SCÈNE MIL
AMARILLA.
Vous ne le ferez pas , Allons auprès de lui pour retenir ses pas...
(Regardant dans le salon) Il n'est pas au salon ; tout le sang de mes veines
Abonde dans mon cœur , sont-ce des craintes vaines
Qui m'agitent? Sara ! ce nom me fait horreur.
Oh ! fille du démon , qui brises mon bonheur,
Sara ! fille maudite au jour de ta naissance,
\e crains-tu rien de moi , de moi que l'on offense ?
Oh ! tu ris , n'est-ce pas? oui , vous riez tous deux ,
De l'hymen aujourd'hui vous flétrissez les nœuds;
Vous riez de la foi que l'on doit à l'épouse ,
Tremble , tremble , Sara ! car moi , je suis jalouse.
Un rendez-vous chez moi ! mais si je m'y rendais ,
Moi-môme à mon époux si je me présentais...
Sans forfaire à l'honneur, moi, je puis bien m'y rendre;
Oui, c'est cela , partons: comment vais-je m'y prendre?
Relisons ce billet : « Je me rends à vos vœux,
« J'ai mis une mantille, un voile sur mes yeux;
« Le valet qui m'attend peut rester à la porte,
« Je me présenterai , comte , faites en sorte
« Qu'il se trouve présent pour me conduire à vous...
« A bientôt , monseigneur. » C'est assez , hâtons-nous !
Avant toi j'y serai , juive à l'àme damnée
Mon Dieu ! secondez-moi pour venger l'hy menée.
{Klle revêt une maiilille,jeUe son voile sur son visage et
sort, Ismael , pendant cette scène, a suivi des yeux
tous les mouvements d'AmariUa.)