L'INVASION DES BARBARES
tÉGBRDK CONTEMPORAINE, EXTRAITE DES TABLETTES DE M. SCUDO, DB I.* REVUE DES DEnX-MONDES
Guerre à Berlioz î Sus au rebelle I
Il tente, mais en vain, cet orgueilleux impuissant, d'enchaîner la foule à son charl C'est en vain qu'il brandit sur nos têtes son bâton de commandement l C'est en vain qu'il entraîne à sa suite d'innombrables cohortes! Que ses satellites impies soient maudits!
Sus à l'hérétique! qu'il ne trouve pas un seuil hospitalier! Amis, ne vous laissez pas séduire par ses accents d'illuminé; ce n'est pas un croyant, c'est un convulsionnaire.
Qu'il soit de toutes parts honni, chassé! Unissonsnous pour repousser ce nouvel Attila !
Que chacun veille, que chacun s'arme en silence, l'ennemi est à nos portes!
Honteusement repoussé de Paris, il va de ville en ville, de capitale en capitale. Bouchons-nous les oreilles, afin que les voix enthousiastes des fanatiques qui l'acclament ne nous apportent pas son nom détesté.
Vertigineux délire I il n'est que trop vrai, le vide attire. Si, loin d'ici, le Vandale triomphe, qu'au moins le bruit de ses exploits ne parvienne pas jusqu'à nous.
Ah! le traître 1 Nous vivions si tranquilles, lête fraîche et nerfs au repos! S'il l'emportait, hélas! demi-dieux de l'ariette et des flonflons, vos beaux jours seraient passés !
Sus au mécréant!
Son sang bouillonne! sa tête est en feu! il se passionne! il s'exalte!... Bah! nos épigrammes et nos quolibets refroidiront bien ce lyrisme débordant.
Bon courage! il va céder, ses forces s'épuisent. Las de lutter, las de soufl"rir, il va rentrer dans l'ombre. Vain espoir! la fièvre est la source de son inspiration.
0 rage! ô efforts inutiles! D'un coup de pied, il enfonce la porte de l'Institut.
Est-il donc César pour écrire ses Commentaires? L'enlendez-voQS, il raille! Avant de relater vos hauts faits, l'insolent gémit de n'avoir à dire que « des riens sur des riens. »
Ce n'est pas tout. Il parle e de froids prosateurs, pleins de vanité ei d'une ignorance prétentieuse; » il ne nomme personne; d'où vient que je dresse l'oreille ?
Lâche qui supporte un tel affront!
Je prétends, au plus fort de la mêlée, frapper ce brutal antagoniste. Je ne veux partager avec aucun l'honneur de la victoire; mon légitime orgueil se refuse à accepter un second, qui peut-être revendiquerait la meilleure part de gloire.
Malgré moi, je me souviens de ces deux pensionnaires du Muséum (classe des reptiles à dard). Ils s'étaient saisis de la môme proie et ne purent lâcher prise : le plus gros fut obligé d'avaler l'autre I Dénoùment hasardeux.
Allons, c'est fini ; il se reconnaît vaincu!
Français, il vous accusait de ne pas aimer la musique ; sa musique, eût-il dû dire. Votre dédain en a fait prompte justice.
Il vous accusait d'avoir les yeux trop faibles pour
apercevoir les sublimes beautés de ses infernales symphonies; soit! l'œuvre de ce présomptueux, c'est le navire symbolique décrit par Lucien : la partie qui plonge dans la mer est admirable, je veux lé croire, mais celle qui surnage est diiïorme.
Amateurs de suaves mélodies, si ce fougueux démolisseur avait triomphé, bientôt vous auriez crié famine. Réjouissez-vous!
Il osait lever] les yeux jusqu'au rang suprême ; mais nous avons arrêté l'élan de cet ambitieux : au premier obstacle il trébuchait.
L'impudent voulait pénétrer dans le saint temple; mais nous en sommes les gardiens, et notre vigilance n'est pas souvent mise en défaut.
Richard Wagner, lui aussi , avait voulu tenter la fortune ; mais la risée générale dont nous nous sommes fait l'écho a chassé bien loin ce ridicule prétendant.
Pourquoi Rerlioz n'a-t-il pas profité plus tôt de la leçon?
Le plus plaisant de l'aventure, c'est qu'au moindre succès, l'insensé criait victoire 1 Sa cause lui semblait gagnée! Il pensait nous tenir tête! Il se croyait de force à nous résister!
On n'a pas idée d'un semblable égarement I
Espérons que sa chute sera d'un salutaire ensei-
gnement pourqui songerait à marchersur ses traces, et que le goût... Mais d'où vient ce bruit confus?... Quel est ce rire sardonique qui vient troubler ma sérénité et me glacer d'épouvante ?
Bonté divine ! c'est la première note de l'ouverture des Troyens, d'Hector Berlioz.
Sauve qui peut!
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Le thôâlrc représente les bureaux du journal l'Opinion nalionale. — M. Adolphe GuérouU est sous l'empire d'ua affreux cauchemar : un adolescent lui est apparu aiguisant une plume destinée à lui percer le sein. — Qu'on le qoérisse! — Deuï serviteurs dévoués recueillent la parole du maître; ils partent à la recherche du coupable, et bientôt l'amènent pieds et poini^s liés. On le débarrasse de ses liens. C'est lui! c'est rorgutll de l'École normale! c'est Francisque Sarcey! MM. Edmond About et Taine sont à ses côtés; l'esprit do Voltaire les acroinpni-'na >!c iolii.