Strictîy white race [I, e, the Anglo-Saxon or Teuton
du midi de TEurope. — Nott lui-même nous en fournit la preuve.
En effet, si la Louisiane a été colonisée par une race latine, si Ton peut attribuer à celle-ci, ifort gratuitement il est vrai , tous les mulâtres bien portants qu'elle renferme aujourd'hui, il n'en est pas de même de la Floride 6t de TAlabama. — On sait que la première n'a jamais été pour l'Espagne qu'une colonie de nom. Les voyages de Bartram sont là d'ailleurs pour témoigner de ce qu'était cette contrée dix ans encore après qu'elle eut été cédée à l'Angleterre *. Partout elle était occupée par les indigènes, au milieu desquels pénétraient quelques rares trafiquants de race anglaise. Les colons du San-Juan appartenaient au même peuple, et enfin c'est en anglais que les Indiens saluaient le voyageur à son arrivée à Talahasochte. A moins de contester l'évidence, il faut bien reconnaître que c'est la race anglo-saxonne qui a colonisé et peuplé de blancs la Floride. — Il en est de même de l'Alabama, cette ancienne patrie des Kreeks supérieurs. Sa population blanche lui est venue en entier des États-Unis.
Les mulâtres qu'on rencontre dans la Floride et TAlabama se rattachent donc au moins tout autant à la race anglo-saxonne que ceux de la Louisiane tiennent à la race française , et nous avons vu que Nott lui-même les place au même rang pour la vitalité ,
1. L*Espagne céda la Floride à TAngleterre en 1763; elle la recouvra pour quelques années, mais ne songea même pas à réfkblir les postes fortifiés qu'elle y possédait autrefois, et dont Bartram rencontra les vestiges. Les voyages de celui-ci cornmencèrent en 1774.
326 CHAPITRE XVHI.
pour la fécondité. — Par conséquent, du témoignage même de Nott il résulte qu'il n'existe aucun rapport réel entre le développement de ces facultés chez les mulâtres et la diversité des races blanches qui leur ont donné naissance.
Est-ce à dire que nous entendions nier les assertions de Nott relatives à la Caroline du Sud? Nullement. Le contraste qui en ressort ne fait que confirmer ce que nous avons dit ailleurs '. — Nous avions déjà signalé les observations d'Etwick et de Long à la Jamaïque , ainsi que celles du docteur Yvan , d'où il résulte qu'à Java les métis de Hollandais et de Malais ne se reproduisent pas au delà de la troisième génération. Mais nous citions en même temps le témoignage du même observateur d'où il résulte que dans les autres colonies hollandaises le croisement des deux mêmes races est indéfiniment fécond. Nous, ne pouvons que répéter ici ce que nous disions alors. Ces irrégularités doivent être attribuées à des tnfluences locales^ c'est-à-dire à des actions de milieu^ et notre manière de voir est pleinement confirmée par les résultats si curieux, si inattendus, auxquels Tétude détaillée des maladies des diverses races humaines dans les diverses régions du globe, a conduit M. Boudin *.
Que dés faits de même nature se produisent en Amérique, aux États-Unis ou à Panama, il n'y a rien
1. Du croisement des races hMtnaines (Revue des Deux-Mondes^ livraison du V mars 1860).
2. Traité de géographie et de statistique médicales , par M. I.-Ch.-M. Boudin , médecin en chef de l'hôpital militaire da Roule. — Mémoires du même, lus à la Société d'anthropologie de Paris.
d'étrange, surtout il n'y a rien qui vienne à l'appui des doctrines polygénistes. L'histoire de nos animaux domestiques présenterait des exemples tout pareils. Les éleveurs savent bien que le croisement des durham avec nos races françaises n'a pas réussi également partout. En conclura-t-on que ces races forment autant d'espèces, et que le durham lui-même, dont on connaît si bien l'origine , est une espèce à part? Non, mais il faudra bien reconnaître que le milieu exerce une de ces influences que les polygénistes repoussent de toutes leurs forces , parce qu'on ne peut en admettre l'existence sans ébranler la base même de leur doctrine *.
