‹ Unité de l'espèce humaineChapitre 60 sur 66 · MIGRATIONS. AD · texte numérisé non relu

MIGRATIONS. AD

avaient fui en Islande la tyrannie d'Harald aux Cheveux d'Or’. Les frères de ces Normands qu'’attirait si impérieusement le midi de l’Europe ne pouvaient rester confinés dans cette contrée qui, pour avoir mérité à cette époque le nom de terre verte, n’en devait pas moins subir des hivers à peu près aussi rigoureux qu'aujourd'hui. Ils descendirent donc au midi, et Jusque vers le quatorzième siècle il y eut des communications fréquentes entre le Bas-Canada et les premières colonies; mais en 1408 les glaces interceptèrent toute communication entre l'Islande et le Groënland.

Qu'est devenue la population de ce dernier pays, population qu’on saitavoir été fort nombreuse?? Peuton supposer qu’elle ait en entier péri sous les coups des Esquimaux, de ces Shrellingers qui à diverses reprises ravagèrent les colonies islandaises ? — N’est-il pas évident que la plupart de ces hardis marins, se croyant abandonnés par la mère-patrie, ont dû remonter sur leurs barques, suivre les frères qui les avaient précédés vers le sud , et les dépasser sans doute? Ainsi s'explique la présence de ces hommes

1. Dans son Histoire des régions circumpolaires, M, Frédéric Lacroix cite une bulle du pape Grégoire IV adressée à Ansgarius, datée de 835, et: où il est fait mention des missions d’Islande et du Groënland. Le même auteur rappelle que La Peyrère a signalé une autre bulle antérieure à l’an 900, où l'Islande et le Groënland sont également nommés.

2. Le Groënland formait deux districts séparés par une étendue considérable de terres inhabitables, Celui de l’est (Osterbygd) comptait dans son territoire deux villes, Garda et Alba, une cathédrale, onze églises, trois ou quatre monastères, trois maisons royales, etc. Ces colonies, on le voit, étaient devenues très-florissantes, |

h12 CHAPITRE XXII.

aussi blancs, plus blancs même que les Espagnols, que rencontrèrent çà et là sur leur route les premiers conquistadores environ deux siècles plus tard. — Mais une partie aussi ne voulut pas quitter la terre verte, et leurs petits-fils y vivent encore. Bien qu’ils aient oublié la langue et la religion de leurs ancêtres, ce sont eux certainement que le capitaine Graah a retrouvés en 1829, près des ruines de l’Osterbygd, dans ces hommes à taille élevée et svelte, au teint blanc, aux cheveux blonds, dont la présence au Groënland est le démenti le plus formel à toutes les théories de l’école américaine!.

La présence d'éléments africams en Amérique n’est guère plus difficile à reconnaître que lorsqu'il s’agit des éléments asiatiques ou européens. Les caractères physiques constatés par les premiers découvreurs suppléent, ce semble, suffisamment au silence de l’histoire. — Lorsque Christophe Colomb débarqua à San-Salvador, dans les Lucayes, la race qu'il eut d’abord sous les yeux n’avait rien de bien remarquable pour lui. Il la compare aux Espagnols brunis par le soleil et aux habitants des Canaries, de ces îles qu’il avait perdues de vue depuis si peu de temps. Une population également semblable aux Canariens, les Charazanis, vit encore aujourd’hui dans le Pérou. Elle se distingue de toutes les autres tribus et races voisines, avec lesquelles elle évite de s’allier. Elle s’est aussi garantie du mélange de sang blanc?. Une

1. Nous adoptons ici complétement l'opinion émise par M. La- Croix.

2. Je tiens ces détails de M. Angrand, ancien consul générai de France au Pérou.

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