‹ Une voix de l'exilChapitre 32 sur 86 · MÉLANCOLIE · texte numérisé non relu

MÉLANCOLIE

< Mende.

Quelquefois, à la nuit, quand mon ;\mc abattue.

Après de longs combats, cède au mal qui la tue, Nostalgie incessante et que je traine en moi,

Loin de la France, où sont les sources de ma foi,

Il me vient des pensers si noirs que j’ai l’envie,

Pour me délivrer d'eux, de leur jeter ma vie...

Je m’arrête pourtant... c’est que je tiens encor A cette voûte bleue où sont tant de grains d’or;

Aux beaux prés verts semés de marguerites blanches; Aux chansons des oiseaux voltigeant dans les branches; A mon cher Roussillon , si fertile, si beau ,

Où mon père et nia mère ont tous deux leur tombeau ;

A cet autre tombeau sur lequel une étoile S’arrêta l’autre soir et se couvrit d’un voile ;

A mes frères vivants, vers qui, de l’exilé

Page 1