‹ Une voix d'outre-tombe [microforme]Chapitre 91 sur 116 · L'ABSENCE · texte numérisé non relu

L'ABSENCE

MONSEIGNEUR

Oh ! que la nuit est longue à la douleur qui veille ! Et pourtant ce n’est qu'une nuit ! di Qu'eut-il dit si son cœur noyé dans le silence Pendant huit mois entiers à gémir sur l'absence, pe Comme nous, eut été réduit ?

| Ï | Un poëte l'a dit: et l’a dit à merveille, | |

Quand Tobie autrefois dans un lointain voyage | Dut envoyer son fils chercher un héritage as Il put supporter son départ :

Mais quand les jours aux jours succédèrent sans cesse : à Sans ramener l’objet de sa vive tendresse, | L'ennui lui vint de toute part.

Pourquoi donc notre fils s’arrête-t-il en route ?P

Quelque coup imprévu l'aura frappé sans doute : Peut-être notre enfant est mort : Lx

Et de ses yeux éteints les pleurs en abondance L

Coulaient comme un torrent: et même l'espérance 1| Le laissait à son triste sort.

Mais quand vint le retour: quand une voix chérie 4 4 Le salua gaîment : il revint à la vie “1,11 Et il oublia ses douleurs, ï Et ses yeux éclairés, en contemplant un Ange Dans l'excès d’une joie désormais sans mélange Laissèrent couler bien des pleurs.

Si grande, Monseigneur, ne fut pas notre peine : Nous entendions de vous parler chaque semaine Et nous vous suivions pas à pas.

Sur la mer, en Irlande, et surtout dans la France À Dont votre cœur aura si douce souvenance :

Nos esprits ne vous quittaient pas. ft «

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Maintes fois on nous dit: Il faut vous tenir prêtes : Il revient : préparez vos plus joyeuses fêtes : Nous le verrons à la Noël :

Du moins au jour de l'an : pour qu’Il ne nous surprenne Prenez en mains vos fleurs, douce et charmante étrenne Digne de son cœur paternel.

Et nos fleurs s’effeuillaient, ainsi que les nouvelles : Mais enfin, au Seigneur soient grâces immortelles ! Enfin vous voici de retour!

Vos heureuses enfants à vos pieds prosternées Ont oublié déjà leurs si tristes journées, L'allegresse vient à son tour.

Puisse un bonheur si doux être notre partage

Désormais pour toujours : que nul autre voyage Ne vienne à nos cœurs vous ravir ;

Et pour mettre le comble à la réjouissance

Que font naître l'amour et la reconnaissance, Monseigneur, daignez nous bénir !

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