Reste à Trübau
2 5. Mercredi. Parti à 3 heures et arrivé à Zwittau à midi. ll y eut en route une tiraillerie de Paudours. On en avait coupé 400 dans un bois, mais n'ayant point d'infanterie, on ne put les faire sortir. Cette ville est assez jolie, les maisous voûtées, et des arcades y vont tout le long de la ville. On a trouvé bien du foin. Le général Buccow était
2 à un quart de mille. *
6. Jeudi. Parti de Zwittau à 3 heures et arrivé à 12 à Leutomischl. Je vis le camp du prince Maurice, qui avait pris les devans. ll a attrapé environ 200 chariots] de farine. La ville est passable, mais le château, appartenant au comte Wallis, est assez beau. Le front du se-
ju cond étage fait une arcade à découvert, et dans tous les étages il y a des galeries où l'on peut se promener.
Je fus à 7 et y restai jusqu'à S. On parla de guerre, de plans, de magasins voyez autre cahier. Lut de Sénèque. »C'est le seul livre, dit-il, qui me console, lorsque j'ai du chagrin. Si vous me voyez ja-
3 mais mourir, vous verrez que je partirai tranquillement; car je crois que tout est fini après la mort.«
7. Reste. Cette ville était a Trauttmannsdorff. Fit venir son médeciu,
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4 juille 9 jaille
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lai demanda combien il avait à vivre; règle toutes 808 affaires, écrit à p. 122. 1:
wat son monde paysan. pour savoir 8'il leur avait fait du tort. Il a marié sa fille au comte Wallenstein, qui a 200,000 écus de reute; il tire 100.000 tlorins de cette ville. Je fus appelé. On parla de Lucrece.
350 Tagebücher von Heinrich de Eat,
8 Juillet 8. Samedi. Point appelé. Bu le café chez une jolieBohémienne qui voulait me faire présent de son chapelet. 9 juillet 9. Dimanche. Parti à 4 de Leutomisehl, arrivé à 12 heures au village Hruschowa. Pas appelé.
10 juillet 10. Lundi. Parti à 3 du matin, arrivé à Holitz. Loge chez les maître d'école, qui avait une très belle fille, qui vint boire le café avet | moi à minuit.
11 juillet 11. Mardi. Parti à 3 heures, arrivé à 12 devant Königgrätz, eampe à un village vis-à-vis de la ville, Le Roi fit construire un pont sur l'Adler, ».126 délogea les Pandours et les hussards. " 12 juillet 12. Mercredi. Les Autrichiens oceupèrent le Pandonrberg, se retirèrent le matin. Je fus avec le Roi entrant en ville. Le Roi partit pour aller dégager le général Retzow à Rokitna. Je logeai chez les Jésuites Les Autrichiens, en décampant, avaient jeté la farine dans la rivière. Le convoi fut attaqué. Ce fut une affaire de cavalerie. Les Autrichiensis furent repoussés et perdirent du monde. On leur a fait 100 prisonniers | 14 juillet 14. Jeudi. Je n'y fus pas.
15 juillet 15. Vendredi. Le Roi arriva à 1 heure, il fut à cheval depmis les 2 heures du matin. J'y fus. On parla de guerre. Fit l'éloge du comte | p.92 de Gisors. Sa Majesté était très fatiguée. » 16 juillet 16. Samedi. Je fus à 5 heures. I lut de Catilina, fit ses remarques, trouva les vers mauvais et froids. On parla de louanges. Dit qu'il avait encensé jusqu'à l'exagér{ation] le comte d’Anhalt, qui aimait beanp.42 coup les éloges. Qu'il avait voulu louer le prince Eugene; mais que quek qu'un Ini dit qu'il lui ferait de la peine, parce qu'il était très modeste p.71.72 I parla de l'éducation qu'on lui avait donnée; qu'on n'avait pas wonln p.%4 lui apprendre le latin; que son père voulait que son gouverneur le ais sät faire. I] fera des sottises, mais il apprendra à se diriger. Parla de ».71 sa sœur de Baireuth, qu'il aime tendrement. Ils ont été élevés de même ».71 Combien peu un grand peut compter sur l'amitié des petits, que tont intéressé; que les amis qu'il a eus dans son enfance, il les a tonjte, conservés. :
17 juillet 17. Dimanche. Le Roi parti à Opotschna , jolie ville. Um châtem p.132 très beau appartenant au comte de Colloredo. Ily avait la belle gerie, fruit et jolies demoiselles. Je ne fus point, dans cet endroit, Roi fit décamper Loudon et prit 90 Pandours.
