‹ Une voix d'en basChapitre 51 sur 96 · SAWA · texte numérisé non relu

SAWA

Vous avez , monseigneur, un cœur plein de noblesse. Vous ôtes généreux !

LAMORLIÈRE

Qui soutient la faiblesse D'un ange tel que toi se trouve assez heureux, Et ne mérite en rien le nom de généreux.

Au reflet de vos yeux , mon cœur semble se fondre, Ma voix à votre voix, seigneur, n'ose répondre. Tant de rôves soudains me font trembler, j ai peur De mes illusions comme de mon bonheur.

Je souflre de cacher cet amour à ma mère , Elle qui me disait , dans sa parole austère : L'Éternel ne veut pas, lui, notre seul soutien. Que le sang d'Israël se môle au sang chrétien.

LAMORLIÈRE

Mais ton dieu , ma Sara , serait-il si sévère.

Qu'il condanuiût nos cœurs. Moi je veux voir ta mère.

SARA

Comment! Serait-il vrai?

LAMORLIÈRE

Lui demander ta main.

SARA

Vous me faites mourir!

LAMORLIÈRE

Je la verrai demain.

SARA

Oh ! c'est trop de bonheur pour le cœur d'une femme.

LAxMORLIÈRE.

Ne sortirez-vous pas?

Au Parvis Notre-Dame , Seigneur, nous passerons.

LAMORLIÈRE

Fort bien ; oui , c'est cela.

Vers le soir?

SARA

Vers le soir.

LAMORLIÈRE

Je vous attendrai là.

Essuyons nos beaux yeux.

SARA

Vous me rendez joyeuse !

LAMORLIÈRE

Un baiser sur ton front.

' SARA

Adieu, je suis heureuse.

(FJ le sort,)

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