SOLUTION
Pari*. 2 4 janvier 1860.
On répète de tous côtés :
« Voilà quatre-vingts brochures qui paraissent sur la question italienne.
« Chacune signale le mal sous des couleurs plus ou « moins vives; mais aucune n’indique le remède. »
Je vais tâcher de dire avec impartialité, quitte à me répéter, ce que devrait faire, suivant moi, le gouvernement français.
1* Ne subir aucune influence; agir dans l'intérêt de la France comme dans celui de l'Italie et aussi celui de l’Europe;
2° Forcer le Piémont à ne plus intervenir sous aucun prétexte;
5“ L’obliger à retirer de partout, excepté de la Lombardie, ses troupes, ses employés supérieurs, et ses agents provocateurs ;
4° Dans l’intérêt des peuples, toujours victimes des révolutions, réprimer la révolte partout où elle se montre avec ses torches incendiaires et sa soif de sang;
5° Ne donner sous aucun prétexte la main à la révolution, et reconnaître officiellement le droit partout où il existe;
6” Laisser le droit libre d’agir comme il l’entendra, sans intervention étrangère et armée, puisqu’on s’y est engagé.
Les gens qui ont intérêt à maintenir ou à rétablir l’ordre sont trop nombreux pour que ceux qui veulent le troubler ne finissent pas par être accablés.
Aussi est-ce dans l’intérêt des uns comme des autres que je parle.
7° Obtenir du Saint-Père l’exécution de ses promesses paternelles, si bienveillantes pour ses peuples;
8° Enfin, si, chose impossible, le pape, mal conseillé comme souverain temporel, se refusait à promulguer les réformes indispensables que les efforts de la Révolution l’ont seuls empêché de donner, annoncer que, dans un délai quelconque, les troupes françaises évacueraient Rome, en laissant au Saint-Père tout le temps nécessaire pour former et organiser une armée.
On veut les réformes avant de réprimer la révolte ; et le Saint-Père, souverain temporel aux mêmes titres que tous les souverains de l’Europe, veut que la révolte soit réprimée, avant de donner ces réformes qui sont dans sa conscience, comme dans son cœur.
Le pape a-t-il donc si grand tort?
Qui oserait le penser ou le dire?
Si une fois on reconnaissait à une partie des sujets du pape, le droit de se soustraire à son autorité, comment et pourquoi refuserait-on ce droit à tous les autres peuples de l’Italie et de l’Europe, si la fantaisie leur en prenait?
Cette spoliation partielle des États du Saint-Père ne serait d’ailleurs qu’un acheminement vers un but que l’impiété poursuit depuis longtemps.
« Oter au souverain pontife le pouvoir temporel dans
.< l’espoir d’attaquer plus tard le pouvoir spirituel. »
9° Enliu, faire reconnaître et consacrer dans un congrès solennel de tous les souverains de l’Europe la neutralité comme l’inviolabilité des États pontificaux; proclamer cette inviolabilité à la face de l'univers, pour mettre ainsi cette partie de l’Italie à l'abri de toute révolution.
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