‹ Une voix dans la fouleChapitre 39 sur 66 · CE PAYS · texte numérisé non relu

CE PAYS

Ce pays est si doux qu'on y voudrait mourir En écoutant bêler, dans un bruit de sonnailles, Là-bas, près de la mer, les paisibles ouailles Qui sentent dans le vent le printemps refleurir.

On y voudrait mourir dès les premières roses De trop rêver, de trop pleurer, de trop aimer. Car ils pressent, ce cœur que rien ne peut calmer, Qu'au -delà de la vie est lo secret des choses.

LR SOLEIL Sun LES FLEURS

S'endormir à jamais dans le jardin des morts ! Ne plus entendre au loin la voix vaine des hommes ! Mais quelle est donc encor cette ombre que tu nommes? Quel est ce souvenir obscur comme un remords?

Oh ! ne crois pas tuer le printemps en toi-même Ni dérober les veux aux lueurs du réveil ! Salue à chaque aurore, en chantant, le soleil ! Toute la Terre est là qui demande qu'on l'aime !

N'entends-tu pas bêler de désir les brebis ?

Ne vois-tu pas fleurir cette saison féconde ?

Feins alors qu'il fait clair dans ton cœur et le monde,

Et, comme pour danser, mets tes plus beaux habits !

l56 UNE VOIX DANS LA FOULE

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