ES
terre : cela ent je trépiflet de nou-
Il y a
Les quatre années d'études, les « eating clubs », les « dormitories », les associations innombrables, athlétiques, littéraires, etc., l'excessive indépendance des jeunes gens, voilà ce qui frappe dès l'abord; et cela, on le retrouve à peu près partout du nord au sud, de l’est à l’ouest. Les universités américaines portent souvent le nom impropre de collège; par contre, on désigne les collèges sous le nom de schools. Quant aux public schools, nom donné en Angleterre aux principaux collèges du pays, on appelle ainsi, en Amérique, les écoles primaires. L'enseignement primaire transatlantique est connu; on l'a beaucoup étudié, en Europe, dans ces dernières années; ici, je ne m'en occupe pas. La mission que
M. le ministre de l’Instruction publique m'avait confiée n'avait trait qu'à l’enseignement secondaire et supérieur, moins connu et peut-être plus digne de l'être. Il y a, toutefois, un trait d'union entre l’école primaire et les universités; ce sont les high schools, dont j'aurai à parler; on pourrait les comparer aux moins avancés des gymnases allemands; en fait, ce sont des écoles primaires supéricures d'un genre particulier. Mais, quand l'on considère combien est importante cette période d'éducalion comprise entre onze et dix-sept ans, on déplore, avec la plupart des pédagogues américains, que les États-Unis soient si riches en universités et, par contre, possèdent si peu de collèges. Les high schools sont des externats et, d’ailleurs, la principale préoccupation est de préparer les élèves à l'examen d'entrée des universités; cela ne peut donner, ni au point de vue moral, ni au point de vue intellectuel, un résultat bien complet, une base bien solide.
Quelques collèges existent pourtant; d’autres se fondent et il est permis de prévoir le temps où cette lacune sera comblée; l'apaisement des vieilles haines anglo-américaines y est pour
vail *onêtre trait veral à oins , Ce d'un dère
luca-
més en u de rnals st de
des point tuel, lide.
utres emps t des pour
quelque chose, ainsi que dans le développement rapide et presque excessif des jeux anglais. Il est certain qu'à la suite de la guerre de Sécession, les États-Unis, sortis intacts d'une épouvantable lutte fratricide, ont pris confiance en eux-mêmes; ils ont constaté qu'ils formaient une nalion solide, et la crainte de se laisser entamer en adoptant des idées ou des coutumes étrangères à peu à peu disparu. Alors le football, le rowing et, d’une manière générale, tous les exercices de plein air ont fait irruption dans le nouveau monde et, en même temps, les pédagogues ont tourné leurs regards vers la Grande- Bretagne pour y puiser les principes de réorganisation, principes qui eussent produit de bien meilleurs résultats encore si les idées allemandes n'étaient venues à la traverse, jeter le désordre et semer de mauvais germes. L'éducation américaine est un champ de bataille où la pédagogie allemande et la pédagogie anglaise sont aux prises; cela, non seulement parce que les Allemands forment dans l'Union un parti très puissant, mais surtout parce que, depuis trente ans, l'élite de la jeunesse s'en vient achever ses études dans les universités germaniques,
ue à
Ces quelques collèges qui existent çà et là et ceux qui se fondent actuellement échappent à l'influence allemande, et les saines idées pédagogiques exprimées par le grand Arnold y sont en vigueur. Princeton a cette bonne fortune de posséder à ses côtés, sous son aile, le collège de Lawrenceville (Lawrenceville school), qui lui préparera de fortes générations d'étudiants et lui assurera, dans l'avenir, une énorme supériorité sur les autres universités,
ses rivales.
à et vent lées nold )nnne aile, ville lions une
sités,
La route que nous suivons, pour y arriver, est défoncée; cà et là, sur des ormes aux troncs noueux, des planches-affiches nous informent que le « ivy soap is healing its effects ». Des maisons de bois, à véranda, apparaissent sur les collines... Nous traversons un champ de bataille dont le nom frappe pour la première fois mes oreillés; je n’en sais pas davantage sur le compte du général qui y remporta la victoire : et, pourtant, il s’agit de la guerre d'Indépendance, à laquelle la France fut mêlée. Que serait-ce, s’il s'agissait de la guerre de Sécession, dont nous ne connaissons pas les détails les plus importants? Jamais cette lacune historique ne m'avait autant frappé; j'imagine cependant que Lincoln et Jefferson, Washing-
ton et Lee valent bien Psammeticus et Gengiskhan!
Soudain Lawrenceville apparaît dans la plaine; on embrasse tout, d'un coup d'œil : les neuf boarding houses, où les élèves sont répartis autour d'un professeur; le memorial hall, qui renferme les classes et les salles de travail; les champs de jeu enfin et les bâtiments de dépendances. Les garçons jouent au tennis et au foot-ball; des gens du village traversent les parterres; quelques professeurs se promènent en causant, C'est bien un collège anglais, mais tout neuf, créé tout d'une pièce... J'en fais l'observation au head master, qui accueille ce compliment avec un sourire amer. Ils veulent bien qu'on reconnaisse chez eux le caractère britannique, mais à l’origine seulement ; l’'Amérique, aux yeux des Américains, est une Aneleterre améliorée : a better England.
