LE PLUS BEAU JOUR DE LA VIE
MONSEIGNEUR
Le ciel dans ce beau jour s’est ouvert sur nos têtes : Des torrents de plaisir inondent notre cœur :
Nous avons célébré la plus douce des fêtes :
Nous ne saurions assez chanter notre bonheur. Nous sentons maintenant combien est véritable
La parole que dit un célèbre guerrier :
Le jour qui nous conduit à la divine Table
Pour la première fois, des jours est le premier ! Boire le vin du Ciel, manger le Pain des Anges ; Sur le sein de Jésus sentir son cœur frémir ;
Voir les célestes cœurs suspendant leurs louanges, Envier notre sort, s'étonner et gémir ;
Savoir qu’en sa poitrine on possède Dieu même ; Qu'il trouve en notre cœur son trône, son autel, Qu’à chacune de nous Jésus redit : je t’aime |! N'est-ce pas sur la terre avoir trouvé le ciel ? Aussi notre bonheur, Monseigneur, est immense, Et, pour bénir le Dieu qui nous enivre ainsi,
Nous osons vous prier d’aider notre impuissance A lui dire en ce jour le plus fervent merci.
Mais cette divine allégresse Ne durera-t-elle qu’un jour ?
Comment la fixer, sans retour, Dans l’asile où notre jeunesse A rencontré le Dieu d'amour ?
A quelle garde vigilante Confierons-nous notre trésor, Et quelie main assez puissante Gardera notre âme innocente, Comme en un tabernacle d’or ?
Regarde, jeunesse chrétienne,
Le ciel vient d'écouter tes vœux:
Lui-même, il t'indique en ces lieux Celle qui sera ta gardienne.
Paix sur la terre et gloire aux cieux!
Mes Sœurs, de la voûte étoilée, Comme Saint Jean la vit jadis,
J'ai vu la Vierge Immaculée Descendre vers notre vallée
Des montagnes du Paradis.
La voici, dans sa douce image
La gardienne de notre cœur
Près d’Elle nous pourrons sans peur Etre heureuses dans ce bocage.
Nul contre Elle ne fut vainqueur, Salut, image vénérée,
Douce apparition du ciel.
Nous bénissons ton arrivée;
Ici ta place est assurée
Et dans le cœur et sur l'autel !
A tes pieds désormais nous dirons nos prières, A tes pieds nous irons nourrir nos souvenirs,
A tes pieds, chaque jour, dans ces lieux solitaires Nous irons déposer nos vœux et nos désirs.
A tes pieds dès ce jour, nous déposons nos âmes Mère, tu nous entends !...garde bien ce dépôt ! Entretiens-y toujours les plus divines flammes, Même quand il faudra te dire adieu bientôt.
Rends le bonheur présent long comme notre vie. Suis-nous de ton regard en tout temps, en tout lieu, Et fais-nous arriver à la sainte Patrie
Où nous te fêterons près du trône de Dieu !
Et puisqu’à tes genoux ta famille joyeuse
De ta bonté peut tout demander aujourd’hui,
Tu connais bien l’ami dont la main généreuse Nous donne ton image : Ô Mère, pense à lui!