‹ Une voix d'avertissement et instruction a tous les peuples ou introduction a la foi et aux doctrines de l'Eglise de Jeâsus-Christ des Saints des Derniers-JoursChapitre 2 sur 32 · PREFACE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

PREFACE DE L'AUTEUR

Pendant les neuf dernieres annees, I'esprit public a 6te plus ou moins constamment agite, dans tons les Etats de 1' Union, par les cris de : Mormonisme, Mormonisme, Fraude, Imposture, Fanatisme, etc., vociferations poussees surtout par la presse. Vn grand nombre de journaux americains n'ont cesse de publier mille absurdites et dc vomir les injures les plus grossieres, dans le but de detrurre I'influence et le caractere d'une innocente Societe dans son enfance. Notez que la plupart de nos gazetiers n'avaient pas la moindre teinture de nos ATais principes. On avait recours a toutes les mecliancetes, on inyentait centre eux les calomnies les plus atroces, a tel point qu'en bien des endroits toutes lesoreilles etaient fermees contre eux, sans la possibilitede se faii-e entendre un seul instant. S'il n'y avait eu que cela, nous n'aurions pas encore tant sujet de nous plaindre ; mais il en est resulte que nous avons ete attaques par des emeutiers, beaucoup de nos maisons ont ete saccagees oil brulees, nos Mens detruits, et nos moissons ravagees. Bien plus, un certain nombre de nos freres ont ete lapides, fouettes, et fusilles ; notre sang a^teverse, pour nos doctrines religieuses, et il fume encore, sur le sol de notre patrie, sur cette pretendue terre classique de la liberte et de I'egalite ! Tous nos efforts pour obtenir satisfaction ont ete vains ; nos hommes d'etat ont toujours ete sourds a. la voix de 1 mnocence, quiimplorait a leurs pieds pom- la justice ^et le libre exercice de nos droits de cit ovens Americains.

Dans de pareilles circonstances, que faire r Comment detromper I'esprit public ? Nous etions peu

XViii PEilFACE.

nombreux, et iios moyens de piiblicite se trouvaient fort restreints. Les colonnes de presque tous lea journaux nous etaient ferine es, leur popularite se trouvant menacee des I'instant que nos principes y etaient admis. II est vrai que nous publiions ■ une feuille mensuelle, dans laquelle nos doctrines Etaient franchement exposees, mais la circulation en etait fort limitee. Dans ces circonstances, eussionsnous eu la langue des anges, le zele des apotres, nos coeurs immenses comme I'eternite, 1' intelligence du ciel, et 1' amour de Dieu brulant notre sein ; eussions nous eu a porter des nouvelles aussi joyeuses qu'aucune de celles qui furent jamais apportees par I'arcliange Michel des regions celestes, il nous eut ete aussi impossible de les communiquer au public, qu'il le fut a Paul, quand, debout au milieu de la ville d'Ephese, et voulant annoncer la bonne nouvelle d'un Iledempteur cruciiie et ressuscite, sa voix fut engloutie dans cette clameur soudaine, universelle : " Grande est la Diane des Ephesiens !" Elevez la voix au milieu des vagues tumultueuses de 1' ocean ; allez discuter au milieu du fracas de vingt pieces de canon ; parlez durant les mugissemonts d'une tempete qui lance un deluge d'eau sur les plaines ; quevotre voix se fasse entendre parmi les rugissements de cinquante cliariots roulant soudain sur le pave des rues ; ou, ce qui serait encore plus inutile, conversez avec un homme plonge dans un profond sommeil, ou bieu tacbez de faire entendre raison a un homme ivre, pendant qu'il chancelle de 9a de la sous I'influence de la liqueur ; et alors a'ous pourrez vous convaincre de I'impossibilite qu'il y a de faire accepter la verite h I'homme qui prend pour guide la rumeur populaire, ou qui se laisse doucement entrainer par le courant de I'opinion publique, sans s'arreter un instant pour ecouter, pour peser, pour examiner loa

deux cotes de la question, et juger pom- lui-meme.

L'lm des plus grandes obstacles a Texpansiou de la yerite, dans tous les ages du monde, est la maree de I'opinion publique. Qu'un rayon de lumiere eclate surle monde, dans n'importe quel siecle, et il A'iendra heurter infailliblement des ti'aditions, des opinions seculaires, et des prejuges inv^teres, ou bien froisser les interets de quelque speculation religieuse ; et vous les verrez alors, comme les Ephesiens, tenir conseil sur ce qu'il y a a faii'e : leur grande deesse sera decriee, sa magnificence meprisee, et son temple abandonne, ou bien, ce qui serait encore plus mauTais, leur metier sera en danger ; or, tout leur gain vient de la. Rappelez-yous les apotres aux prises aA-ec les Rabins des sj-nagogues juives, ou ayec les superstitions des Gentils ; en uii mot, en guerre ayec tous les etablissements religietix de la terre. Souyenez-yous de ces clameurs populaires : "Si nous les laissons ainsi precher, tout le monde les croira, et les Romains yiendront prendre notre yille et conquerir notre nation." " Ces hommes qui toiirnent le monde sens dessus dessous sont arriyes ici." *• Quelle est cette nouyelle doctrine, car tu yiens de nous faire entendre d'etranges choses ?" " Ces horames troublent extremement notre yille, et ils enseignent des usages qu'il ne nous est pas permis d' adopter, etant Romains." "Que dit ce discoureur ? il semble qu'il annonce des diyinites etrangeres ;" et beaucoup d'autres phrases semblables.

