‹ Une voix dans la fouleChapitre 44 sur 66 · LE BEAU PAYS · texte numérisé non relu

LE BEAU PAYS

A Albert Mockel.

îvs de troupeaux lents, d'eaux vives et d'yeuses, e voici qui reviens, meurtri par la cité, j demander ta paix douce aux âmes pieuses , l'oubli de l'hiver et l'espoir en l'été.

ent<5t j'écouterai les abeilles sauvaeres larmer de leur labeur murmurant et serein, 1 le bruit de la mer sur de lointains rivag-es, beure bleue où l'on dort parmi le romarin.

l63 UNE VOIX DANS L.V FOULE

Le clapotis que fait ta rivière fleurie

Entre ses aunes verts qui lui voilent le jour

Surprend mystérieusement ma rêverie

Comme un sang-lot de vierg-e au moment de l'amour.

Dans la vallée heureuse où, le flûtet aux lèvres, Le pâtre au g-rand manteau rayé module un air, J'entends parmi les prés les brebis et les chèvres Bêler en remuant leurs sonnailles de fer.

La brise sent le thym, la sauge et la lavande. L'aubépine est éclose au bord blanc des chemins. Les cueilieuses de fleurs font une ample provende Dont restent parfumes leurs bras nus et leurs mains.

Tout est si doux qu'on rêve aux premiers jours du monde. L'air n'est qu'haleine fraîche et lég-ère chaleur. L'ombre du plein midi sous les arbres est ronde. On est loin de la ville et des cris du Malheur.

Je voudrais me jeter à g-enoux dans les herbes Et, chantant le soleil qui vainc même la mort. Te dédier aux dieux, terre des lys en gerbes. Des roses, des iris et des mimosas d'or !

LRS CHANTS DK L\ NATURE I 6g

Donnant et reprenant mou Ame à toutes choses, J'adorerai, sans les cueillir, les fleurs d'amour, Et ce sera, le soir, par leurs corolles closes Que je m'apercevrai de la fin d'un beau jour.

Je rentrerai, pensif, à la paisible auberge Par le sentier brumeux qui suit le bord de l'eau. Ecartant les roseaux, je verrai de la berg-e La lune se lever sur l'orme et le bouleau.

Mes mains fleureront bon comme cette contrée, Mes lèvres rediront ses anciennes chansons. Je comprenilrai la foi qu'il faut avoir, sacrée. En l'œuvre de la vie et des quatre saisons.

Mon retour sera doux comme le printemps même. A pas secrets j'irai m'étendre, las et fort, Auprès du corps béni de la femme que j'aime, Et je m'endormirai sans conjurer la mort.

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