‹ Une voix dans la fouleChapitre 8 sur 66 · LE PAON BLANC · texte numérisé non relu

LE PAON BLANC

A Tristan Klingsor.

Le paon blanc criant dans la nuit bleue Où la brise éparpille les fleurs Des cerisiers pâles sur sa queue,

Au fond du parc vaporeux les pleurs De l'eau qui s'écoule des fontaines Dans des marbres de maintes couleurs,

Exhalé des venelles lointaines

Ce vent d'amour qui frôle les fronts

D'un souffle de lèvres incertaines,

Et le parfum des orangers ronds Qui, dans leurs jarres de terre cuite, Bordent les balustres des perrons.

Et puis ces susurrements sans suite, Frissons de feuilles, rêves d'oiseaux Ou soupirs d'une amoureuse en fuite,

Tout ce qui, des rameaux aux roseaux, Court comme une chanson sans paroles De file uses aux légers fuseaux,

Tout me dit que, parmi les corolles Qui sont blanches dans le gazon noir, Je venai la princesse aux mains folles

Venir comme un fantôme s'asseoir Au pied de la vétusté statue Qui figure l'Amour et l'Espoir,

l'appel du PASSé 2^

Et comme une qui se prostitue Arracher brocarts d'or et bijoux Dont elle s'était, ce soir, vêtue,

Pour les jeter d'un preste jaloux, Nue au milieu de sa robe à queue Et pâle parmi ses cheveux roux,

Au paon blanc criant dans la nuit bleue (

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