Lawrenceville ne date point d'hier; bien au contraire, c’est une fondation fort ancienne, mais, jusqu'à ces derniers temps, le collège végétait pauvrement et son installation laissait fort à désirer. Un ancien élève, M. John C. Green, de New York, y a pourvu par son
ngis-
1s dla
|: les
partis Il, qui il; les dépenet au ent Îles mènent 8, mais en fais
eille ce veulent | ractère l'Améne An-
bien au ncienne, collège n laissait John par son
testament et Lawrenceville s'est trouvé soudain posséder plusieurs millions de dollars; situation très favorable à coup sûr, mais dont il fallait encore savoir tirer parti. Les administraleurs et le directeur ne se sont pas laissés entrainer par la passion de « faire grand », passion si puissante en Amérique; ils n'ont pas rèvé des merveilles d'architecture ou une armée d'élèves; ils se sont contentés de faire de la place pour un maximum de 300 élèves et de rendre les constructions aussi pratiques et attrayantes que possible.
Les enfants entrent vers douze ans, rarement avant; ils passent un examen d'entrée sur la grammaire anglaise, la géographie, l’arithmétique; autant que possible, on désire qu'ils aient déjà fait un peu de latin. Dans les deux classes inférieures, ils font leurs devoirs et apprennent leurs leçons tous ensemble, sous l'œil d’un maitre; au delà, ils travaillent librement. Il y a trois sections : classique, scientilique, anglaise. Pour la première classe (jérst form), les trois sections ont le même programme, à savoir : latin, anglais, arithmétique, algèbre, physiologie et hygiène, dessin et
musique. Avec la seconde classe commence la bifurcation; la section classique entreprend le grec; les deux autres, l'allemand; toutes trois continuent le latin, l'anglais, le dessin et la musique; on leur enseigne en plus la botanique et l’histoire générale. Le programme de la troisième classe est le développement de celui de la seconde : enfin, dans la quatrième classe, la section classique poursuit ses études latines et grecques; le latin, au contraire, n’est plus imposé aux deux autres et est remplacé par le français; on fait de la géométrie, de la trigonométrie, de la puysique et de la chimie; le cours d'histoire comprend l'histoire de l’Amérique et celle de l'Europe au xix° siècle. L’histoire de France et celle d'Allemagne sont enseignées en même temps que les langues française et allemande. La déclamation joue un rôle important à travers les quatre années; la géographie n'est étudiée que pendant la dernière année.
Je ne sais pas comment ce programme est rempli; pour le savoir, il aurait fallu rester longtemps à Lawrenceville; mais je n’en connais pas de plus simple et de plus logique.
le OÏS , la otae la elui IS, ines plus ar le rigOe; le À mé- ’h1ssont gues joue nées; nt la
e est rester con-
L'aimable head master, le docteur Mackenzie, nous fait visiter la blanchisserie ; la maind'œuvre est si chère, en ce pays, qu'on invente sans cesse des machines nouvelles; cette blanchisserie est extraordinaire ; imaginez un amas de linge sale que vous perdez de vue subitement et qui reparait, dix minutes après, transformé en une suite de trousseaux parfumés!... Les boarding houses contiennent de 8 à 2h élèves chacune; les élèves prennent leurs repas avec le professeur et sa famille ; mais la partie de la maison qu'ils habitent est séparée des appartements de celui-ci. Ils ont une chambre pour chacun et les plus grands travaillent dans des « études » où ils sont deux; chaque étude correspond à deux chambres; ce sont des pièces assez grandes, meublées simplement, mais décorées par leurs locataires d'une foule de gravures et de bibelots. C'est très anglais; en Angleterre, toutefois, les enfants ne mangent pas tous les jours à la table du professeur et je crois que cela est plus sage. L'influence de la vie de famille ne s’en fait pas moins sentir, mais la familiarité ne peut exister.
Il y a un gymnase pour les jours de mauvais
temps, des terrains pour le base-ball, le tennis, la crosse, un étang qui sert pour nager en été,
pour patiner en hiver, des bains chauds, (Le tub est peu en usage aux États-Unis ; beaucoup de personnes prennent des bains chauds tous les matins; dans un climat aussi excitant, cette coutume peut être bonne ; elle ne convient
pas au nôtre, où rien ne saurait remplacer la douche d’eau froide le matin.)
Lawrenceville ne dépend d'aucune dénomination religieuse, c'est tout simplement une
mn
école chrétienne : dans chaque maison, on dit la prière matin et soir; l'instruction religieuse comprend l'étude de la Bible et du Nouveau Testament.
La pension est de 500 dollars (2 500 francs) par an; on donne des bourses et des demi-
bourses en grand nombre, d'abord à ceux qui se présentent pour les conquérir, ensuite aux bons élèves dont les parents éprouvent des revers soudains de fortune, chose fréquente en Amérique, où la paille de Job n'est pas loin du trône de Gould.