Jetez un coup d'osil sur le passe. Voyez, par exemple, la conduite de I'Eglise Mere euA^ers les reformateurs de tous les siecles. Elles les colomnia, les difFama, les excommunia de diyerses manieres ; en meme temps qu'elle faisait croire aux populations ignorantes qu'ils etaient les plus execrables tcelerats du monde, Rappelez-yous un instant les

anieres perplexites de Cliristoplie Colomb. Ilomine obscur, d'une instruction bornee, mais noble genie, ame priviligiee, done d'une intelligence qui refusait de se renfermer dans la yieille voie ; en un mot, libre penseur, il brisa la chaine des traditions seculaires qui garottait les nations de la terre. Son esprit s'elevant, pour ainsi parler, sur les ailes d'un aigle^ laissa bien loin derriere lui les genies si vantes de Rome et de la Grece ; il sut penetrer, lui, les sombres mysteres qui couvraient d'un voile les mers de r Occident. Voyez-le luttant pendant buit longues annees contre Vignorance savante des Cours et des theologiens de I'Europe : les sourires de mepris des grandes dames, le persiflage des courtisans, I'ironie des lettres, les ricanements des abbes, tels etaient les solides arguments opposes a sa theorie. Mais quel en fut le resultat, lorsqu'apres avoir mendie sans succes de coiu" en cour I'appui des Grands, il obtint a la fin I'armement de trois modestes caravelles ? Un monde nouveau s'ofFrit tout a coup aux regards eblouis des nations de 1' Orient, immense continent destine a devenir le theatre des evenements les plus glorieux et les plus inattendus des derniers jours, Ce fait ne fut pas plus tot demontre, qae toutes les objections philosophiques, geographiques et religieuses s'evanouirent en un instant ; I'ignorance orgueillcuse et I'aveugle fanatisme furent contraints, cette fois, de baiser la poussiere et de courber humblement le front devant le merite reel : ils apprirent a leurs depens qii'un seul fait, claii-ement demontre, vaut dix mille theories et opinions bumaines.

Cela dit pour demontrer I'indispensable neeessite d'ecouter, avant de juger, je me borne aajouter que le but de eette publication est de donner au public ties instructions correctcs sur un systeme religieux qvd, dansle court espace de iieuf ans, apenetrc dans

ies Etats de 1' Union, depiiis la Maine jusqu'au Missouri, ainsi que dans Ies deux Canades ; organisant partout sur ses j)as des Eglises et des Coiilerences, et reunissant deja de soixantea. cent mille disciples ; ayant a soutenir, en meme temps, le ciioc d'une influence religieuse ecrasante, et a luttex contre Ies attaques passionnees des innombrables sectes Americaines. Qui, hors le bras du Tout-Puissant, aurait pu faire ainsi progresser notre Eglise au milieu de la rage de ses ennemis ; Eglise ayant a combattre Ies prejuges des ignorants et a repousserles attaques des savants, en guerre avec toutcs Ies croyances et toutes Ies speculations religieuses de la Chretiente, pendant que Ies forces combinees de la terre et de i'enfer excitaient contre elle un tempete de persecutions, sans exemple dans I'histoire de notre patrie I

Get ouvrage est aussi destine a. etre une voix d'avertissement, ou une proclamation de la Verite a tons Ies bommes dans Ies mains de qui il pent tomber ; afin qu'ils comprennent et qu'ils se prepai-ent pour le grand jour du Seigneur, Les opinions et les hypotheses individuelles en matiere religieuse sont des choses plus que mauvaises ; des faits, bien demonties, peuvent seuls etre utiles au genre humain, Et comme le Saint-Esprit peut seul nous conduire a toute verite, nous supplions Dieu le Pere Eternel, au nom de Jesus-Christ son Fils, de nous inspirer par I'esprit de Verite, afin que nous puissiona ecrii-e la pure verite, et que ce livre de vienns la parole de Dieu, I'Evangile eternel, le pouvoir de Dieu pour le salut, premierement aux Gentils, et ensuite aux Juifs.

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