications religieuses,

Mais il Y a une autre prophétie de Paul bien digne de fixer notre attention, comme dépeignant parfaitement l'époque actuelle. Elle se trouve dans les cinq premiers versets du 3'"''' chapitre de la 2"''' épître de Timothée. En voici le texte : « Sache également que dans les derniers jours il y aura des temps périlleux. Car les hommes seront amateurs d'eux-mêmes, avares, vains, orgueilleux, blasphémateurs, désobéissants à leurs pères et à leurs mères, ingrats, profanes; sans affection naturelle, sans fidélité, calomniateurs, incontinents, cruels, ennemis des gens de bien; traîtres, emportés, enflés d'orgueil, amateurs des voluptés plutôt que de Dieu, ayant le dehors de la sainteté, mais niant sa puissance. Eloigne-toi de ces gens-là. »

Par le dernier verset, nous apprenons à notre grand étonnement que ce total d'affreuse perversité ne s'applique SEULEMENT quà ceux qui font profession de religion^ c'est-à-dire que Paul a prédit que ce serait là le caractère des hommes des derniers jours, se parant du titre de Chrétiens. Ne tressaillez pas, cher lecteur, nous ne faisons pas cette application sans une preuve concluante et positive. Mais s'il vous reste encore quelque doute sur le témoignage de Paul à cet égard, jetez un coup d'œil autour de vous, et jugez par vous-mêmes. « Vous les connaîtrez par leurs fruits. »

Mon cœur s'afflige, en traçant ses lignes. Hélas ! en sommes-nous arrivés-là? L'esprit de vérité n'a-t-il soulevé le voile de l'obscurité de dessus les derniers jours, que pour nous montrer un peuple d'apostats, une église déchue, corrompue, remplie de toute sorte d'abominations, et méprisant même les justes ; tandis qu'il ne lui reste qu'une vaine forme de sainteté, et qu'elle nie le pouvoir du Seigneur; c'est-à-dire, qu'elle rejette l'inspiration directe et les dons surnaturels du Saint-Esprit, qui constituent toujours l'Eg-lise de Christ? Etait-ce seulement pour cela que le Saint-Esprit, dévoilant à quelques élus les événements futurs, leur fit contempler l'au-

rore radieuse des derniers jours? O vous, Prophètes et Apôtres, saints hommes des temps passés, qu'avez-vous fait, si vous vous arrêtez-là? Et que deviendrions-nous, si vos visions prophétiques, en remontant le cours des siècles, n'avaient pas dépassé les temps actuels ? Hélas ! vous avez rempli nos cœurs de chagrin et de désespoir; vous avez laissé les Juifs errants dans la tristesse et dans les ténèbres, loin de tout ce qu'ils estiment le plus au monde; la terre de leur héritag-e est dans la désolation. Jérusalem est encore au pouvoir des Gentils, le Temple n'est plus, et eux-mêmes méconnaissent le vrai Messie? Après avoir été greffés sur l'olivier franc et avoir largement puisé de sa sève, les Gentils, à l'exemple des Juifs, ont apostasie, et, à cause de leur incrédulité, ils sont comme des arbres ne portant plus de fruits, morts et déracinés; ils n'ont qu'une vaine forme de sainteté; et les dons et les pouvoirs qui caractérisaient l'ancienne Eglise, ont disparu de la terre. Etait-ce là le but de tous vos travaux? Est-ce pour cela que vous avez tant voyagé, tant sué, et que vous avez versé votre sang et perdu la vie? Répondez. S'il vous reste un mot de consolation touchant l'avenir, prononcez-le promptement, pour que nos âmes ne languissent plus, désespérées, dans cette sombre vallée de larmes.

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