18— 23 18. Il a resté là jusqu'au 23. Pendant ce temps j'ai resté en ville Juillet et en assez d’amusement.
24 juillet 24. J'y fus. On parla beaucoup du bonheur; que les grandsn p.48 taient pas plus heureux que les particuliers. Me eita des vers de Ra Heureux qui retiré* ete., dans Britannieus. »Ah quelle douleur
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verai-je point en revoyant ce Berlin, ce lieu où j'ai perdu la plus tendre
des mères, tant d'amis! Il n’y aura pas pour moi de repos. Que dep. 138. 139
peuples désolés! Et je ne pourrai guère faire pour ces pauvres gens dont la plupart se sacrifient pour moi! Je ne me sacrifierais pas pour eux ?«
5 25. Mardi. J'y fas. On parla de départ et de guerre. Le Roi était fort gai. Que d'affaires pourtant j'ai: au moins, mon cher, dit-il, nous ne fuyons pas, nous avons de l'honneur.
26. Parti à 3 heures de Königgrätz. Les Pandours attaquerent le faubourg. J'étais encore en ville. Le major, avant que de faire 10 retirer le canon; abattit le pont. Les Pandours s'en saisirent Onena perdu 3, une dixaine d'hommes, un colonel Blanckenburg, un général. Le Roi fit l'arrièro-garde. Il y cut bien de la tiraillerie. Je n'y fus pas. Arrivé à Rohenicz, triste village ; belle vue d'ailleurs. 27. Jeudi. Fait le tour du camp. Devant on a Mescritsch, à gauche 15 plus haut Opotschna. J'y fus à 5 et y restai jusqu'à 8. Nous parlämes d'auteurs grecs, dont il me fit lire; de Maupertuis, qui veut asservir et qui se fâche quand on ne suit pas s8cs idées; de Voltaire coy:, de La Mettrie. fou qui écrivait sur les gens qu'il ue connaissait pas, et à la moindre
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sollicitation; d’Algarotti, intéressé et patelin; de l'art de connaître les p. 171. 172
zu hommes: il en faut beaucoup voir, juger peu, et réfléchir.
2S. Je u'y fus pas. Je dinai chez le prince Ferdinand. On arrêta mon domestique à 9 heures. 11 avoua d'abord toutes ses friponneries. Je ne vis jamais tant de bêtises à tant de connaissances pour un homme de son cspèce.
2 29. Je u'y fus pas.
30. Parti à 3 pour Jessenitz. Arrivé là à 12 heures. Je vis une esearmouche de hussards, assez bien pour entendre les sottiscs qu'ils ne disaient. On fit une embuscade qui ne réussit pas tout à fait. Jessenitz est un village qui fait un ovale, trois étangs entre-deux. [la la plus jolie
ke vue du monde, du côté de Novimesto.
Je fus à 5 heures. D. voulait que je m’exergasse à faire des vers ct parla de la manière dont on devait proposer les matières de foi; qu'il y a bien dans la nature des choses qu'on ne saisit point; que Dieu a voulu uoun éprouver, Captiver notre raison etc.
(ES 31. Fait le tour du camp; fus à 8 heures et demie et y restai jusqu à 9. Me montra plusieurs pièces très jolies, une Piudarique au prince Henri, qui est fort harmonicuse.
1°" août. Je fus diner à la grande garde des hussards. Parti à 1.
3. Arrivé à Kleny, ficheux village. On pilla tout: ma maison fut
Aulemantelce: je la sauvai du pillage pendant une heure et demie. Je fin jeter un homme du hant de la maison en bas : cela ne fit rien, elle eut
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352 Tagebücyer von Heinrid) be Catt.
le même sort des autres. Je fus chez D. D., qui m'entretint des affaires présentes et de ses malheurs. On vint avertir qu'on voyait défiler de Is cavalerie. Le Roi monta à cheval.