… Rien d'étrange comme l'endroit où New York se fond dans la campagne. C'est tout près de ce « Central Park » créé 1l y a déjà plusieurs années et baptisé, avec une superbe assurance, d'un nom que l'avenir va justifier. Il était alors tout à fait hors de la ville; à présent les maisons l'entourent : elles se dressent par groupes, le long des rues à peine esquissées où l'herbe croit encore. Le sol est vierge; des roches crises et des monticules alternent avec les constructions; de grandes lampes électriques achè-
vent de donner au paysage un aspect inattendu, presque déraisonnable.
or
ITR TES on me SE
om Mn ee Pene ne
EE
La légère armature de l'Elevated occupe le plus souvent le milieu des rues; parfois elle se dédouble pour suivre les deux trottoirs : d’un côté les trains montants, de l’autre les trains descendants. Dessous passent des voitures, des camions, les charrettes rouges de l'Express Company, qui portent les bagages à domicile, des omnibus rococo, des fiacres à deux dollars, et des policemen à casse-tête, rares et sans prestige. Là-haut, les trains se succèdent de minute en minute, s’arrêtant aux stations élablies aux carrefours et numérotées comme les rues qu'elles recouvrent. Suspendues en l'air avec leurs bureaux, leurs marchands de journaux et leurs toits pointus à la chinoise, ces stations font, de loin, l'effet de bibelots exoti-
ques. Quant à la voie, rien n'égale sa simplicité : les rails sont posés sur l’armature; il y a le vide à droite, le vide à gauche, le vide dessous. Le tarif uniforme est de cinq cents; dans les wagons le public s’'empile indéfiniment ; on dirait l'intérieur d’un baril de sardines. À mesure que l'on descend down town, vers la ville des bureaux, des banques et des maisons à quatorze élages, le va-et-vient augmente. Les Anglais, dans la Cité, sont pressés, mais restent flegmatiques. ei, on voit des figures agitées; le calcul
ahurissant se lit dans tous les regards.
Par delà les maisons, si hautes qu'elles soient, apparait par instants la tête du colosse auquel nous sommes venus rendre visite. Le pont de Brooklyn fut ouvert le 24 mai 1883; les noms de John A. Roebling, qui le commença, et de Washington Roebling, son fils, qui l’acheva, sont gravés profondément dans le granit; il fallut treize années et 15 millions de dollars. Des rampes énormes et formidables conduisent aux piles ogivales dont la masse vous écrase; à travers le treillis de fer qui descend de là-haut, comme le filet d’un tennis géant, tout New York est visible... et, de quelque côté qu’on se tourne, on ne voit rien qui n'ait été fait, refait ou défait par l’homme, rien qui ne porte les traces de sa pensée, rien qui ne soit l’œuvre de ses bras.
les
)SSC
Luncheon à l'Union League, club républicain fondé jadis pour « soutenir le gouvernement ». Au premier abord, cette façon de soulenir un gouvernement peut sembler étrange :
elle consiste à créer un établissement luxueux avec des tapis épais, d'excellents fauteuils et tout le confort imaginable; mais cet établissement est un lieu de réunion : la réunion engendre l'union — et l'union fait la force.
Ce n'est pas si bête après tout.
Nous fréquentons aussi le Manhattan, quarer général du parti démocrate, le Calumet, club élégant et jeune, le Century, où se réunissent les auteurs, les gens de lettres, les journalistes et, d'une manière générale, les hommes les plus intéressants de New York; mais l’University Club est encore celui que je préfère. Que de bonnes heures j'ai passées dans sa bibliothèque, où se viennent centraliser les innombrables Revues d'Écoliers et d’Étudiants publiées d’un bout à l’autre de l'Union; car les universités qui se fondent dans le Far Wesl n'ont pas toujours de professeurs et, au début, les étudiants peuvent leur manquer; mais dès le second jour de leur existence elles ont un organe publié par la faculté, laquelle se com-
quarlumet, ‘éunisourna- )mmes J'Uniréfère.
ans sù les inudiants car les r West
début.
ais dès ont un e com-
pose parfois du fondateur et de sa femme. Ces publications à couvertures multicolores m'apportaient des impressions lointaines; j'entendais, en bas, les billes se choquer sur les billards et, dehors, le vent remuer les arbres de Madison square. C'était une oasis dans le brouhaha de la grande ville ; là encore, le mercantilisme disparaissait pour laisser voir l'effort intellectuel, le travail désintéressé, la conquête de la science.
Quant au Vew York Athletic Club, c'est un bel édifice de briques situé au coin de la Sixième Avenue et de la cinquante-cinquième . rue. Au rez-de-chaussée se trouve une piscine; au premier, les salons, les billards, la salle à manger; au second, les vestiaires, la salle d’escrime; dans le sous-sol, des bowling alleys ; au troisième, enfin, un immense gymnase au parquet ciré sur lequel gisent une demi-douzaine de matelas solidement rembourrés, aptes à fournir des fins de culbutes tout à fait conforlables. À mi-hauteur, une galerie entoure le gymnase : elle supporte une piste élastique légèrement inclinée aux tournants et permet-