1. En particulier, le fait si souYent cité de la prétendue infécondité des mamelucks rentre entièrement dans cet ordre de questions, comme l'avait fort bien compris Wolney , dont M. Broca a justement rappelé les observations trop oubliées.
Examen des objections faites à la doctrine monogéniste. — Races humaines métisses. — Cafusos. — Griquas. — Pitcairniens. -» Résumé.
Ainsi toutes les unions entre races humaines, quelque éloignées qu'elles soient, sont fécondes ; ainsi les métis humains se reproduisent toujours entre* eux, à moins que le milieu local ne vienne mettre obstacle à cette reproduction. Et maintenant, demandera-t-on s'il se forme des races métisses entre les groupes humains ? — Déjà nous avons répondu à cette question par un fait général qui se passe entre trois de ces groupes empruntés à trois parties du monde et deux continents. Nous pourrions nous en tenir là; toutefois, en présence de certaines affirmations, de l'assurance avec laquelle elles se produisent , nous croyons devoir revenir sur cette question. Au besoin, d'ailleurs, l'importance du métissage entre les diverses races humaines motiverait notre insistance.
A vrai dire, personne n'ose nier l'existence de populations résultant du croisement d'hommes qui présentent les caractères les plus variés. Le fait domine de trop haut toutes les théories; mais on cherche assez souvent à en diminuer la signification en mettant en avant quelques-unes de ces possibilités auxquelles il est si difficile de répondre, parce qu'au fond à peu près Tien n'est impossible.
Seul, Knox va logiquement jusqu'au bout, et déclare ne pas croire aux races humaines mixtes. Il reconnaît bien qu'il existe des métis en Amérique; mais, selon lui, ces métis sont dus presque uniquement à des croisements immédiats. Ils disparaîtront du jour où le blanc, le noir et le rouge cesseront de s'unir entre eux. Apporte-t-il quelque preuve à l'appui de cette opinion? Aucune. — Voyons donc si les faits sont pour lui.
Dans la dernière édition de ses Éléments d'ethnolo^ gie^ M. d'Omaliusd'Halloy évalue à un milliard la population du globe, et à douze millions trois cent quarante mille le chiffré des métis*. C'est en nombre rond un quatre-vingt-neuvième environ de la population. L'auteur ne comprend dans ce nombre que les produits croisés de races très-différentes, tels que les mulâtres, les sambos, etc., c'est-à-dire ceux qui n'ont pu guère prendre naissance que depuis l'époque des grandes découvertes et sur les points où les races blanche, noire, rouge ou jaune se sont rencontrées. — Or l'Europe échappe à peu près entière-
1. Ce chiffre est Décessairement au-dessous de la vérité, car on manque entièrement de détails statistiques sur une foule de points où le mélange des races s'accomplit journellement.
ment à cette condition. Les unions dont nous parlons y sont nécessairement très-rares. C'est le blanc qui va porter partout son sang régénérateur. En Asie et en Afrique, il ne rencontre les races colorées que sur le littoral et dans quelques régions exceptionnelles. Ce n'est guère qu'en Amérique, et surtout dans les États espagnols et portugais de l'Amérique méridionale, que le mélange, devenu plus intimé, a multiplié les croisements.
Or des documents cités par Prichard, il résulte que la population totale du Mexique, du Guatemala, de la Colombie, de la Plata et du Brésil étant de seize millions quarante-six mille cent, le nombre des métis est de trois millions trois cent trente-trois mille, c'està-dire de plus du cinquième. — En outre, au Mexique, les nombre des métis est précisément le même que celui des blancs ; dans la Colombie, les métis sont sensiblement plus nombreux, et dans le Guatemala leur nombre est plus que double*.
Pour apprécier toute la portée de ces résultats obtenus par le croisement, il faut tenir compte du temps qu'ils ont mis à se réaliser et des circonstances qui ont présidé à leur développement. — L'Amérique a été découverte en 1492, le Brésil en 1500; mais le mélange des races ne date pas de ces époques. L'expédition de Cortez est de 1519; la colonisation du Brésil, ébauchée sur quelques points des côtes par les Portugais et les Français, activée par la conquête momentanée des Hollandais en 1624, ne s'est développée sérieusement que plus tard. — En somme, on ne