‹ Une voix dans la fouleChapitre 11 sur 66 · DÉSESPOIR · texte numérisé non relu

DÉSESPOIR

Ce soir, sous le ciel d'ombre et d'or Où des yeux semblent apparaître, Je porte aux terres de la Mort Les rêves auxquels je fus traître.

L'heure s'assombrit sur les bois Où ne passera plus personne; Cette saison sans vents ni voix Est celle, lourde, de l'automne.

Venu de loin, allant vers où, Je ne sais plus en quel royaume J'erre à pas vag-ues comme un fou En pleurant l'ombre d'un fantôme.

Donnez-moi les fleurs de ce mois, L'hélianthe et le chrysanthème, Et celle où Ton voit une croix, Et la rose que l'hiver aime.

Puis, frères, sans vouloir en vain Consoler celui qui s'exile.

Rentrez, vous tenant par la main.

Vers les lumières de la ville.

J'irai seul, les yeux pleins de nuit, Chercher, par la plaine où j'écoute S'éteindre peu à peu tout bruit, L'enclos sombre au bord de la route

Où je pourrai, sans cris ni pleurs.

Vous oubliant, sceptres et g-laives, Ensevelir avec les fleurs La beauté morte de mes rêves.

nKS CI\IS DANS LA NUIT ^5

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