4. Le matin, dans la tente, j'entends tirailler comme si tons les diables étaient de la partie. Je m'éveille, je fais seller mon cheval, ar- s ranger mon bagage. C'était une affaire de Pandours. 8,000 avaient attaqué le bataillon frane de Le Noble. On leur tua bien du monde et fait plusieurs prisonniers. Le Roi a laissé un médecin et um trompette pour les Pandours, hors d'état d'être transportés. Je fus appelé à 3 heures. Le Roi me dit : »Savez-vous pourquoi nous partons?« I croyait que l'attaque du matin avait été faite à dessein d’enhardir à rester, et qu'alors toute l'armée viendrait attaquer son camp, (commandé par une hauteur et où il ne pouvait opposer qu'un front étroit à un front large. En effet on eut avis que l’armée marchait. »M. Daun,« me disait-il, »aura un pied de nez; sans doute il s'enfle déjà commen une grenouille et comme une femme en eouches.«
Parti à 5, arrivé à Wisoka. On ruina encore mon logement. FF gardes du premier bataillon enlevèrent du beurre, du lard, des hardes, des pots, et les hussards de Puttkammer, poste avancé, ne prirentrien | Plusieurs paysans avaient porté leurs effets, croyant cette maison plass | sûre. Je donnai quelque chose à ces pauvres gens. Ils me regardérent, | comme s’il était bien vrai que je fusse humain. Il se mit à genouvet pria pour moi. D
Un soldat, presque mourant, fut enseveli comme les autres. Heu reusement on le mit au dessus. Revint. S'est déterré. Se présente is son capitaine qui l'avait déjà rayé de la liste. Marand, retire-toi, dit il, tu es rayé!
Les hussards se témoignent de la considération entr'eux. 77 donnent et s'embrassent, lorsqu'ils se retirent. Au moins, quand jeser fait prisonnier, pense à moi! Après la bataille le Roi régala les Frasgais. Après le diner il dit aux officiers : Messieurs, reprenez wos épée je ne puis pas m'imaginer que je suis votre ennemi. Les Français qu. écrivirent en France, marquèrent tous ces traits-là. …
Un officier français, écrivant à sa maîtresse, debutait sil de plus brutal que les lames des cavaliers prussiens > les dpi mais celles-là assomment.
9 août, est arrivé un Français un peu timbré qui m/s présenténet. ode pour le roi et des vers pour moi. =
On pille; valet, garde. Officiers ne tiennent pas la main. La plepart mal habillés. On ne rend pas compte exactement au Roi. pas savoir les mauvaises nouvelles. Il n'est souvent 8 instruik
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Beaucoup d'envie de médisances. Beaucoup de sâletés. de débauches. Les tartaresses se font valoir. Ne plaignent toujours des peines et ne font pas mieux. Point de discipline pour les vivres.
5 5 août. Parti à 6 heures de Wisoka. arrivé à 3 heures à Radisch 5 août près de Politz. Logé en ville. On ne fut point suivi. La route est une suite de défilés. Diîné à 6 heures.
6. Reste à Politz. Un officier avait mis son cheval à une grange: 6 soût il alla parler au conseiller. En revenant. il ne trouve point la grange. 10 voit bien un cheval attaché: on lui expliqua. après l'avoir laissé dans l'embarras. toute l'énigme. Le feld-maréchal Kalekstein en 8 éveillant ne revit plus le petit village qu'il avait trouvé la veille. Je fus chez D. D. On parla de poésie, de ses malheurs, dont il me parut être bien affecté. Il sait pourtant faire bon visage. »Si je dois p.48 1; être plus malheureux encore, il serait bon que le premier boulet m'emportät la tête. Vous n'entrez pas dans ma situation. On a bien raison de dire que les malheurs des autres nous touchent peu. Vous verrez p.15: bientot des horreurs.
