‹ Une voix d'outre-tombe [microforme]Chapitre 81 sur 116 · LA MADONE DE PIE IX · texte numérisé non relu

LA MADONE DE PIE IX

Oh! voyez donc comme elle est belle !

Comme le marbre froid et dur

Ondule et s’assouplit pour elle !

Comme son front est noble et pur!

D'où vient cette image bénie ?

Serait-ce un céleste ciseau

Qui grava les traits de Marie, Et fit un chef-d'œuvre si beau ?

Quelle main a su le produire.

Le temps, un jour nous l’apprendra..

—Ici simplement je veux dire Comme elle vint en Canada.

Pre IX, de la grande famille

Est le Père plein de bonté ; Et des vertus dont son cœur brille La premiére est la charité.

Qu'une âme à ses pieds prosternée Tremble; Lui, d’un regard si doux Chasse une crainte déplacée Qu'on s’enhardit à ses genoux.

On sent que Pre IX est un Père ; Que le moindre de ses enfants Peut lui formuler sa prière,

Lui découvrir ses sentiments,

’est ce que fit, avec ivresse, Notre vénérable Pasteur, Quand ainsi dans son allégresse, II lui dit le vœu de son cœur :

M Te 6 ad

Dr pong dit

‘“ Bien au-delà de l'Atlantique, ‘ Saint Père, il est une Cité

‘“ Connue de toute l'Amérique ‘“ Pour son ardente piété.

‘“ Cœur généreux, pieux génie, “ Notre père OLIER la fonda,

‘“ Pour s’appeler VILLE-MARIE, ‘“ Sous le beau ciel du Canada.

“Sous une influence si sainte,

‘“ Avec ce nom béni des cieux,

‘ La ville étendit son enceinte

‘“ Au pied d'un Mont majestueux.

‘Ses premiers fils, par leur courage, ‘ D'avance marquèrent son rang ;

‘ Et de sa foi divin présage,

“ Martyrs, lui donnèient leur sang.

‘Comme elle croissait, de Marie

‘“ L'amour en son sein grandissait :

‘“ Quand des fléaux l’avaient meurtrie, ‘ Ce saint amour la soutenait.

‘ Plus tard, quand des mains de la France ‘ ]1 fallut passer aux Anglais, ‘ Elle garda comme espérance ‘“ L'amour de Marie à jamais.

‘ Combien de fois notre prière ‘ À dit à la Mère d'amour

‘“ Et vos douleurs, Ô Très-Saint Père “Et vos larmes de chaque jour !

‘ Que de fois votre délivrance “ Fut-elle l’objet de nos vœux !

‘“ Et que de fois votre souffrance, “De pleurs y mouilla tous les yeux !

“ Mais si notre Cité chérie

“ Pouvait raviver sa ferveur,

‘ Près d’une image de Marie,

“ Présent du suprême Pasteur...

‘ Combien ses prières ardentes,

‘ Pour lui s'élèvant au Sat Lieu,

‘“ Obtiendraient de faveurs touchantes ‘“ Du cœur de la Mère de Dieu !”

PIE IX d’un aimable sourire Accueillant ces pieux soupirs, (1) Répondit : ‘Je vais vous conduire ‘ Où je puis combler vos désirs.”

Et sans penser à sa vieillesse

Le Saint Père marchait joyeux :

Il se disait dans sa tendresse :

“Je m'en vais faire des heureux ! ”

Le Pasteur, suivi d’un confrère, Marchait en portant les flambeaux; Trop heureux, avec le Saint Père De passer des moments si beaux.

Au bout de ce voyage aimable,

Pie IX, du geste le plus doux, Montrant une Vierge admirable, Leur dit: Eh bien! la voulez-vous ?

—Quoi! cett pieuse Madone ;

‘“ Elle est à nous ?... Vous le voulez ?

—Oui, de tout cœur je vous la donne, “Si toutefois vous l’emportez.

(1) Les détails qui suivent sont presque mot pour moi, ce qui fut prononcé de part et d’autre en cette circonstance,

—Oh! oui, Saint Père, je l'emporte ; ‘Je la saisis de mes deux bras!

—Arrftez; la charge est trop forte ; ‘“ Deux hommes n'y suffiraient pas.

“Mais elle suivra votre route,

“Je le promets, ne craignez rien.

—Et la colonne aussi, sans doute ?..

‘ L'un sans l’autre n'irait pas bien.

—Encore ma belle colonne ?

Dit le Saint Père, en souriant.

—Oui, Saint Père !—Eh bien! je la donne, “ Puisque vous la désirez tant.”

Au cou de l’aimable statue

Pendait une petite croix,

— ‘Elle, au moins, ne vous est pas due,” Dit Pre IX d’une douce voix :

“Je la porte sur ma poitrine,

‘“ Ma toute petite croix d’or:

“ Mais parfois ma Mère divine

‘ Reçoit ma peine et mon trésor.

—Oh! Laissez-la sur cette image, ‘ Saint Père, comme un souvenir!

‘ En devenant notre partage “ La Vierge doit nous l'obtenir.”

Pie IX souriait en silence :

Puis : ‘ Sortons, dit-il, il est temps :

‘“ Et, pour finir cette audience,

“ Je vous bénis, mes chers enfants !”

Trois mois après, grande nouvelle !

La Vierge entrait dans notre port...

—Faisons la fête la plus belle ; Livrons-nous au plus doux transport !

Voyez la tendresse d’un père !….

Rien ne manque !...On trouve à la fois La Vierge et la colonne entière

Et même la petite croix !

Combien notre Pie IX nous aime !

Pour nous comme il est généreux !

Ne faut-il pas l’aimer de même;

Lui donner nos secours, nos vœux ?

A lui notre reconnaissance ;

A lui le fruit de nos labeurs ; Et toujours, pour sa délivrance, La prière dans tous les cœurs |

Vierge, dont l’image chérie Nous parle si souvent de Lui, Jusqu'au dernier jour de sa vie Soyez sa force et son appui !

Donnez, sur terre, à sa vieillesse Bientôt un triomphe éclatant ;

Puis, au ciel, l’éternelle ivresse, Et des trônes le plus brillant |!

Page 1