LES FLEURS
>« Suis-je donc sanglante et superbe? »
Dit la Violette sous l’herbe,
« D'un règne qu’ont puni les Dieux « Je fus l’emblème factieux. »
Pourquoi ne pas chanter les fleurs?
Elles ont aussi leurs douleurs.
« Je subis et mode et caprice , »
Dit dans un coin un beau Narcisse,
« Bien haut Linné m’avait placé;
* Maintenant je vis délaissé. »
Pourquoi ne pas chanter les fleurs?
Elles ont aussi leurs douleurs.
« Et moi, • dit un bel Œillet rouge,
<■ J’orne le pot d’un mauvais bouge,
" Ou l’habit gras d’un Magister,
« Moi qu’on offrait à Jupiter' »
Pourquoi ne pas chanter les fleurs?
Elles ont aussi leurs douleurs.
Et nous, simples ou panachées,
- Nous tombons, tristement fauchées,
« Avant l’heure, par les méchants, »
Disent les fleurettes des champs.