7. Parti à 4 heures de Politz, arrivé à 11 à Wernersdorf. Je fus 7 soût 2 appelé et n'y restai qu'un instant. On parla de gucrre ct des Russes. s. Reste là. On parla beaucoup de philosophie: de ce qu'on serait 9 août après la mort: de l'esprit du Christianisme. Je dis qu'il était bon pour la société: que .œil pour œil: était un défaut dans une religion. On niait tout cela: qu'il était une fable lourdemeut ourdie' Cependant sur 25 l'esprit de la vengeance que j'amenais sur un particulier offensé par un grand. j'avais beau jeu pour mes principes et mes conséquences. Quelle sera la vengeance’ 1 faut quitter ce grand. dit-il. Mais sera-t-il bieu puni? — On détruisit les ouvrages der Pandours dans le bois: il y avait p.145 des tlèches et des abattis.
lu 9. Parti de Wernersdorf à 4 heures avec Sa Majesté, arrivé avec 9 soût Vavant-garde à 12 heures à Grüssau. On partit en quatre colonnes. ct p. 146 ou ke réunit en deux en route. Je fus appelé à 7. 11 était bien fatigué. On parla de guerre et de nos Suisses. Il trouva honteux qu'ils s'engagent pour de l'argent. »Votre Snisserie est un peu coutrcbandière." 35 Je la defendais.
Fursfationen a. D. Preuß. Etaateardiven. XXII. 24
10 août
354 Tagebücher von Heinrid) de Gatt.
10. Rest à Grissau. Jentendais, en déjeunant, les bons pères chanter de tout leur cœur, et le tambour — quel mélange! Le Pfrinee) de Hesse a sur ses couvertes l'ordre de la jarretière. On en ayait mis une sur une vache. Cela faisait un singulier effet. Parti le soir à 6
». 146. 147 heures pour joindre le Roi à Landshut et lui demander In grâce de le #
11 août
12 août
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suivre. I] me l'accorda en me disant: Vous m'obligerez réellement, votre attention me fait plaisir; mais je ne pourrai pas vous arranger pour votre bagage, il faut n'avoir qu'un cheval de bât.
11. Vendredi. Parti à 3 heures de Landshut, arrivé à 11 à Rohnstock. Le château, assez beau, appartient au comte Hochberg. Je visit en passant l'endroit de la bataille de Striegau ou de Friedberg. La gauche de l'ennemi appuyait sur des hauteurs. Le régiment Baïreuth y prit 9 bataillons et 72 étendards. Appelé à 5 heures. Parla de la guerre des Russes: des gens de Silésie riches: le comte de Schweinitz, très avare; Poniatowski: Reichenbach; le comte Beess. Quoique trial fatiguée, elle était ocenpée de la lecture; me parla du eommeree de Landshut et d'Hirschberg, qui est très considérable en Angleterre et en Espagne.
12. Samedi. Parti à 4 heures, passé par Jauer et arrivé à 10 à Liegnitz, assez jolie ville, commerçant en toile. La colonne du Prin Maurice] arriva. Il ya une académie où l'on élève de jeunes geutilshommes, dont quelques-uns eraignaient qu'on ne les enrölät. Cela west pas aussi bien réglé; on paie 200 &eus, on peut fréquenter ou s'absentér quand on veut. Le sexe y est très beau. Beau tang. Liegnitz et Schweidnitz font le commerce de la Hollande, Landshut et Hirschberg de l'étran-2 ger. Je fus chez Sa Majesté à 4 heures et demie et y restai jusqu'à 6. II me parla de guerres et de marches; me dit combien il aimait à constraire et à orner, mais qu'il faisait cela de ses épargnes, sans que [Etat en souffrit rien. Sur les salines, on en faisait passer en Bohême: quil avait fait bâtir 62 villages, peupler, y établir le commerce; que les re-# venus de son pays augmentaient de beaucoup, lorsque la guerre a com mene6; que la Silésie donnait cinq millions; qu'il ayait fait une balance de l'importation et de l'exportation dans ses pays; que les lonais faisaient les richesses de Breslau; qu'en paix l'on voyait tonjous foire et souvent plus de 4000 bœufs vendus dans un quart d'heure” les Polonais employaient à Breslau tout l'argent en meubles et anires denrées, et que ce qui sortait de bœuf pour le pays étranger, payait un éeu et demi; qu'il y a dans son pays quatre villages ocenpés à tenir‘ poules, paree que les Saxons y en débitaient beaucoup: qu'il simples paysans en Silésie qui avaient jusqu'à 60,000 Gens.