‹ Universités transatlantiques [microforme]Chapitre 5 sur 31 · Le collège porta d’âbord le nom de Nassau, en l'honneur · texte numérisé non relu

Le collège porta d’âbord le nom de Nassau, en l'honneur

du roi Guillaume III.

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total était de 150; 132 sont entrés au début: 8 sont entrés la seconde année; 6, la troisième; & n’ont fait qu’un an; 76 jouaient aux cartes, 50 fumaient, 90 fréquentaient le théâtre, 18 avaient été dans une autre université avant de venir à Princeton; ici, les plaisanteries recommencent : nombre de fiancés : 3; 12 autres l'étaient probablement, mais sans vouloir l'avouer. Le piano comptait 15 adeptes; l'orgue, 5; le violon, 8; la flûte, 6; 26 s'adonnaient à des « instruments divers ». Leurs goûts sporlifs font aussi l'objet d'une statistique : il y avait 27 joueurs de foot-ball, 13 de base-ball, 24 de tennis, 11 de la crosse; le résultat était le suivant : la poitrine la plus large avait environ 105 centimètres, et la plus étroite, 80 ; moyenne : 90. Quant aux carrières, 17 préparaient la théologie (presbytérienne); 18, la médecine; 19, le droit; 8, la pédagogie: 6 voulaient être ingénieurs ; 3, journalistes ; 8 comptaient entrer dans les affaires et 13 n'avaient pas encore pris de décision!

Reprenons notre promenade : voici la bibliothèque, grande salle octogonale où l’on se procure pour rien des livres, du silence. et du

sommeil, peut-être! Au centre, dans un bureau circulaire, un vieux monsieur à l’air honnète surveille les bouquins et fait des comptes interminables; beaucoup de revues françaises et étrangères.

Sur les arbres, de grandes affiches annoncent un concert donné par le Banjo Club; il parait que ces guitaristes ne manquent pas de talent ;… d’autres avis, des annonces, s'étalent de tous côtés. Les étudiants vont et viennent; à les voir ainsi menant leur existence de chaque jour, ils ont l'air très complets; leurs muscles sont faits de bons matériaux comme leurs costumes; il y a là tout ce qu'il faut; seulement ils portent leurs muscles aussi mal que leurs costumes ; ils sont propres et ils ont l’air sales; ils sont polis et ils oni l'air malhonnètes. Et soudain l'Amérique m'’apparait sous la forme d'un grand corps dégingandé dans lequel la sève bouillonnante remonte et descend sans cesse, comme si elle se heurtait à des conduits obstrués. Plus tard, dans les universités où l'on se pique d’avoir de belles manières, on m'a dit du mal de Princeton; on m'a dit que tout y était brutal, rough, que c’étaient des fils de fer-

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miers, des campagnards qui y donnaient le lon; plus tard encore, au moment de quitter l'Amérique, j'y suis revenu et j'ai revu les mêmes choses, mais avec d’autres yeux; mon voyage m'avait appris que ces fermiers, ces ruraux aux manières brusques, à l'apparence brutale étaient les vrais Américains, la base de la nation, l’espoir de l'avenir; qu'en eux s’incarnaient la tradition déjà séculaire, l’antique bon sens, la vigueur morale; que par eux, enfin, le présent se reliait intimement au passé et le continuait. Princeton est une toute petite ville; le paysage d'alentour est riant; de grands arbres bordent les avenues; les étudiants ont leurs chambres (deux ou trois pièces pour chacun) dans les dormitories ‘, vastes constructions au nombre de huit ou neuf disséminées autour de la chapelle et de la bibliothèque et constituant l’Université proprement dite; autour de la ville est une ceinture de jolis Coilages où résident les professeurs. Les étudiants ne prennent pas leurs repas dns les dormitories; ils déjeunent et dinent dans les eating clubs, sortes de pen-

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